Le jeu d’échecs à l’honneur en Inde avec les Olympiades d’échec à Mahabalipuram

Par Annick Jourdaine | Publié le 07/07/2022 à 01:00 | Mis à jour le 07/07/2022 à 01:00
Affiche des 44emes olympiades d'échecs

Mahabalipuram accueillera, du 28 juillet au 9 août, la 44ième édition de l’Olympiade d’échecs. Une grande fierté pour le pays. La compétition devait avoir lieu en Russie, mais en raison de la guerre en Ukraine, la Fédération Internationale des Echecs (FIDE) a cherché un nouveau pays d’accueil. La fédération indienne « All India Chess Federation (AICF) » s’est précipitée pour proposer la candidature de l’Inde, voyant l’occasion de promouvoir la pratique du jeu dans le pays et de mettre en lumière ses multiples champions. 

 

L’Olympiade d’échecs est une compétition internationale bi-annuelle opposant des équipes nationales. La première édition a eu lieu en 1927 à Londres. 

Les équipes nationales sont composées de quatre joueurs et un remplaçant. Des sélections composées des meilleurs joueurs mondiaux côtoient des sélections de joueurs amateurs.

L’édition précédente, en 2018 (la session de 2020 a été annulée pour cause de COVID), a été remportée par la Chine, devant les Etats-Unis et la Russie. 

 

Affiche olympiades d'échecs

 

Cette année, la compétition accueillera 187 équipes « open » (le plus souvent masculines mais qui peuvent être mixes) et 162 équipes féminines. La France sera présente avec, pour capitaines d’équipe, Sébastien Maze et Yannick Gozzoli, tous les deux « grands maîtres internationaux ». 

 

Le Tamil Nadu, une terre d’excellence pour les échecs

La pratique des échecs est très ancienne au Tamil Nadu et particulièrement à Chennai. La ville est le lieu de résidence de Viswanathan Anand, le plus célèbre joueur indien, cinq fois champion du monde. Avant lui, Manuel Aaron, également enfant de Chennai, est devenu le premier joueur indien Maître international en 1961. 

Les compétions organisées à Chennai sont les plus réputées du pays.

La ville compte une multitude d’académies dont la fameuse « Chess Gurukul of Chennai ». Ce centre est dirigé par GM Ramesh RB et sa femme WGM Aarthie Ramaswamy, tous deux grands champions sur la place internationale. 

La pratique du jeu d’échecs est répandue et encouragée dans les écoles du Tamil Nadu. L’Etat a organisé en juin dernier un concours entre élèves. Les gagnants pourront assister aux Olympiades. 

 

L’Inde, une pépinière de grands champions

Viswanathan Anand
Viswanathan Anand

 

L'Inde s'affirme comme une grande nation pour les échecs, en particulier depuis le titre de champion du monde de Viswanathan Anand en 2000. Anand est toujours actif au plus haut niveau mais la relève est bien assurée. On peut ainsi citer Rameshbabu Praggnanandhaa et Dommaraju Gukesh , devenus tous les deux grands maîtres internationaux à 12 ans !

Rameshbabu Praggnanandhaa, aujourd’hui âgé de 16 ans, a battu le numéro un mondial Magnus Carlsen en février dernier, lors d’un championnat en ligne.  

 

une main déplaçant une pièce aux échecs

 

 

Pragnya HG, vice-championne indienne des moins de 14 ans

Nous avons rencontré Pragnya à sa sortie d’école, avant qu’elle attaque une partie d’échecs avec son professeur. Elle fréquente la « Chess Gurukul of Chennai ». A cause de l’épidémie de COVID, les entrainements se font en ligne, au moins cinq fois par semaine. 

 

Pragnya HG

 

Tout a commencé pour elle aux Etats Unis où elle est née. A 4 ans, elle découvre les échecs avec son papa, pour qui, ce n’est qu’un simple jeu de détente. Tout de suite, Pragnya montre un grand intérêt et, un an après, joue sa première compétition, qu’elle perd.

La famille revient vivre en Inde et la fillette est aussitôt inscrite à l’académie d’échecs. Le jeu prend de plus en plus de place dans sa vie car les compétitions l’entrainent aux quatre coins du pays. Elle enchaine les victoires pour se placer aujourd’hui au second rang national des moins de 14 ans. Elle participe à des concours internationaux, en Allemagne, Thaïlande, Maldives. Son prochain voyage sera en Roumanie, avec l’équipe nationale indienne. Deux semaines en septembre qui l’éloigneront de son école. 

Pragnya dit ne pas souffrir pas de ces ruptures et des contraintes d’organisation. Les échecs sont sa passion. Sa maman l’accompagne dans tous ses déplacements et se tient près d’elle lors des défaites qui sont parfois difficiles à admettre. 

La jeune fille, de bientôt 14 ans, imagine devenir une grand-maître internationale et vivre de sa passion. Elle sait qu’elle doit travailler dur pour y parvenir. Selon le classement ELO (qui mesure la force du joueur d’échecs, à l’image du classement ATP au tennis), elle a acquis 1600 points. Il en faut au moins 2400 pour être maître international. Le chemin sera long. Elle peut compter sur le soutien de sa famille qui l’encourage sans y mettre de pression. 

 

Pragnya lors d’une compétition en Allemagne
Pragnya lors d’une compétition en Allemagne

 

Pragnya espère bien pouvoir rencontrer de grands champions lors de l’Olympiade de Mahabalipuram. Son idole est la hongroise Judie Polgar, qualifiée comme la meilleure joueuse mondiale de tous les temps. En 2002, elle a battu Garry Kasparov, le numéro 1 mondial. Aujourd’hui, elle a abandonné la compétition et ne sera donc pas présente à Mahabalipuram. 

Pragnya aimerait assister à un combat avec Anish Giri, un jeune joueur de 28 ans, néerlandais, qu’elle admire également.

 

 

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annick jourdaine

Annick Jourdaine

Annick vit à Chennai depuis septembre 2019. L'écriture est pour elle le moyen de prendre du recul et de digérer les émotions que ses yeux et oreilles grand ouverts sur le monde indien provoquent.
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