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Navilou ou l’histoire de deux entrepreneures à Bangalore

Par Capucine Canonne | Publié le 03/12/2019 à 01:00 | Mis à jour le 03/12/2019 à 01:00
navilou stéphanie marianne inde bangalore

Il était une fois Stéphanie Déchelette et Marianne Garnier, jeunes mamans expatriées en Inde, à Bangalore, qui décidèrent de lancer une marque de mode éthique autour du pyjama familial. Un beau jour, Lepetitjournal de Chennai eut vent de leur histoire et décida de vous la partager.

 

Bonjour Stéphanie, bonjour Marianne, pourriez-vous nous raconter un peu qui vous êtes ?

Bonjour Lepetitjournal ! Je suis Stéphanie, j’ai suivi mon mari en expatriation en Inde il y a un an avec nos deux enfants. Je travaillais dans la communication dans un cabinet d’architecture en France. J’ai rencontré ici Marianne qui m’a proposé de me lancer dans la communication d’un nouveau projet, ce que j’envisageais de faire en arrivant ici, donc banco !

Bonjour Lepetitjournal, je suis Marianne, arrivée en Inde en 2016 en expatriation avec mon mari, tous les deux pour l’entreprise Alstom. Après quelques temps, j’ai repensé mon quotidien en accord avec mon travail et je me suis ainsi lancée avec Stéphanie dans l’aventure Navilou. Je me suis rendue compte qu’en Inde il semblait simple de se lancer dans un projet avec un investissement raisonnable et une main d’œuvre accessible et motivée.

 

tissus navilou motifs bangalore

 

Navilou… quelle est l’histoire de ce nom ?

Marianne et Stéphanie : L’animal national de l’Inde, le paon, nous a séduites. Nous sommes d’abord parties sur « a peacock in Paris » mais un peu long. Nous avons essayé de traduire « paon » en Hindi mais un peu difficile. Finalement, nous avons opté pour la traduction au Karnataka, la région où nous avons démarré cette aventure indienne. Navilu est devenu Navilou pour plus de simplicité de prononciation. Et notre logo est naturellement cet animal 

navilou inde bangalore

 

Navilou est lancé dans une démarche solidaire et contribue à l’amélioration du quotidien de femmes indiennes, de quelle(s) manière(s) ?

Marianne : Oui notre entreprise n'a de sens que si elle est faite de façon éthique, en travaillant uniquement en circuit court, en favorisant l'artisanat local et en privilégiant le travail de la Femme, souvent délaissée des circuits économiques en zone agricole indienne. C'est autour de ces piliers que nous avons développé notre marque.

Stéphanie : Notre grande fierté est de savoir que grâce à notre entreprise, nous permettons à une vingtaine de jeunes femmes habitant dans des villages de l’Uttar Pradesh (un état de la province de Delhi) de toucher un petit salaire à la fin du mois. Après plusieurs rencontres, nous avons été touchées par la volonté de notre partenaire Mrida, une entreprise sociale oeuvrant pour le développement en milieu rural et l'intégration des femmes au coeur de l'économie locale. Après avoir été formées à la couture, ces jeunes femmes se sont vues confier une machine à coudre. Après réception de nos patrons, elles sont formées par des tailleurs pour apprendre à maitriser nos produits (coutures, cols, biais…). Au-delà d’un revenu, ces femmes apprennent un métier, travaillent dans un environnement propre et surtout récupèrent petit à petit une place dans la société.

 

tissu navilou femmes inde bangalore

 

Marianne : Nous voulons absolument mettre en valeur l’artisanat indien. Pour ce faire, nous mettons en valeur une technique d’impression traditionnelle appelée communément « Block print ». C’est une technique très minutieuse car les indiens se servent de bois taillé, trempé dans l’huile, pour le motif choisi. Tout se fait à la main et demande une précision extrême. Les ébénistes qui maitrisent cela sont très recherchés. L'autre volet qui nous tenait à coeur était d'avoir une production qui limite son impact écologique. Ainsi nous avons porté un regard tout particulier à la limitation des déchets et à l'utilisation de produits non toxiques en utilisant des colorants naturels pour la confection de nos tissus. A l'heure de l'interdiction du plastique en Inde, et face à l’immensité du problème qu’est la gestion des déchets, nous avons pensé nos produits sans plastique, grâce à un pochon réutilisable parfait pour offrir, qui permet d’éviter le papier cadeau et autres emballages! Par ailleurs, nous souhaiterions dans un second temps pouvoir proposer des vêtements en coton biologique. L’étape suivante du développement de "Navilou"!

