

La guerre est déclarée. En diffusant sa publicité pour la vente de médicaments en supermarchés, Leclerc lance l'offensive sur le monopole des pharmacies
L'annonce est diffusée depuis une semaine sur TF1 et M6, malgré l'avis défavorable du bureau de vérification de la publicité
La pilule est difficile à avaler pour les pharmaciens. Depuis vendredi dernier, une publicité du groupe Leclerc est diffusée en France pour demander l'autorisation de vendre des médicaments en grande surface.
Avec cette annonce choc, Michel-Edouard Leclerc souhaitait lancer le débat sur la place publique. Un pari réussi puisque les professionnels de la santé n'ont pas tardé à s'exprimer. Le président de l'ordre des pharmaciens, Jean Parrot, a dénoncé "l'esprit de provocation de Michel-Édouard Leclerc, qui veut faire peur aux patients en leur laissant craindre un déremboursement généralisé des médicaments".
La vente en grande surface pourrait concerner les médicaments à prescription facultative, comme les antalgiques. Mais les pharmaciens rappellent que les médicaments ne sont pas des produits comme les autres. Même les plus courants, comme le Doliprane, pourraient s'avérer dangereux en cas de mauvaise utilisation.
Une baisse des prix de 25 %
Après avoir créé la polémique avec son site quiestlemoinscher.com, l'enseigne de supermarché lance donc le sesoigner-moinscher.com, où les consommateurs peuvent soutenir la cause en signant la pétition. Et pour s'attaquer à un marché de plus de 130 millions d'euros annuels, Michel-Edouard Leclerc a sorti l'arme du pouvoir d'achat. Il propose en effet de diminuer les prix des médicaments d'environ 25 %, et estime que les tarifs en pharmacie baisseront de 10 % grâce à la concurrence.
Mais la ministre de la Santé Roselyne Bachelot, elle-même ancienne pharmacienne, a qualifié la publicité Leclerc de "mensongère". Réaffirmant sa position en faveur du monopole des officines, la ministre s'est toutefois prononcée pour la vente de certains médicaments en libre service dans les pharmacies, devant les comptoirs. Selon elle, une telle mesure devrait permettre au consommateur "de mieux comparer les prix".
De leur côté, les pharmaciens ont déjà prévu de contre-attaquer en diffusant prochainement une campagne d'information. En pleine effervescence, le débat promet d'être houleux.
Frédéric GUITTON. (www.lepetitjournal.com) lundi 14 avril 2008
En savoir plus :
La Dépêche - Hypermarchés. Des médicaments à prix cassés
Le Figaro - Bachelot dénonce l'intox de Leclerc
Les Echos - Pharmacie : première manche pour Leclerc




































