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Erick Farges : Son Sénégal, ses Paris-Dakar, Johnny Hallyday…

Par Irène Idrisse | Publié le 09/01/2018 à 10:00 | Mis à jour le 09/01/2018 à 10:42
Johnny Hallyday-Erick Farges-Thierry Delavergne- Paris Dakar- Expatriation Senegal Dakar expatrié

Né au Sénégal, et « Sénégalais dans l’âme » Erick Farges s’estime légitime pour parler des up and down du pays de la téranga. Cash et direct, c’est sans filtre qu’il pose des mots sur ses coups de cœur et énervements. Qu’il s’agisse des « petits cons de l’avenue Roume » de son enfance, de son village de cœur: Gassane au milieu du Sénégal, ou de l’urbanisation anarchique sévissant dans le pays, en passant par sa rencontre avec Johnny Halliday sur le rallye Paris-Dakar qui ont été sa passion durant des années…

chacun pour sa gueule, et tout le monde pour soi… Ce qui est malheureux, c’est que pour les prochaines générations, le Sénégal ne sera qu’un amoncellement de béton sans arbre, ni âmes

Pouvez-vous vous présenter ?

Erick Farges, né le 11 octobre 1963 à Dakar, j’ai passé toute ma vie au Sénégal, seulement 3  ans en France pour finir mes études et revenir au Sénégal faire mon service militaire au BIMA. Je devais normalement repartir mais je suis finalement resté ici pour continuer le métier que faisait mon père : le bâtiment.

Comment vous définiriez vous en un mot ?

Très adapté au Sénégal. Sénégalais dans l’âme. Connaissant très bien les Sénégalais puisque je suis né et que j’ai passé toute ma vie ici. Un homme avec un bon fond, gentil, dur mais juste. Qui travaille beaucoup et qui est bien entouré. Qui est un fidèle parce qu’il habite toute sa vie au même endroit, il a la même femme, les mêmes amis, il n’a jamais changé de métier : tout est droit et direct.

Enfant au Sénégal, avez-vous vécu des actes de racisme ?

Oui j’en ai vécu comme on en voit régulièrement. Quand j’étais jeune et que je me baladais avec mon skateboard sur Dakar plateau et que je tombais sur des petites bandes de jeunes Sénégalais qui se trouvaient dans les grandes avenues et place de l’Indépendance, très souvent j’étais obligé de me battre avec eux. A l’époque, je me baladais avec une chaine à vélo entourée autour de ma  taille que je dégrafais quand les gars étaient tous en face à 4 ou 5 contre moi pour me menacer ou qui sait me piquer mon skateboard.   

Que représente la France pour vous ? En grandissant, n’avez-vous jamais eu envie de vous y installer à demeure ?

Non, non, je n’ai jamais eu vraiment envie d’y aller. Comme disait mon père qui a passé toute sa vie ici : « la France est un très beau pays mais mal habité ». Ce qui veut dire que le problème de la France c’est  qu’ils sont très gentils mais ils ne savent pas rendre de service, les gens n’ont pas la chaleur que nous avons et que nous trouvons ici, c’est pour ça que je reste dans ce pays ou je suis né. Ici, quoi que je demande aux gens avec qui je travaille, ils se mettent en quatre pour moi et ça, je ne pourrai jamais le retrouver en France ou ailleurs. Je suis d’ici et trop implanté pour m’adapter maintenant à une autre façon de vivre …

Pouvez-vous nous raconter la première fois où vous vous êtes allé en France ?

Quand je suis parti du Sénégal c’était pour aller vivre à San Diego en Californie… Comme ça n’a pas marché, au bout de 4 mois, parce que j’avais du mal avec l’Anglais, c’était l’époque où le dollar était à 10 francs français : c’était très cher. Je n’étais pas du tout adapté et mes parents m’ont dit : « tu vas aller terminer tes études en France » et donc j’ai terminé ma terminale et mon BTS à Nice et je suis revenu pour faire mon service militaire et finalement, je suis resté car mon père m’a demandé de le remplacer pour un moment. Comme on s’entendait bien, j’ai continué et j’ai fait ma vie dans le bâtiment et ce n’était pas plus mal.

Quel rapport entretenez-vous avec le froid ?

