Eléonore Sok se livre dans ''Burning mouth syndrome'' à Phnom Penh
À Phnom Penh, Eléonore Sok propose une performance immersive mêlant texte, mémoire et filiation, explorant l’intime et la question du retour après l’exil.


Installée au Cambodge depuis une dizaine d’années, Eléonore Sok a d’abord travaillé comme journaliste pour des médias francophones, avant de se consacrer en 2022 à une pratique artistique mêlant écriture, performance et arts visuels. « J’avais envie de travailler sur des sujets plus personnels. Le passage s’est fait progressivement. » Aujourd’hui, elle présente une création introspective et évolutive, ''Burning mouth syndrome'', à la croisée de plusieurs disciplines dans le cadre du Golden (R)Age Festival.
L’écriture comme point de départ
Ce projet prend sa source dans des images, des traces, des souvenirs devenus fragments de texte. Puis, son œuvre intitulée J’ai le chaos au bord des lèvres, écrite à l’issue d’une résidence à la Cité internationale des arts à Paris durant l’été 2024. « C’était la première fois que j’avais du temps uniquement pour créer. Ce fut un tournant dans le processus de mise en scène transdisciplinaire. » Ce texte est devenu le socle d’une performance qui explore un récit autobiographique, centrée sur la figure de son père, disparu brutalement. « La dernière trace que j’ai de lui, c’est un enregistrement raté que j’avais fait peu avant sa mort. » À partir de fragments, textes, objets, souvenirs, elle construit une forme artistique où l’intime devient partageable.

Première prestation jouée le 6 juin. Photo Chhen Vannak
Une performance immersive au Golden (R)Age Festival
La création est présentée à Phnom Penh, au sein de l’espace F3. Deux représentations publiques sont prévues les 6 et 11 du mois. Le format reste volontairement limité, avec une jauge d’environ 25 à 30 personnes par représentation. « C’était important de garder une forme intimiste, en lien avec le sujet. » Le dispositif scénique s’organise autour d’une installation immersive : une antichambre introduit le spectateur avant l’entrée dans une « boîte noire », cœur de la performance. Sur scène, Eléonore Sok propose une interprétation mêlant texte, mouvement et environnement sensoriel. « Les sens permettent d’ouvrir des images, des souvenirs. C’est une autre manière d’entrer dans l’histoire. » Le texte est joué en français, avec des sous-titres en khmer et en anglais.
Revenir après l’exil, une réalité peu abordée
À travers cette performance, l’artiste interroge la mémoire familiale, la filiation et la question du retour. « Il y a cette idée de présence-absence. Quelque chose qui est là, mais aussi flottant. » Le parcours de son père, Cambodgien ayant vécu en France avant de revenir au pays, nourrit une réflexion plus large sur le retour. « On ne parle pas assez souvent de la difficulté de revenir au Cambodge après l’exil. Pour mon père, ça a été difficile. » Pensée comme une première étape, cette performance est ainsi appelée à évoluer. « J’aimerais pouvoir continuer à le faire vivre, ici et ailleurs. »
Informations pratiques11juin
De 17:30 à 18:40
Adresse
F3 (Friends Futures Factory)
Phnom Penh






