Alors que l’application Save You, portée par l’association française The Sorority, commence à se déployer à l’international, Mona Hard en assure aujourd’hui la promotion au Cambodge via l’Association Français du Monde, dont elle est présidente pour la section Cambodge. Objectif : créer un véritable réseau d’entraide pour les femmes et les adolescentes confrontées à des situations de violence, d’isolement ou de (cyber)harcèlement.


Alors que l’application Save You, portée par l’association française The Sorority, commence à se déployer à l’international, Mona Hard en assure aujourd’hui la promotion au Cambodge via l’Association Français du Monde, dont elle est présidente pour la section Cambodge. Objectif : créer un véritable réseau d’entraide pour les femmes et les adolescentes confrontées à des situations de violence, d’isolement ou de (cyber)harcèlement.
Une application d’entraide immédiate
Save You est une application pensée pour répondre à des situations d’urgence, mais aussi pour rompre l’isolement des victimes. « C’est une application d’entraide entre femmes en cas de danger. Cela peut être du harcèlement, des violences, ou simplement une situation où une femme se sent suivie dans la rue. »
Son fonctionnement est volontairement simple : en quelques secondes, une alerte peut être envoyée aux utilisatrices les plus proches.« Il suffit d’appuyer sur le bouton d’alerte de l’application pour que les femmes connectées à ce moment-là et situées à proximité puissent intervenir ou vous aider. »
Au-delà de l’urgence, l’application propose également un volet pédagogique.
« Elle fournit beaucoup de documentation sur les violences, leurs mécanismes et leurs conséquences. Cela aide les victimes à comprendre ce qu’elles vivent et à demander de l’aide. »
Liens Pour télécharger l'appli sur google play, sur Apple Store
Un projet qui va au-delà de l’application
Pour Mona Hard, Save You n’est qu’un point de départ. L’enjeu est de structurer un véritable réseau local.« Mon objectif, c’est de créer une toile entre les associations, les médecins, les psychologues, le consulat… pour ne pas laisser les victimes seules, afin qu’elles puissent être prises en charge, aidées et protégées. »
Cette approche est particulièrement pertinente dans un contexte d’expatriation, où les repères sont fragilisés.
« Quand on est expatriée, c’est encore plus difficile de se confier. Déjà, dans son pays d’origine, où la famille et les amis de longue date sont présents, c’est compliqué de briser le silence. Mais à l’étranger, sans famille ni réseau, cela prend des proportions encore plus importantes. »
Elle insiste également sur la diversité des violences concernées et des personnes affectées :
« Cela concerne tout le monde : les femmes, les adolescentes, les hommes — une version a d’ailleurs été récemment développée pour les hommes et les adolescents victimes —, toutes les classes sociales et toutes les tranches d’âge. Les violences prennent des formes très variées : violences intrafamiliales, violences psychologiques, physiques, mais aussi économiques, technologiques, ainsi que le (cyber)harcèlement. »
Un contexte cambodgien spécifique
Le lancement de Save You au Cambodge répond à des besoins concrets, notamment pour les femmes étrangères.
« Aller porter plainte reste un parcours difficile et, trop souvent, inefficace. Entre les différences culturelles, la peur de ne pas être entendue ou comprise, et le manque criant de structures adaptées — en particulier pour les personnes étrangères —, de nombreuses victimes renoncent à faire valoir leurs droits et à être aidées. »
Dans ce contexte, savoir vers qui se tourner devient essentiel.
« Déjà, savoir à qui parler, c’est une étape clé. »
Créer des lieux refuges et former un réseau
Au-delà de l’application, Mona Hard souhaite développer des solutions concrètes sur le terrain. Elle distingue plusieurs niveaux d’engagement au sein de la communauté :
- des utilisatrices pouvant demander de l’aide ;
- des femmes prêtes à aider, voire à accueillir temporairement une victime ;
- des établissements « lieux sûrs » tels que des restaurants, bars ou centres médicaux, capables d’aider en cas de danger immédiat.
« Je veux développer des endroits, des établissements qui peuvent servir de refuge : un restaurant, une école, un lieu sûr où une femme peut venir demander de l’aide et se mettre temporairement à l’abri. »
Ces « lieux sûrs », identifiés sur la carte de l’application, seront accompagnés de formations pour le personnel.
« L’idée, ce n’est pas que les gens interviennent, mais qu’ils sachent réagir : mettre une personne à l’abri, la rassurer, l’aider à rentrer chez elle ou encore contacter une personne de confiance ou les associations impliquées dans le projet. »

Paul Gorvett
Sensibiliser sans (se) mettre en danger
L’un des enjeux majeurs du projet reste la formation des utilisatrices.« Il y a des choses à faire et à ne pas faire. La première règle, c’est de ne pas se mettre soi-même en danger. »
Elle insiste également sur le respect du choix des victimes : « Si une personne ne veut pas porter plainte, il ne faut surtout pas la forcer. Sinon, elle peut se retrouver face à un danger encore plus grand. »
Et rappelle les limites du rôle de chacune : « La plupart des utilisatrices ne sont ni médecins ni psychologues. Nous sommes d’abord là pour écouter et orienter. »
Un déploiement progressif au Cambodge
Pour l’instant, le projet se concentre sur la communauté francophone à l’échelle du pays. « Nous allons faire les choses étape par étape. Dans un premier temps, nous allons le développer auprès de la communauté française, parce que nous la connaissons bien et pouvons ainsi créer un réseau efficace et fiable. »
Une deuxième phase est déjà envisagée :« J’ai déjà été contactée par des membres de la communauté anglo-saxonne. Elles sont très intéressées par le projet et déjà prêtes à collecter des fonds pour lancer une campagne de communication en anglais. »
Une extension au public cambodgien est envisagée, mais avec prudence :« Il faut prendre en compte les différences culturelles, les réalités locales, la barrière de la langue… On ne peut pas tout transposer tel quel. Il faut comprendre le terrain avant d’aller plus loin. »
Un message simple : ne pas rester seule
À travers Save You, Mona Hard souhaite avant tout faire passer un message essentiel :
« En cas de danger, les femmes et les jeunes filles ne sont pas seules. »
Le lancement au Cambodge passera par une campagne de sensibilisation concrète : flyers, affiches, diffusion dans les lieux fréquentés par la communauté francophone. Une première étape pour faire émerger un réseau d’entraide, encore embryonnaire, mais appelé à se développer rapidement.
Une présentation de l’application sera organisée le mardi 31 mars à 18 h 00, rue 240 à Phnom Penh. Le nombre de places étant limité, une inscription préalable est nécessaire au +855 78 75 68 75. Ce même numéro est également disponible pour toute personne souhaitant soutenir le projet ou obtenir davantage d’informations.
Sur le même sujet

























