

Depuis 2002, l'association "Elephant Blanc" s'est installée au Cambodge. Elle gère une maternité et un dispensaire, un centre de rééducation et deux orphelinats. Celui de Koh Kong accueille trente enfants. L'objectif de l'association, redonner un semblant de cadre familial aux orphelins. Reportage
(Les enfants de l'Elephant Blanc et Tari - crédit photo : Eric Kuoch)
Une grande cour carrée se dessine à l'entrée. Les dortoirs, la cuisine et les salles communes sont répartis tout autour d'elle, respectueuses de la tradition. Une quinzaine d'enfants jouent aux osselets et au football. Les plus rêveurs laissent divaguer leur imagination, assis dans l'un des deux kiosques fleuris, installés en plein milieu de la cour. Ils vivent leur vie d'enfant avec leurs camarades. Mais ici, leurs camarades ne rentrent pas chez leurs parents. Ici, tous restent dormir. Les orphelins de Koh Kong ne s'en plaignent pas. Des frères et s?urs de mauvaise fortune, mais une grande famille qui affiche le plus grand des sourires.
L'association humanitaire française, "Éléphant blanc", a pour but de donner des parrains et des marraines à chacun des enfants du refuge. Ils ont entre 3 et 24 ans, mais tous ne sont pas orphelins. Des parents trop pauvres pour les élever ont préféré les confier à l'association. D'autres comme Makara ont perdu leurs deux parents. "Je vivais sur Koh Kong island avant. Avec mon frère, on ne savait pas quoi faire quand nos parents sont morts. On ne savait pas comment survivre, alors des gens nous ont amené ici", témoigne-t-elle.
Cela fait maintenant 10 ans que Makara vit à l'orphelinat de Koh Kong. La jeune fille de 21 ans veut poursuivre ses études après le lycée. "Je veux devenir avocate. J'espère pouvoir aller à l'université à Phnom Penh l'année prochaine. Ça coûte très cher, j'espère que mes parrains en France pourront m'aider", avoue-t-elle dans un large sourire. Comme Makara, chaque enfant a un parrain ou une marraine française. Certains rendent visite à leur filleuls régulièrement. "Moi, mes parrains viennent chaque année, mais cette année ils ont eu un empêchement...", regrette-t-elle.

Une grande famille
Pour s'occuper des enfants, il y a Tari. Cette Khmère quadragénaire est un peu comme une maman pour eux. Elle fait leur éducation de tous les jours, prend soin d'eux et leur donne même quelques rudiments de français de temps en temps. "Je m'occupe des orphelins, car moi-même je suis orpheline. J'ai commencé à travailler avec 'Éléphant Blanc' à Phnom Penh, puis je suis venue ici il y a quatre ans", raconte-t-elle.
Elle est épaulée par des groupes de bénévoles, souvent francophones, qui se relaient tout au long de l'année. Pour cet été, ce sont deux Français, étudiants en Commerce à La Rochelle et quatre Suisses, en troisième année de médecine, qui ont fait le choix de venir ici. "C'est vraiment enrichissant. Nous on est là surtout pour repeindre les bâtiment et jouer avec les enfants", explique Alban, l'un des deux Français. Et pour les tâches ménagères tout le monde se retrousse les manches sans exception.
La politique de l'association, "Éléphant Blanc", attire les étudiants qui cherchent à faire des stages dans l'humanitaire. "Pour certaines ONG, il faut débourser entre 900 et 3.000 euros. Ici, nous payons 40 euros de cotisation à l'association, nous payons l'auberge, les repas et le matériel que l'on utilise", témoigne Paul, l'autre français. Un moyen pour eux donc d'effectuer leur stage obligatoire dans l'humanitaire sans se ruiner, et travailler au Cambodge. Un pays qu'ils découvrent. "Je n'avais pas envie de me retrouver dans le siège d'une ONG, aux Etats-Unis. C'est bien d'être là, où on a vraiment besoin de nous", affirme Alban.

Une éducation
Pour ce qui est des cours, les enfants sont scolarisés dans les écoles de Koh Kong. Les petits y vont le matin entre 7 heures et 11 heures, et les plus grands, l'après-midi entre 13 heures et 17 heures. Une professeure d'anglais passe plusieurs fois par semaine pour leur apprendre la langue de Shakespeare. Une formation qui a déjà permis à quatre anciens pensionnaires d'aller à l'université. Trois sont partis étudier dans la capitale cambodgienne et une autre poursuit ses études dans l'université locale.
La pluie commence à tomber sur l'orphelinat de Koh Kong. Les enfants se sont abrités sous l'auvent du bâtiment principal qui abrite le dortoir des filles et des petits garçons. Titi, trois ans, s'amuse avec une balle de volleyball, offerte par un des mécènes de l'orphelinat. Ils viennent de temps en temps distribuer des jouets. Ses parents ont divorcé, et personne ne voulait le garder. Qu'importe, ici, Titi s'amuse avec les autres enfants. Il a le sourire.
Eric Kuoch (www.lepetitjournal.com) Lundi 13 juin 2011













