

Connu au départ des habitués du métro parisien, Anis livre La chance,
un premier opus absolument génial. À 28 ans, le chanteur trimballe son
singulier timbre de voix sur des textes drôles ou mélancoliques, mais
dont les mélodies sont une franche invite àla bonne humeur
Un peu de Charlélie Couture chez Anis, non ?
Voilàun nouveau
venu génial. Retenez son nom : il s'appelle Anis et avec lui et La
chance, ça swingue raide. Entre ses légers fox trott, son jazz
manouche, et ses sympathiques tempos rap, Anis offre une variété
souriante de mélodies entraînantes. On l'écoute une fois, et
immanquablement, on se trémousse de joie.
À la seconde
oreille, on prête plus attention aux mots et làencore, c'est une
révélation. Le chanteur joue des mots et des thèmes qui font
l'actualitéavec une grâce rare. Car, en plus d'un timbre de voix qui
rappelle celui de Charlélie Couture, (comme sa barbichette d'ailleurs)
il utilise sa légèretéde ton pour évoquer aussi bien l'intégration,
que les banlieues.
Le bonhomme arrive tout droit de la banlieue
parisienne et des petits boulots malheureux. D'ailleurs, c'est dans le
métro qu'il a fait ses armes et a étérepéré. Mais loin de chougner de
ses galères passées, il en fait une force de farce qui donne envie de
taper dans les mains.
Y'a de la joie, même dans le 9-5
"J'suis pas né
dans le Missouri / J'suis pas d'Oklahoma City /J'ai grandi dans le 9-5
àCergy"clame-t-il, en battant un tempo rétro. Mais si on ne garder qu'une seule chanson, alors ce serait Intégration tant elle se retient sans
difficultéet dans la bonne humeur : "J'ai un problème d'intégration,
mais j't'aime bien quand même et tu m'aimes bien quand même? ?qu'est-ce
qu'on s'aime quand même, o yeah !"
À 28 ans, ce
fils d'un médecin marocain et d'une descendante de Russes blancs
transforme sa mélancolie en de vivifiantes ballades. Son passénourrit
certes ses textes, mais sa voix singulière les éloigne de la stricte
autobiographie pour en donner un universel côtétressautant.
Avec le vent
comme complice, Anis sent bon le tonus venu du Gospel. Même quand elle
évoque les moments de déprime, son énergie est absolument
communicative. À communiquer sans hésiter !
Delphine MINNE. (LPJ) 9 février 2006
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