Un don de vingt roupies, ielle vous rend trois claquements de doigts sur la tête en signe de bénédiction. À la fois craint.es et respecté.es, ielles appartiennent au « troisième genre » et restent ensemble pour survivre; ielles font partie de la communauté des Hijras aussi connue sous le nom de Thirunangai dans le Tamil Nadu.


Chandra et Poojashree mendient près de la gare routière de la ville de Kulithalai. Ce secteur leur est attribué par leur chef.fe appelé.e “Nayak”. Le soir, ielles iront à l'hôtel pour y recevoir des clients.
Abandonné.es par leurs familles, ces “sœurs” forment une communauté qui fait face à des formes de précarités sociales, sanitaires et financières. Invité.es lors des mariages, ielles assurent la fertilité du couple.
En compagnie des Hijras pour la fête de Koovagam en Inde du sud
Alors que leur statut tantôt occulte et craint tantôt respecté leur a longtemps assuré une certaine reconnaissance sociale, l’héritage colonial de l’époque victorienne en a fait des parias, une “tribu criminelle” qui a depuis souffert du regard d’autrui.
Depuis 2014, l’Inde reconnaît de nouveau cette population qui ne compte pas moins d’un million d’individus en son sein. En leur donnant un statut juridique et en incluant le “troisième genre”, le gouvernement indien renoue avec ses traditions et libère cette population de la stigmatisation dont elle a longtemps souffert.
Photoreportage : Six mois avec les communautés transgenres du Sud de l’Inde
L’Inde rejoint ainsi le cercle des pays asiatiques ayant légalisé la notion de troisième genre qui comprend la Thaïlande, le Népal ou encore la Malaisie avec cela de particulier que l’Inde reconnait aussi les changements de sexe choisis, et pas simplement l’intersexualite de naissance.
Malgré ces avancées juridiques, les Hijras demeurent marginalisé.es et recourent le plus souvent à la mendicité et la prostitution pour s’en sortir.
“Le colis”, un roman sur la communauté Hijra de Kamathipura, le quartier rouge de Bombay
