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Thierry Tea, une ascension fulgurante

Par Leïla PELLETIER | Publié le 21/01/2018 à 21:00 | Mis à jour le 24/01/2018 à 10:10
thierry-tea Cambodge, expatriation, PhilJets groups

Thierry Tea est le Fondateur, Chairman et CEO de PhilJets Group. Cette startup aéronautique, spécialisée dans l’aviation d’affaires et le tourisme, vient de célébrer ses cinq ans et a été gratifiée début décembre du prix d’Entrepreneuriat Asie Pacifique dans la catégorie « Transport & Logistique », décerné par l’Organisation Enterprise Asia. Son objectif est de contribuer au développement du Royaume. Il retrace, pour LePetitJournal.com Cambodge, son parcours d’entrepreneur.


Thierry Tea est né en France de parents Cambodgiens venus y étudier en 1973 peu de temps avant le coup d’Etat de Lon Nol. Ils enchaînent les petits boulots mais privilégient la sécurité de l’emploi en entrant à la Mutuelle Générale à la naissance de leurs enfants. « Je n’ai donc pas été très exposé à l’entrepreneuriat quand j’étais jeune ni à la communauté asiatique jusqu’à mes 13-14 ans quand nous avons déménagé dans le quartier chinois, le 13e arrondissement à Paris. A ce moment-là, j’ai pu davantage découvrir la culture », explique-t-il. 


L’Asie comme centre de gravité


Un BAC ES en poche, il s’inscrit à la Sorbonne mais choisit finalement d’intégrer l’école de commerce Negocia, maintenant connue sous le nom de Novencia. « Nous n’avions pas forcément les moyens à l’époque, j’ai donc dû emprunter et travailler à côté », confie le jeune entrepreneur. Il effectue un premier échange à Philadelphie aux Etats-Unis à l’Université de Drexel et un deuxième à Singapour, Nyanang Polytechnic. Il réalise alors que c’est en Asie qu’il veut être.  


Après des stages à Hong Kong et en Chine, il commence à prospecter pour un emploi. « Je reçois plusieurs offres dans de grosses entreprises, Cetelem, BNP, Phillips… mais finalement c’est un stage de six mois à Airbus Helicopter à Paris que je choisis. Je leur avais envoyé ma candidature un an auparavant et obtenait enfin une réponse », dit-il amusé. Retour en France donc pour Thierry Tea qui a toujours des envies d’ailleurs. Se faire recruter à l’étranger devient son principal objectif. Il postule pour un VIE (Volontariat International en Entreprise) en Australie. Réponse négative, on lui dit que pour vendre en Australie il faut être blanc. Il tente sa chance pour la Chine. Réponse négative de nouveau, on lui répond que pour vendre en Chine il faut être vieux avec des cheveux blancs pour bien représenter la France. C’est sa rencontre avec le directeur commercial des Philippines qui donne un tournant à sa carrière.


« Il m’a dit qu’il avait besoin d’un assistant mais je ne connaissais pas du tout les Philippines qui n’avaient pas le même rayonnement que la Chine. Le directeur m’a confié qu’il allait bientôt rentrer en France et m’a dit : « Si tu es bon, tu pourras prendre ma place ». Je me suis donc lancé et ai obtenu le poste de Regional Sales Manager ». Thierry Tea savait alors qu’il devait faire ses preuves. Il vend son premier hélicoptère au bout de cinq mois à un gros conglomérat sud-asiatique. L’année suivante, il gagne Hong Kong et la Micronésie et vend six hélicoptères, celle d’après encore dix, ce qui le propulse comme président et CEO de la filiale Philippines qui était sur le point de fermer. Leur chiffre d’affaire est passé de 900 000 à 3,5 millions de dollars. « On a placé l’entreprise numéro 1 dans le pays avec 50 hélicoptères et 80 avions vendus », éclaire-t-il.


« Ma fibre entrepreneuriale s’est développée d’elle-même »


L’année 2012 marque pour lui le véritable début de sa carrière d’entrepreneur avec la création de Starline Global Industries à Singapour, puis vient PhilJets en janvier 2013 et Agama Investments en 2014 maintenant renommée Negocia Ventures en clin d’œil à son ancienne école. Pour cette dernière, Thierry Tea et son équipe se positionnent comme « venture builders » (développeur de start-ups) et comptent se lancer dans plusieurs projets liés à la finance, l’immobilier ou encore les médias.


Avec plusieurs partenaires, il souhaite créer de la valeur et des emplois au Cambodge. En plus des entreprises citées ci-dessus, la liste de ses activités est longue mais diverse : « Nous avons une boîte d’audit et de comptabilité, une plantation de mangues, une usine de transformation de noix de cajou, etc. Nous exportons déjà vers la Corée, le Japon et Taiwan et passons des certifications (HACCP, GNP, ISO) pour faire de-même vers l’Europe et les Etats-Unis. » 


En complément, Thierry Tea se place comme investisseur pour d’autres start-ups et entreprises implantées au Cambodge comme Parfums d’Indochine, producteur de vanille, Saint-Blanquat & Associates, cabinet de Ressources Humaines ou encore Jewelmer, plus gros producteur mondial de perles dorées.


« Il faut toujours voir plus grand. Si on voit petit, on reste petit »


Thierry Tea a remporté le Prix APEA pour PhilJets sans trop s’y attendre. « Nous avons été surpris d’être nominé, nous célébrons à peine nos cinq ans », confie-t-il. La sélection est en partie effectuée par des entrepreneurs, eux-mêmes anciens gagnants du prix.  C’est une véritable fierté pour lui d’être reconnu par ses pairs et une nouvelle source de motivation pour continuer à se développer. Vendeur et opérateur, la compagnie s’occupe de commercialiser les machines de ses clients. PhilJets intervient également dans différents domaines comme l’éducation en proposant des formations, dans le tourisme, dans le médical comme l’évacuation de patients et dans le transport de VIPs. « Nous sommes aujourd’hui le plus gros client d’Airbus Helicopters aux Philippines », conclut-il.

1 CommentairesRéagir
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Marc jeu 25/01/2018 - 12:45

Après avoir été volontaire dans une ONG ‘Energy Assistancé’ et avoir placé des panneaux photovoltaïques ainsi que des installations électriques dans des orphelinats et écoles au Cambodge je suis particulièrement heureux de voir qu’il y a des Cambodgiens qui investissent dans ce très beau et chaleureux pays. Bonne route à vous Monsieur

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