Depuis le mois dernier, Julie Gazard-Grégoire pratique des séances d'acupuncture au sein du cabinet médical français. L'aboutissement d'une formation de plusieurs années à la médecine traditionnelle orientale, et d'une passion toute personnelle pour ses savoirs et ses secrets.
Julie Gazard-Grégoire (à gauche) en consultation à Ho-Chi-Minh Ville
Julie Gazard-Grégoire est acupunctrice, et donne depuis janvier des consultations sur Phnom Penh, au sein du Cabinet médical français, dirigé par le docteur Sebban. Sa propre initiation à cette pratique curative s'est faite au cours d'années de formation à la médecine orientale traditionnelle, en France. Le fruit d'une attirance pour la culture asiatique, sa recherche de l'harmonie, du bien-être, qui remonte à l'adolescence pour cette jeune mère de famille, âgée de 36 ans. "D'abord, ce fut le Viet Vo Dao", explique celle qui est maintenant ceinture noire de cet art martial vietnamien, qui vise à former autant l'esprit que la technique, et dont une des devises est "Tu ne peux espérer croître si tu n'es pas prêt à changer."
L'approche orientale
Professionnellement, Julie débute pendant dix ans une carrière de web-designer, mais ne s'épanouit pas vraiment dans ce domaine, et entame en parallèle des études de médecine traditionnelle chinoise à l'Ecole de la Cour Jaune, à Marseille, en 2004. Durant quatre ans, elle apprend à en maîtriser les fondamentaux, s'initie également à la diététique, au Qi Gong, une gymnastique ancestrale de santé, considérée en Chine comme une véritable médecine préventive, à la méditation taoïste et ses vertus? Ce qui l'attire dans ce savoir, reposant sur une véritable vision du monde ? "D'abord, il y a l'aspect ?sagesse ancestrale', explique Julie, avec des millions de personnes qui recourent à ces pratiques pour se sentir mieux. J'ai appris dans la médecine orientale traditionnelle chinoise une approche holistique, l'idée que l'on ne peut traiter séparément le corps et l'esprit, une approche basée sur l'équilibre, l'énergie chez la personne?"
En 2009, elle décroche un diplôme sanctionnant l'acquisition des "bases fondamentales et diagnostic en médecine traditionnelle chinoise". Puis en 2012, elle suit un stage de certification auprès de l'Association de médecine orientale et d'acupuncture d'Ho-Chi-Minh Ville, au Vietnam. Elle passe deux semaines à pratiquer l'art des aiguilles et la moxibustion, la stimulation des méridiens par la chaleur, sur des patients locaux. "Une expérience humaine très forte, en milieu hospitalier, avec d'autres stagiaires internationaux", se rappelle-t-elle. A l'issue de cette expérience de validation des acquis, Julie Gazard se sent alors prête à exercer en tant que praticienne.
Entente avec le médecin
Pourquoi le Cambodge ? "Mon maître de Viet Vo Dao était d'origine cambodgienne, et c'est en fréquentant ses cours que j'ai rencontré mon mari. Or, on a proposé à ce dernier de prendre un poste à Objectif 3D, un centre de formation à l'animation, à Takmao", explique Julie, qui confesse croire volontiers aux signes du destin. Pour elle, cela permettait en plus de rester à proximité de l'Ecole de médecine traditionnelle orientale d'Ho-Chi-Minh Ville, et de son approche de l'acupuncture, à laquelle elle se réfère. Enfin, le docteur Michel Sebban, médecin généraliste, lui a ouvert les portes de son cabinet pour y pratiquer des séances d'acupuncture. "Une belle rencontre, avec une personnalité très investie auprès de ses patients, et très ouvert", confie Julie au sujet du praticien. "Nous travaillons en bonne intelligence, explique Michel Sebban, qui pratique lui-même l'acupuncture depuis 15 ans. Pour certains patients, nous examinons leurs dossiers, afin de voir si l'acupuncture est la plus indiquée, ou s'il faut recourir à d'autres moyens thérapeutiques." Si l'acupunctrice croit fermement aux fondements de sa pratique, elle l'aborde dans un esprit de dialogue, et non de confrontation, avec la médecine occidentale. D'ailleurs, elle recourt elle-même à la "biomédecine", aux antibiotiques, dans certains cas, pour elle ou ses enfants. "Nous sommes au Cambodge dans un environnement riche en bactéries, et il est difficile de s'en passer, en cas d'infections", constate-t-elle.
En revanche, elle croit l'usage de l'acupuncture et de la moxibustion, phytothérapie et qi gong, voire de la méditation tout à fait adéquats, dans un certain nombre de pathologies, allant des douleurs lombaires au stress émotionnel. "Beaucoup de patients ressentent une forme de stress due à l'expatriation, une expérience difficile, qui demande énormément d'adaptation." Par ces méthodes basées sur "l'énergétique", mais aussi le temps passé à échanger, les recommandations apportées sur l'hygiène mentale et physique, Julie Gazard-Grégoire tente de soulager les patients de leurs maux, et les rendre ainsi plus en adéquation avec leur environnement et eux-mêmes.
Samuel Bartholin (http://www.lepetitjournal.com/cambodge) Mardi 26 février 2013
Contact : Julie Gazard-Grégoire, au sein du Cabinet médical français, 16 rue 57, Phnom Penh, 16 rue 57, Phnom Penh ? 012 634 115





































