

Un journaliste de la RTBF annonce que le roi a quitté le pays après la sécession de la Flandre (Photo : AFP)
"C'est du très mauvais Orson Welles", s'est indigné le porte-parole du Premier ministre belge, Guy Verhofstadt, faisant référence à l'adaptation à la radio de La guerre des mondes, en 1938, qui avait soulevé un vent de panique aux Etats-Unis. Une enquête officielle vient d'être ouverte sur le canular qui a terrorisé la Belgique.
Mercredi soir, vers 20h15, la chaîne publique francophone belge RTBF interrompt ses programmes. Le présentateur habituel annonce "une crise majeure au sommet de l'Etat": la Flandre a fait sécession et le roi a fui le pays, probablement pour Kinshasa.
En direct du Palais Royal, un vrai journaliste commente le rassemblement des indépendantises ? une poignée de figurants rapidement rejoints par de vrais nationalistes ? et la chaîne diffuse des reportages sur les trains bloqués à la frontière, laissant entendre que des milliers de Belges tentent de quitter le pays.
"Belgique crève"
Ce 1er avril anticipé a été pris pour argent comptant par 89% des téléspectateurs et même par des diplomates. "Les ambassadeurs et les ambassades étaient inquiets de ce qu'ils devaient signaler à leur capitale respective, a affirmé la présidente du Sénat belge, cette fiction a été regardée comme une réalité et a donné du pays une image catastrophique ". Résultat, au bout de 30 minutes de canular, la ministre de l'Audiovisuel de la Communauté francophone a imposé à la chaîne d'ajouter la mention "ceci est une fiction".
La précaution n'a toutefois pas suffi à faire taire l'indignation des hommes politiques. "À un moment où notre pays est secoué par des volontés séparatistes, il est irresponsable et incivique de faire croire aux téléspectateurs du service public que les Flamands ont unilatéralement voté leur indépendance", a dénoncé le président du Parti socialiste.
Jean-Paul Philippot, l'administrateur général de la RTBF, affirme avoir agi dans le cadre d'une démarche journalistique, dans le but de "susciter le débat"à l'approche des élections législatives du printemps prochain. Aux dernières élections régionales, le parti d'extrême droite séparatiste flamand Vlaams Belang avait obtenu un quart des suffrages sur le slogan "Belgique crève".
Séverine FIÉVET. (www.lepetitjournal.com) 15 décembre 2006
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