Édition internationale

La Chine s'ouvre aux nids d'hirondelles cambodgiens

Après plusieurs années de négociations techniques, des entreprises cambodgiennes peuvent désormais obtenir l’autorisation d’exporter directement des nids d'hirondelles vers la Chine. Une ouverture attendue par une filière encore peu structurée, mais en croissance.

La Chine s'ouvre aux nids d'hirondelles cambodgiens La Chine s'ouvre aux nids d'hirondelles cambodgiens
Natural Photo by Swiftlet Nest Facebook
Écrit par Lepetitjournal Cambodge
Publié le 28 juillet 2026

Après plusieurs années de négociations entre les autorités des deux pays, des entreprises cambodgiennes sont désormais autorisées à exporter directement des nids d’hirondelles vers la Chine.

En fait, parler de nids d’hirondelles est un abus de langage, car il s’agit de salanganes.

Les salanganes vivent principalement dans les régions côtières d’Asie du Sud-Est, d’Océanie et des îles de l’océan Indien. Ces petits oiseaux se nourrissent d’insectes capturés en plein vol. Plus d’une trentaine d’espèces sont recensées. Elles nichent généralement en colonies dans des grottes ou sur des parois rocheuses, où elles peuvent s’orienter grâce à de brèves émissions sonores comparables à une forme d’écholocation.

Pour construire leurs nids, les salanganes utilisent une substance visqueuse produite par leurs glandes salivaires. Déposée en plusieurs couches, elle forme de petites structures en demi-coupe fixées aux parois. Une fois nettoyés et débarrassés des plumes et des impuretés, ces nids sont utilisés dans la préparation du potage aux nids d’hirondelles, consommé notamment en Chine et au Vietnam.

 

La Chine s'ouvre aux nids d'hirondelles cambodgiens

Photo : Aerodramus Maximuspar Wokoti.  CC BY-SA 2.0

Selon Suy Kokthean, président de la Khmer Swiftlet Association, le gouvernement chinois a donné son accord en avril 2025. La mise en œuvre de cette ouverture a toutefois été retardée par les exigences techniques et sanitaires imposées par les institutions cambodgiennes et chinoises.

Les douanes chinoises ont déjà approuvé l’entreprise Best Life Product Co. Cinq autres sociétés sont actuellement engagées dans une procédure visant à obtenir, à leur tour, l’autorisation d’exporter.

« De nombreuses entreprises s’inscrivent pour exporter, mais seules quelques-unes répondent aux normes de conformité fixées par les douanes chinoises », a déclaré Suy Kokthean.

Une filière cambodgienne encore difficile à quantifier

La production de nids de salanganes constitue une filière de niche au Cambodge, mais son développement s’est accéléré ces dernières années. Le nombre de fermes installées dans le pays est estimé entre 3 000 et 5 000.

Les données disponibles restent cependant imprécises et varient selon les associations professionnelles. Certaines estimations évoquent une production annuelle inférieure à 100 tonnes, tandis que d’autres avancent un volume légèrement supérieur. La valeur totale de la production dépasserait 100 millions de dollars par an.

Environ 80 % des nids seraient destinés à l’exportation. Jusqu’à présent, une partie importante de ces produits aurait transité par des pays intermédiaires, notamment le Vietnam, la Thaïlande et la Malaisie, avant d’atteindre le marché chinois.

L’accès direct à la Chine pourrait réduire ces intermédiaires et offrir aux producteurs cambodgiens une meilleure visibilité sur les conditions d’exportation et la valeur de leurs produits.

Des prix élevés, mais des investissements importants

Les nids de salanganes sont vendus à des prix élevés, qui varient selon leur qualité et leur niveau de transformation. Le nid brut se négocierait autour de 500 à 600 dollars le kilogramme. Après nettoyage, son prix pourrait atteindre 1 600 dollars, voire dépasser 2 000 dollars le kilogramme.

Cette activité nécessite néanmoins un investissement initial conséquent. La construction d’un bâtiment destiné à accueillir les salanganes coûterait environ 50 000 dollars pour une petite structure, et jusqu’à 500 000 dollars pour un immeuble de quatre à cinq étages.

Ces installations sont conçues pour attirer et héberger les oiseaux, dont les nids sont ensuite collectés et nettoyés avant leur commercialisation.

La conformité, principale condition pour exporter

L’obtention de l’autorisation chinoise dépend du respect d’un ensemble de critères techniques, sanitaires et administratifs. Les entreprises doivent notamment satisfaire aux exigences des douanes chinoises et pouvoir assurer la traçabilité ainsi que la qualité des produits exportés.

« Cela ne signifie pas que les autres entreprises ne pourront pas exporter. Dès lors qu’elles respectent les conditions et les normes, elles peuvent participer », a précisé le président de la Khmer Swiftlet Association.

Suy Kokthean a également rappelé que l’exportation de nids de salanganes vers la Chine n’était pas une activité entièrement nouvelle pour le Cambodge, mais que les exigences réglementaires étaient auparavant mal comprises par les opérateurs.

« Toute entreprise qui respecte la réglementation pourra certainement exporter », a-t-il ajouté.

Des emplois attendus dans le nettoyage des nids

L’ouverture du marché chinois pourrait contribuer à augmenter la valeur des nids cambodgiens et à renforcer les revenus des producteurs. Elle pourrait également soutenir la création d’emplois dans les activités de nettoyage et de préparation.

Cette étape est réalisée manuellement, les nids devant être débarrassés de leurs impuretés avant leur commercialisation. Selon Suy Kokthean, cette opération ne peut pas être entièrement mécanisée et nécessite donc une main-d’œuvre importante.

« Une fois l’autorisation officielle d’exporter vers la Chine obtenue, le prix des nids de salanganes augmentera, ce qui bénéficiera aux producteurs. Il s’agit de produits à forte valeur qui peuvent contribuer aux recettes nationales et créer de nombreux emplois pour les communautés », a-t-il déclaré.

Les nids de salanganes rejoignent les produits agricoles Cambodgiens exportés vers la Chine

Les nids de salanganes figurent désormais parmi les produits agricoles autorisés à l’exportation vers la Chine. La liste comprend notamment le riz, le maïs, le manioc séché, les bananes, les mangues, les noix de cajou, le poivre, le sésame, le caoutchouc, le durian et les noix de coco.

Elle inclut également le longane, les graines de basilic, les produits aquatiques issus de la pêche ou de l’élevage, ainsi que le poisson.

Source : Cambodianess, Larousse, Asia News

 

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