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CHIRURGIE – Première greffe de trachée sans risque de rejet

Des chercheurs et chirurgiens espagnols, italiens et anglais ont réussi en juin dernier la première greffe de trachée au monde sans que la patiente n'ait besoin de prendre d'immunosuppresseurs. Cette avancée médicale donne de l'espoir aux malades

A Barcelone, le 12 juin 2008, une jeune colombienne de 30 ans, Claudia Castillo, a reçu une greffe de trachée réalisée par une équipe conjointe de chercheurs et de chirurgiens espagnols, italiens et anglais. La patiente souffrait de lourds problèmes respiratoires dus à une tuberculose tardivement diagnostiquée. Depuis mars, tous les gestes du quotidien lui paraissaient insurmontables et elle ne pouvait plus s'occuper de ses deux enfants.
Sa bronche principale gauche était en si mauvais état que la procédure classique aurait été l'ablation de son poumon gauche, pourtant sain, mais le Professeur Paolo Macchiarini et son équipe ne voulaient pas se résoudre à cette fatalité et avec l'aval des comités d'éthique, ils ont procédé à cette greffe historique.

Une nouvelle technique : le « bioréacteur »
L'opération, décrite dans la revue médicale britannique The Lancet, se passe en 4 étapes. 7 centimètres de la tranchée d'une personne donneuse d'organe sont d'abord prélevés et débarrassés de toutes ses cellules pour éviter tout rejet. Des cellules souches de moelle osseuse sont ensuite prises sur la patiente. La tranchée est placée dans un « bioréacteur », mis en place par les équipes, où elle tourne pendant 96 heures avec un milieu de culture constitué des cellules de la patiente. L'organe est enfin transplanté et grâce à l'insémination des cellules souches de la malade, le risque de rejet est quasi-nul. Claudia n'a donc pas eu besoin de prendre d'immunosuppresseurs.

Une vie normale
Les spécialistes, après une période d'observation de l'évolution du cas de Claudia Castillo, pourraient utiliser cette technique pour venir en aide aux personnes atteintes de cancer de la gorge ou encore souffrantes de malformations congénitales.
En Europe, cela concernerait près de 60.000 personnes et la moitié d'entre elles pourraient bénéficier de cette avancée médicale. Mme Castillo, quant à elle, après 10 jours à l'hôpital, est retournée chez elle et peut maintenant s'occuper de ses enfants. Elle a déclaré : "j'étais une femme malade, maintenant je vais pouvoir vivre une vie normale".
Damien Bouhours (www.lepetitjournal.com) mercredi 3 décembre 2008

A lire également :

Article de la BBC (en anglais), Windpipe transplant breakthrough
Article de cyberpress.ca, Première greffe de trachée sans immunosuppresseurs
Article du Figaro, Succès pour la première greffe de trachée au monde


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