Je le supporte aisément : j’ai déjà été dans des pays à moins 30° sans soucis…  Il y a encore 2, 3 jours je me baignais, donc j’ai pas vraiment de problème avec le froid. Mais je préfère vivre au chaud plutôt qu’au froid car on est constamment avec des pulls etc… et ce n’est pas très sympa.

Combien de temps pouvez-vous « tenir » hors du Sénégal ?

En fait le problème de tenir hors du Sénégal c’est de savoir que l’on va revenir au Sénégal… Quand j’ai voulu quitter le Sénégal, pour m’exiler aux Usa, je n’avais pas pris conscience que je partais définitivement. C’est au moment de partir, sur la route de l’aéroport, que j’ai réalisé que je ne reviendrais pas. À ce moment là, je me suis dit que c’était une grosse connerie… Donc tant qu’on sait qu’on part –  que ce soit 1, 2, 4 mois – et qu’on sait qu’on reviendra au Sénégal, il n’y a pas de problèmes. Le problème c’est de savoir que l’on ne revient plus… Le Sénégal, quand il vous attrape, il ne faut pas penser que vous n’y reviendrez plus.

Le Dakar c’est le dépassement de soi… Comme disait Hubert Auriol : « si t’es pas capable de le faire, reste chez toi et fais comme le commun des mortels, regarde le à la télévision et laisse ça à ceux qui en ont la capacité

 

2000

 

Pouvez-vous nous raconter votre passion pour le Paris-Dakar ?

Ce n’était pas une passion, c’était un challenge que je voulais me faire au moins une fois dans ma vie et finalement je l’ai fait 10 fois. 6 fois en moto et 4 fois en voiture, grâce à des sponsors comme  Fougerolles, Total, Cfao, Sénéméca, Tokheim etc… et j’en passe. Le Dakar c’est le dépassement de soi… On arrive à faire des choses qu’on ne pourrait pas imaginer soi-même mais du fait qu’on est avec les meilleurs mondiaux, on vous met devant des épreuves tellement difficiles que vu qu’il y a des gens devant vous qui  montent des dunes infranchissables etc, vous vous dites que si eux le font, vous, vous pouvez le faire et on se dépasse grâce à ça ; et c’est ce qui fait la réputation du Dakar qui a été considéré comme le rallye le plus dur et qui reste encore aujourd’hui le rallye le plus dur au monde parce qu’il est basé sur des amateurs mais au final les organisateurs le basent sur le rythme des professionnels et ainsi les spéciales sont faites pour les meilleurs…

A partir de là, nous les amateurs, on est obligés de suivre les difficultés des spéciales étudiées pour les pros supportant des journées qui peuvent varier en 500 et 1200 km. Comme disait Hubert Auriol : « si t’es pas capable de le faire, reste chez toi et fais comme le commun des mortels, regarde-le à la télévision et laisse ça à ceux qui en ont la capacité ».

 

…à Dakar, le problème, c’est qu’ils n’ont jamais compris que pour qu’il y ait un premier, il faut nécessairement un deuxième, un troisième, un quatrième etc… 

 

À combien de courses avez-vous participé ?

J’ai dû participer à une quarantaine de courses.  Mais bon, il y a des courses nationales, les rallyes qu’il y a au Sénégal. Quand on se base sur les courses internationales, au moins on peut figer un classement et un niveau par rapport à quelque chose de plus grand, voir mondial. Parce qu’à Dakar ici, le problème c’est qu’ils n’ont jamais compris que pour qu’il y ait un premier, il faut un deuxième, un troisième, un quatrième etc. Quand certains pilotes Dakarois par exemple allaient sur le Touquet comme à l’époque ou il y avait 1200 pilotes au départ, quand on arrive dans les 200 premiers, c’est pas pareil que quand  tu arrives 2éme ou 5ème sur 10 sur une course à Dakar.  

  

 

Erick-Farges-Johnny-Hallyday-Paris-Dakar

 

Que ressent-on lorsque l’on fait une course telle que le Paris-Dakar ? Quelles étaient vos motivations ?

