

Le réalisateur Stephen Hopkins a choisi de traduire en film -Moi, Peter Sellers- la vie impétueuse du célèbre acteur comique britannique, icône d'une génération entière de cinéphiles. De La Panthère Rose à Dr. Folamour, cet excentrique se dévoile sous le jour peu glorieux de sa vie privée. Un pari ambitieux
Affiche de Moi, Peter Sellers
Les plus fervents admirateurs de Peters Sellers pourront reprocher au réalisateur Stephen Hopkins de peindre un tableau décidément très noir de la personnalité de l'acteur britannique. Poussé par une mère possessive, celui-ci détruit ou empoisonne, deux heures durant, la vie de tous ceux qui l'entourent : femmes successives, enfants, réalisateurs, parents? Des images corrosives pour qui s'est attaché à l'acteur hilarant aux 1.000 facettes, littéralement happé par les personnages qu'il incarne. Et si cet extraordinaire talent d'acteur ne venait, en fait, que d'une absence totale de personnalité ? Et si, pour exister, un vide intérieur avait contraint Peter Sellers à se fondre dans des personnages imaginaires ?
C'est ce qu'insinue Hopkins, en s'appuyant sur la biographie romancée écrite par Rogers Lewis. Les plus indulgents diront que cette personnalité insaisissable cache peut-être une incapacité fondamentale de l'acteur à s'accepter tel qu'il est : « Je hais tout ce que je fais », avait-il un jour déclaré.
L'illusion presque parfaite
Qu'importe ! Stephen Hopkins invite le spectateur à un voyage psychédélique dans les univers les plus aboutis de Sellers : l'Inspecteur Clouseau et son accent français, Docteur Folamour et ses relents de nazisme, ou encore Bakshi, l'Indien hilarant de La Party. Un défi périlleux, brillamment relevé par Geoffrey Rush.
Révélé en 2001 par Shine, l'acteur australien fait preuve ici d'un mimétisme époustouflant, reproduisant on ne peut plus fidèlement mimiques, attitudes, looks et accents de Peter Sellers. Entouré d'Emily Watson et de Charlize Theron, c'est bien lui qui donne au film sa crédibilité et son humour, servis par une mise en scène parfois un peu brouillonne, mais accordée, il est vrai, à la folie tragique de l'acteur. Un portrait sans complaisance, rythmé par une BO tout droit sortie des années 70.
Victoria DARVES BORNOZ. (LPJ) 15 juillet 2005
Llamame Peter, (The Life and Death of Peter Seller. Titre français: Moi, Peter Sellers)
Un film américain de Stephen Hopkins, 2h02 mn, avec Geoffrey Rush, Emily Watson, Charlize Theron
Sortie le 22 juillet en Espagne




































