

Dans le Haïti des années 70, un petit hôtel paradisiaque accueille sur sa plage quelques femmes d'âge mur venues, seules, passer des vacances loin de tout. Sur place, un groupe de jeunes haïtiens échange charmes et tendresses contre des cadeaux, des repas ou quelques dollars.
Deux femmes, Charlotte Rampling et Karen Young, se retrouvent rivales face au jeune Apollon de leurs fantasmes, Legba. Menothy Cesar joue ce rôle et a reçu, en 2005, le prix Marcello Mastroiani de la meilleure révélation de comédien.
Le courage de montrer la réalitédans toute sa complexité
"Je ne veux pas qu'on réduise ce film àun film sur le tourisme sexuel", précise Laurent Cantet, le réalisateur du film. "La politique m'intéresse quand elle ne fait pas l'économie de sa complexité".
Avec Vers le sud, Laurent Cantet a donc eu le courage de montrer la réalitédans toute sa complexité... en transposant son sujet dans les années 70, et dans un univers féminin. "J'aime aborder les questions sociopolitiques àtravers l'intime", explique-t-il.
Sur la plage haïtienne, c'est en fait deux groupes d'opprimés qui se rencontrent (toute proportion gardée, bien sur). Car les femmes du film, quinquagénaires frustrées, souffrent elles aussi de la pression de leur société. "Il est question du pouvoir du Blanc sur le Noir, mais aussi du jeune sur le vieux, de la vie sur l'ennui", analyse le réalisateur.
Laurent Cantet veut ainsi montrer la réciprocitéde la relation. Les jeunes hommes haïtiens trouvent auprès de ces femmes un respect, une considération qu'ils n'ont pas dans leur village gangrenépar les humiliations de la dictature de Baby Doc. "Ce que j'aime au cinéma, c'est quand il y a plusieurs entrées", assure Laurent Cantet... et c'est tout l'intérêt du film ! Les différentes voies (et voix) qui convergent dans ce film sont comme les différentes faces de la réalité. Le film y trouve sa justesse et sa finesse.
Louise DAVID (lepetitjournal.com) 7 juillet 2006




