Les motivations, c’est que cette course pour la faire, il faut l’avoir dans la peau… Comme les gens qui veulent être pilote de ligne et toute leur vie, ils se mettent ça dans la tête : je veux être pilote de ligne, je veux un jour être plongeur sous marin et bien voila : quand on se dit « je veux faire le Dakar, j’aime la moto » on fait tout pour ça, on ne compte pas ses heures, on y met une énergie considérable et il y a des gens qui croient en vous. Pourquoi ? Parce qu’il y a une telle détermination qu’ils investissent et débloquent des budgets pour vous car ils y croient et il ne faut pas les décevoir. A partir de là, on va au bout des choses. Et on donne le meilleur de soit, les gens vous suivent et c’est comme ça que partant d’un Dakar on arrive à  en faire 10. Sur 12 courses internationales que j’ai faites, j’ai pu vivre cette passion grâce à des sponsors qui y ont cru et qui ont investit sur le personnage et ce fut magnifique d’avoir durant des années représenté les mêmes marques.

Il faut de l’adrénaline pour pouvoir rester jeune, pouvoir avancer et pouvoir vieillir sans toujours dire : « à l’époque c’était bien, aujourd’hui c’est moins bien … faut vivre avec son temps »  

 

Passer de la moto à l’auto correspond-il à un basculement dans la vie ? Un besoin d’assagissement du pilote, d’amoindrir les risques ?

Oui. Parce qu’on vieillit, on n’est plus un roseau qui se plie mais un chêne qui est dur. Moi j’ai subi énormément de blessures. J’ai eu 4 fois les poignets cassés, j’ai eu une jambe cassée, une clavicule, une épaule gravement luxée, les doigts je les compte plus et au moins 14 côtes de cassées… Donc à un moment, on a envie de passer à autre chose mais tout ça c’est pour se donner encore d’autres challenges qui sont aussi difficiles, qui sont aussi amusants et qui vous donnent encore un but dans la vie. Une vie sans challenge n’est pas une vie, donc il faut obligatoirement se mettre des objectifs un peu hauts pour avancer et avoir un leitmotiv qui vous permet de rester jeune. Sinon la vie est morose et finalement, on tourne en rond et on vieillit en se lamentant et en vivant dans le passé. Moi, je vis dans le présent du fait que j’ai des ambitions qui ne sont pas simples à atteindre, cela me redonne de l’adrénaline.

 

Erick-Farges-Johnny-Hallyday-Paris-Dakar

 

Est-ce à dire que vous êtes un homme qui dans la vie a besoin d’adrénaline ?

Oui, je vis l’adrénaline constamment. Encore aujourd’hui je l’ai vécue en moto parce que je me suis tapé des petits trips en remontant les trottoirs à gauche, à droite, par ci par là : je me fais tous les jours un petit Paris-Dakar dans Dakar, en moto, et cela me fait bien plaisir. Bien que je n’aie plus envie de passer des heures sur une moto à sillonner les pistes, je vis l’adrénaline dans plein d’autres choses : en voyageant par exemple et en découvrant.

Il faut de l’adrénaline pour pouvoir rester jeune, pouvoir avancer et pouvoir vieillir sans toujours dire : « à l’époque c’était bien, aujourd’hui c’est moins bien ». J’estime que la vie que je vis est une bonne vie. Elle est différente mais elle est superbe. Et je ne suis pas en train de me lamenter en pensant qu’avant c’était mieux.

En avril, je vais organiser avec un ami d’enfance une sortie avec un groupe d’amis pour aller dormir à Podor et au milieu du Sénégal, dans mon village, que je connais depuis 30 ans 

Aujourd’hui, quelle place tient la moto dans votre vie ? Faites vous toujours des courses ?

Non, ça ne m’intéresse plus,  j’ai gagné pas mal de courses au Sénégal et des classements honorables sur des rallies internationaux . Il y a  beaucoup de gens qui ne voulaient plus sortir avec moi à l’époque parce que j’étais un excessif, il fallait que je roule 8 à 12 heures par jour minimum, je ne m’arrêtais jamais, mais aujourd’hui, c’est fini, je suis passé à autre chose. Je n’aurais jamais imaginé dans ma vie qu’un jour cette passion pour la moto s’amenuiserait. Je suis toujours en moto pour le travail mais je n’ai plus envie de remonter sur une moto pour aller faire des raids ou quoi que ce soit, je préfère être en voiture et partager avec des amis chose que je vais faire au mois d’avril où j’organise avec un ami une sortie avec un groupe de personnes pour aller dormir à Podor et au milieu du Sénégal, dans mon village que je connais depuis 30 ans. Je préfère  le faire en voiture en partageant et en faisant un peu le guide. 

 

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Quel village ?

Gassane. C’est une grande histoire d’amour avec ce village depuis mars 1987, Village découvert pas hasard un soir lors d’un raid à la boussole quand le GPS n’existait pas.

