

Carlos, Ilich Ramírez Sánchez de son vrai nom, comparaît aujourd'hui devant une cour d'Assises spéciale de Paris pour des actes de terrorisme. C'est la première fois qu'il est jugé pour de tels faits
Depuis 1997, Carlos (Photo AFP), alias le Chacal, est emprisonné en France, après avoir été reconnu coupable du meurtre de deux policiers et un indic', le 27 juin 1975, et condamné à réclusion à perpétuité. Mais l'icône du terrorisme international des années 70-80 devra se présenter à nouveau devant les tribunaux français, pour "faits en relation avec une entreprise terroriste", aujourd'hui à Paris.
Quatre attentats commis en France?
Ce combattant du Front populaire de la Palestine s'est réfugié en France après la tentative d'assassinat avortée contre Joseph Edward Seif, homme d'affaires sioniste et frère du président de la chaîne de magasins Marks & Spencer en décembre 1973. Il comparait aujourd'hui pour quatre attentats commis sur le sol français.
Le 29 mars 1982, un attentat contre le train "Le Capitole" Paris-Toulouse, tue cinq personnes et fait 28 blessés, en représailles à l'arrestation à Paris de deux compagnons de Carlos, Bruno Bréguet et Magdalena Kopp. Un mois plus tard, une bombe explose devant le siège parisien du journal Al-Watan Al-Arabi tuant une personne et faisant six blessés. Le 31 décembre 1983, un double attentat provoque la mort de cinq personnes et en blesse 45 personnes, à la gare Saint-Charles de Marseille et dans le TGV Paris-Marseille. Carlos nie ce pourquoi on l'accuse, ou évoque des "pertes collatérales".
Une autre affaire le concernant est toujours en cours à Paris. Alors que l'ambassadeur français est pris en otage à La Haye, Carlos aurait lancé deux grenades au Drugstore du boulevard Saint-Germain à Paris, le 15 septembre 1974 : bilan, deux morts et trente-quatre blessés.
Et bien d'autres dans le monde
Mais ce vénézuélien de 62 ans ne s'est pas limité à des actions sur le sol français. Sur une période de dix ans, il est soupçonné d'avoir participé à plusieurs autres attentats dans le monde, dont il rejette aujourd'hui la responsabilité, hormis l'opération de l'Opep (Organisation des pays exportateurs de pétrole), l'un de ses coups d'éclat.
Le 21 décembre 1975, 70 personnes sont prises en otages, dont les 11 plus importants ministres de l'Opep à Vienne. L'attaque fait trois morts. Le commando veut faire diffuser un message radio dans chacun des pays des ministres.
Une cavale de 10 ans
Le terroriste présumé, qui aime dénoncer la "mcdonaldisation du monde", les "Yankees", et le sionisme, va échapper à toutes les polices du monde jusqu'en 1994. Il sera signalé au Yémen du Sud, en Libye puis en Syrie, avant d'être finalement arrêté le 14 août, au Soudan, par les services de la Direction de la surveillance du territoire, sans mandat d'extradition, et sur ordre de Charles Pasqua, ministre de l'Intérieur à l'époque.
Un Carlos affaibli au procès ?
Dans une interview accordée à Nikos Aliagas, animateur sur Europe 1, le 18 octobre, Carlos se déclare toujours "combatif". Il affirme également n'avoir pas de regret, si ce n'est celui d'avoir "sacrifié sa famille", "mais c'est le prix à payer", concède-t-il. Une sortie médiatique qui ne plaira pas à l'Administration pénitentiaire, qualifiée "d'utilisation non conforme des moyens de communication avec l'extérieur". Il est alors placé en isolement. Une situation que dénonce son avocate, Me Isabelle Coutant-Peyre. Depuis son transfèrement à la Santé "le 26 septembre dernier, votre établissement entrave ses droits à la défense en le privant de la possibilité de préparer ce procès devant la cour d'assises puisque son ordinateur n'a toujours pas été remis en état de marche (...)", s'est plainte la magistrate. "Il est affaibli, on l'a déstabilisé et détourné de la préparation de son dossier", dénonce un de ses autres avocats, Me Francis Vuillemin.
Son ex-compagne et complice, Magdalena Kopp, l'a, quant à elle, déjà jugé : "Il est paranoïaque et narcissique. Brutal. Il n'apportait rien. Il n'écoutait personne".
J.B (www.lepetitjournal.com) lundi 7 novembre 2011
Voir aussi :
Le Point - Carlos de retour aux assises
Le Monde - Le second procès de Carlos, légende du terrorisme, s'ouvre lundi à Paris


