 

block print inde bangalore tissus motifs navilou

 

atelier navilou vêtements femmes

 

Oui d’ailleurs, quels sont les prochains projets de Navilou ? Pensez-vous vous implanter en dehors de l’Inde ?  

Marianne : Actuellement nous vendons nos produits en Inde via notre réseau, les ventes privées, les particuliers et nous vendons en France lors d’évènements privés, via un site internet et avec l’aide de nos familles qui nous soutiennent beaucoup. Nous aimerions nous développer « hors réseau » et pourquoi pas à Singapour où je vais prochainement m’installer avec mon mari et mes enfants. J’entends qu’il y a 22 000 français qui vivent à Singapour, ce serait une belle opportunité pour Navilou !

 

Avez-vous des anecdotes à nous raconter sur le fait de travailler en Inde, avec des Indiens ?

Stéphanie : Un jour, les manches de pyjama de toute une gamme sont arrivées cousues… à l’envers ! Une autre fois, un pantalon a été fabriqué avec un devant et un derrière identique (pas facile pour glisser son popotin dedans…). Il y a comme ça quelques ratés dans la reproduction de nos patrons mais il vaut mieux en rire et recommencer…

Marianne : Ah c’est sûr, certains vêtements ne passent pas le contrôle qualité ! Une autre anecdote qui fait aussi le charme de notre aventure c’est notre 1er shooting photo. Nos enfants sont nos 1ers testeurs et nous avions organisé un barbecue très convivial avec nos chauffeurs et nos maids et leurs familles. Ce qui me marque aussi ce sont nos rencontres avec les femmes que nous aidons à travers Navilou : leur joie de vivre à toute épreuve, leur sourire, leur volonté. Ce sont aussi ces moments grisants qui nous boostent chaque jour.

 

navilou inde bangalore vêtements stéphanie marianne

 

Est-ce facile d’être entrepreneures en Inde ?

Marianne : Je ne ressens pas de problème particulier à être une femme qui développe une activité professionnelle en Inde. C’est plutôt le fait de travailler en Inde tout court. Il y a des obstacles, souvent. Mais toujours surmontables, Incredible India n’est-ce pas ?

Stéphanie : Oui c’est plutôt travailler en Inde qui parfois fatigue un peu. Il faut surveiller, vérifier, revoir la qualité, relancer… Je me souviens d’un fournisseur de Jaipur qui nous répétait sans cesse que notre commande serait prête « tomorrow », puis « tomorrow » et encore « tomorrow »… Du coup j’ai décidé carrément d’y aller, rien n’était prêt, la commande n’était même pas empaquetée ! Travailler en Inde c’est quand même les montagnes russes émotionnelles…

 

Un grand merci pour cet échange, le mot de la fin ?

Marianne et Stéphanie : N’hésitez pas à jeter un œil à notre site internet : https://www.navilou.com/, profitez de Noël pour offrir de jolis pyjamas, des blouses, des trousses pour toute la famille, un joli cadeau venu tout droit d’Inde !  Nous offrons 10% aux lecteurs du Petitjournal.com sur leur(s) commande(s) avant le 10 Décembre (et livraison gratuite partout en Inde) ! Ecrivez-nous à hello@navilou.com en précisant que vous venez de la part du Petitjournal.com de Chennai, on s’occupe du reste !*

*dans la limite des stocks disponibles, sur une sélection de produits 

 

enfants navilou shooting pyjamas inde

 

 

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Capucine Canonne

Directrice de la publication et rédactrice en Chef de l’Edition lepetitjournal.com de Chennai. Jeune maman et expatriée pour quelques années en Inde, elle rejoint l’équipe en août 2019 ; un prolongement de ses expériences en radio, TV et presse écrite.
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