J’y ai rencontré un monsieur super, chef de poste médecin à l’époque, aujourd’hui à la retraite Mass Seck qui est et reste mon ami.

Pour ce village où je suis venu au fil des années avec des centaines de personnes, des privés, des sociétés, des mécènes, etc qui ont fait beaucoup de dons en 30 ans.

Le groupe Total par exemple on fait un don énorme en Août 2002 quand il y avait la sécheresse: 40 tonnes de riz, 60 tonnes d’aliments pour bétails, plus de 500 boites de médicaments offerts etc… La société Cosetam à travers son DG Thierry Paluch qui depuis plus de 10 ans ne cesse de faire des dons de livres, crayons, décortiqueuse de mil, broyeuse de mil, etc…  Il y  a même une association de femmes qui porte mon nom, le GPF Erick Farges pour la gestion de ces machines agricoles offertes, ça fait 30 ans que je vais là bas…  Et je pense que j’irai jusqu'à la fin de ma vie ou du moins tant que j’aurais la santé pour le faire… J’y suis reçu comme un notable et connu de tous…

Vous travaillez dans le bâtiment. Quelle est la nature exacte de votre travail ?

Je suis dans l’entretien, rénovation, transformation de bâtiment et spécialisé surtout dans ce qui est industriel.

A ce propos, que pensez-vous des constructions anarchiques fleurissant à Dakar ?

Ah ça, c’est le gros problème. Pour moi qui travaille avec des grosses sociétés, ces dernières ne peuvent se permettent d’avoir des travaux médiocres car il faut qu’elles avancent dans le durable. Comme disait mon père qui était du bâtiment et qui a passé toute sa vie ici, « Le peu cher, coûte très cher ». C’est vrai que l’on m’amène très souvent devant des faits accomplis de gens qui ont été prendre des tâcherons pas chers et qui se retrouvent avec des travaux qui sont mal faits où il faut repayer pour tout casser et tout refaire. 

Quand on survole Dakar, on y voit  une image de boites d’allumettes toutes grises, y a plus d’arbres, y a plus rien

Vous êtes né ici, qu’est-ce qui, d’après vous a radicalement changé ?

Moi ce qui me désole au Sénégal, c’est que quand on survole Dakar, on voit des boites d’allumettes toutes grises, y a plus d’arbres, y a plus rien. En général le Sénégalais ne se soucie pas de la nature, ni de la faune. Donc ça manque de verdure, c’est anarchique et dans le fond, il ne faut pas se voiler les yeux, c’est très sale. Le dimanche quand je me balade en voiture, je suis toujours sidéré de voir toujours autant de gravats et de poubelles dans les rues. Ici tout le monde fait ce qu’il veut, on n’est pas à l’abri d’avoir une belle maison et de voir un voisin construire un immeuble de 10 étages avec les fenêtres donnant dans votre jardin et personne ne dit rien. C’est une anarchie complète. Comme c’était le cas à Paris, il y a  plus d’un siècle où un certain Mr Haussmann a tout rasé et refait des boulevards et je ne sais quoi encore. Il parait que pour qu’une ville redevienne une ville agréable et structurée, il faut tout raser et il faut à un moment donné passer par cette anarchie. Je pense qu’un jour le Sénégal passera par ce changement où on rasera des choses, on expropriera des gens pour pouvoir restructurer les villes de façon plus moderne et mieux adaptée.

Ici, chacun fait ce qui lui plait à travers la corruption, c’est dommage. Quand je vois ma mère qui est arrivée ici en 1948 et que je l’emmène aux Almadies, elle ne reconnait plus rien : on vit dans du béton, du béton, du béton. Y a pas d’écologie, chacun pour soi et dieu pour tous …

Que regrettez-vous du Sénégal d’avant ?

