Au Cambodge, les autorités ont intensifié la lutte contre la criminalité numérique au cours du premier semestre 2026. Plus de 16 000 étrangers soupçonnés d’implication dans des escroqueries en ligne ont été expulsés, selon les services d’immigration.


Le directeur général du Département général de l’immigration, le lieutenant-général Sok Veasna, a indiqué que les opérations de répression se sont nettement renforcées depuis janvier.
« Durant les six premiers mois de cette année, nous avons expulsé plus de 45 000 étrangers, dont plus de 16 000 suspects liés à des arnaques en ligne », a-t-il déclaré lors d’une réunion de bilan à mi-parcours tenue mardi 15 juillet 2026.
Selon Sok Veasna, toutes les personnes expulsées font désormais l’objet d’une interdiction définitive de retour sur le territoire cambodgien.
Stratégie nationale contre la cybercriminalité au Cambodge Phnom Penh Sihanoukville
Une stratégie nationale contre les réseaux de cybercriminalité
Cette vague d’expulsions s’inscrit dans une campagne nationale de grande ampleur visant à démanteler les réseaux d’escroqueries numériques. Le Cambodge cherche ainsi à renforcer la sécurité publique et à restaurer son image à l’international. Cette stratégie s’appuie notamment sur des opérations ciblées dans des zones comme Phnom Penh et Sihanoukville, ainsi que sur une coopération accrue avec plusieurs pays asiatiques pour démanteler des réseaux transnationaux.
Dans ce cadre, une loi sur la lutte contre les escroqueries en ligne est entrée en vigueur en avril 2026. Ce texte prévoit des sanctions sévères à l’encontre des organisateurs et des responsables de ces réseaux criminels.
Critiques et limites des mesures au Cambodge en Asie
Des mesures jugées insuffisantes
Pour Thong Mengdavid, vice-directeur du Centre d’études Chine-ASEAN de l’Université cambodgienne de technologie et de sciences, ces expulsions constituent une avancée notable, bien que limitée.
« Cette expulsion massive de suspects étrangers est une mesure attendue pour restaurer la réputation du Cambodge et perturber les réseaux d’escroqueries. Cependant, il ne s’agit que d’une solution temporaire », a-t-il expliqué.
Selon Thong Mengdavid, les autorités doivent désormais cibler les figures dirigeantes de ces organisations criminelles ainsi que les réseaux de protection locaux qui facilitent leurs activités.
« Pour remporter véritablement ce combat, il faut s’attaquer aux dirigeants et démanteler les réseaux de protection. Tant que la traite des êtres humains et la corruption ne sont pas traitées, le problème persistera », a-t-il ajouté.
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