

(rédaction internationale) - Toi + moi. Le single du chanteur Grégoire a fait un carton dans les bacs. Pourtant, ce n'est pas une maison de disques classique qui l'a produit mais bien le site MyMajorCompany, un label communautaire où le producteur n'est autre que des milliers d'internautes.
Plusieurs sites autour d'un même concept : le financement par l ?internaute
Le premier site de ce genre a été lancé début 2007 par des Néerlandais qui ont crée Sellaband ("vendre un groupe"ndlr). L'idée a rapidement fait son chemin dans l'Hexagone puisque plusieurs sites se sont engouffrés dans ce créneau porteur. Pourquoi un tel engouement ? Les maisons de disques réduisent leurs effectifs suite à la crise. Les artistes ont donc de plus en plus de difficultés à se faire connaître et produire. L'idée est donc née d'intégrer directement des particuliers dans le financement des artistes.
(A quand les internautes montant les marches du festival de Cannes?, AFP)
Comment ça marche ?
La logique est toujours la même. Après avoir écouté des morceaux de l'artiste et consulté son profil, l'internaute peut faire le choix de miser de l'argent sur lui. Lorsqu'un certain seuil est atteint, (100.000 euros pour le site MyMajorCompany par exemple), l'enregistrement d'un album est lancé. Quel est l'intérêt pour l'internaute? D'une part, il a la satisfaction d'endosser la casquette de producteur, le succès, c'est un peu grâce à lui. D'autre part, et ce n'est pas négligeable, il en retire des bénéfices si l'artiste marche. 30 à 40% des revenus du disque reviennent aux coproducteurs selon les sites.
Un concept au-delà de la musique ...
Le modèle du crowdraising (financement par la foule) peut-il être étendu hors du secteur musical? Si l'on en croit le web, oui. De nombreux sites ont vu le jour sous le même concept. Ainsi MyFootballClub pour monter son équipe de football ou encore complètement inattendu, un site pour l'acquisition de vignes. Un des créateurs de MyMajorCompany, Simon Istolainen, croit même tellement fort à ce concept qu'il l'a transposé dans le cinéma en créant en septembre le site PeopleForCinema. Le site a pour autre fondateur Serge Hayat, fondateur et président des Soficas (Sociétés pour le financement de l'industrie audiovisuelle et cinématographique).
... mais qui doit s'adapter au secteur qu'il vise
PeopleforCinema mise sur le même crédo à la différence près que le particulier participe à la distribution du film, non pas à sa production pour des raisons techniques et financières. Si pour un disque, le financement de la production a été fixé à 100.000 euros par MyMajorCompany, celui d'un film atteint très rapidement un voire souvent plusieurs millions. Seule la distribution du film est donc à portée de clic pour l'internaute. En réalité, l'objectif pour le film n'est pas tant le financement puisque les sommes demandées par le site tournent autour des 30.000 euros, ce qui est réellement visé par ce biais est de faire parler du film, de mettre en place un outil marketing autour de sa sortie puisque de toute façon le projet aurait vu le jour. L'internaute y gagne la satisfaction de financer le film mais surtout des avantages (par exemple participer aux avant-premières) et surtout, il peut y faire un bénéfice grâce aux entrées du film et aux ventes DVD.
Trois distributeurs, Europa Corp., Mars et Wild Bunch, se sont associés à PeopleforCinema pour les cinq premiers films proposés par le site. Un des films en ligne est Le siffleur qui doit sortir en janvier 2010 avec Thierry Lhermitte et François Berléand. 50.000 euros sont demandés, 40.660 euros ont déjà été misés. La première semaine, 23.000 euros avaient déjà été récoltés. Le bilan de ce site semble donc positif même si les vraies conclusions ne pourront être tirées qu'après les premières distributions.
Magali MASSA (www.lepetitjournal.com) lundi 30 novembre 2009
En savoir plus:
Article du Figaro- Quand les internautes misent sur un film
Article de France-Info ? Internet et le financement participatif de films






