Ben c’est ce que je disais : c’est qu’ils n’ont rien laissé, ils ont coupé tous les arbres, mis du béton partout, pas fait d’assainissement. C’est vraiment triste. Moi je regarde la cité où j’habite aux Maristes, les maisons y sont sympas et agréable à chaque fois qu’un mec en rachète une, c’est pour la raser et y  construire un immeuble de 3 étages. Le mec achète une villa et tout ce qu’il trouve à faire c’est ça. Et donc ils coupent les arbres et ça devient du béton et c’est moche. Finalement on vit dans quoi ? On vit dans du béton anarchique ou sur une parcelle de 400 M2 on y construit à 85% dedans. Alors que le monde entier essaye de mettre de la verdure, d’avoir des plages. Quand on regarde la grande corniche, elle se ferme, on ne voit plus la mer. Quand on regarde Ngor, on ne voit plus la mer alors qu’à l’époque, quand on plongeait de l’aéroport pour descendre sur le Virage, on voyait la mer, maintenant, tout est fermé par du béton. Et ça ne dérange personne, tout le monde est content. Ce qui est malheureux, c’est que pour les prochaines générations, le Sénégal ne sera qu’un amoncellement de béton dégueulasse. On vit dans des tubes de béton. Quand vous regardez la route de Rufisque qui partait de Dakar jusqu’à Mbao c’était que des grands filaos de chaque côté dans les années 70/80, c’était magnifique, y a avait de la verdure. Aujourd’hui on roule dans un tube de béton des gravats et autres de chaque côté. C’est dommage et c’est triste. J’ai eu cette chance de voir un Sénégal qui était magnifique. Je comprends qu’il y ait une urbanisation mais il aurait fallu qu’elle soit contrôlée et maitrisée, que l’on réserve des espaces pour  mettre de la verdure, que l’on plante des arbres… C’est comme le parc de Hann, de plus en plus ils y construisent dedans et bientôt il n’y aura plus rien, plus de poumon et donc encore que du béton. Quand on voit Dakar vue d’en haut, il n’y a que du gris du gris, du gris. 

Qu’est ce qui vous plait le plus dans le Sénégal de maintenant ?

C’est que l’on y vit encore avec des valeurs comme le respect des anciens et on s’y sent plus en sécurité qu’ailleurs.

Que représente ce pays pour vous ?

Il représente tout. Je suis Sénégalais, je suis né ici, je ne quitterai pas le Sénégal. Ma mère va avoir 91 ans, elle vit ici, elle ne pense pas vivre en France. Mon père est mort ici, je pense que je finirai ma vie ici, j’y ai tous mes amis, c’est comme ça.

Je le voyais par exemple dans sa voiture le matin, il était enfermé dedans tout seul, pensif

 

Johnny-Hallyday

Des anecdotes avec et sur Johnny Hallyday ?

Bon, c’était quelqu’un d’assez simple. Je me souviens du Dakar 2002, Johnny m’avait été présenté par Thierry de Lavergne qui était l’ambassadeur du Sénégal sur le Paris-Dakar parce qu’il courait avec nous et était le pilote de pointe de Nissan. Johnny était dans son Team Nissan Dessoude. Et donc Thierry m’avait dit : « écoute si tu veux le respect de Johnny, évite de lui demander des photos, autographes et autres parce que là, il te cataloguera comme un fan ou un paparazzi ». En fait, je n’ai pris aucune photo avec lui, je n’en ai qu’une que Thierry De Lavergne m’a offerte où on prend un petit-déjeuner à Boutilimit en Mauritanie. Johnny, je l’avais croisé la première fois dans une station d’essence en Espagne sur une liaison où on s’était arrêté pour manger un morceau, il était là assis avec son coéquipier René Metge et comme je connaissais bien René, j’étais venu lui dire bonjour et il m’avait présenté Johnny en disant « ah tiens c’est un mec de Dakar ! Il est né là bas ». Johnny  a levé les yeux - il avait des yeux de la forme et la couleur des chiens laobé sur les plages - verts-jaunes très transparents, et avec sa voix rauque il m’a dit : « T’es d’ Dakaaar ? »…  On avait quand même sympathisé. Sur le Dakar, on est un peu tous les mêmes, y a pas vraiment de star donc très souvent, on se croisait le soir pour manger sur le bivouac. C’était quelqu’un d’ouvert, simple mais qui avait beaucoup de solitude Je le voyais par exemple dans sa voiture le matin, il était enfermé dedans tout seul, pensif, on sentait bien qu’il était quand même assez seul, alors qu’il était adulé par des milliers de gens qui se sont rassemblés tout au long du parcours d’Arras en France jusqu'à l’arrivée à Dakar.

Il n’a pas fini classé au Dakar 2002 mais vu sa notoriété il est quand même monté sur le podium comme si… Un bon coup de pub des organisateurs qui lui avaient tout offert sur le rallye.

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