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Une ONG pour la sauvegarde des éléphants du Mondulkiri

Par Paul Vernois | Publié le 03/01/2019 à 20:00 | Mis à jour le 04/01/2019 à 03:09
Photo : Crédits : Mondulkiri Project
mondulkiri_project_elephant

Depuis sa création le 15 octobre 2013, l’ONG Cambodia Elephant Rescue Organization gère le Mondulkiri Project visant à sauvegarder les éléphants et la forêt du Mondulkiri.

Ces 10 dernières années, le province du Mondulkiri a perdu environ 45% de sa surface forestière. Cela est dû principalement au commerce de bois précieux avec des intermédiaires vietnamiens. Face à ce phénomène, l’ONG Cambodia Elephant Rescue Organization a décidé de réagir. L’activité principale de l’organisation est la gestion du Mondulkiri Project’s Elephant Sanctuary, plus couramment appelé le Mondulkiri Project, qui organise des treks dans la jungle et propose une journée complète en compagnie d’éléphants. Les participants peuvent nourrir les éléphants, les accompagner en forêt durant leur repas et participer à leur toilette sous une cascade.

La déforestation étant une des principales causes de la quasi-disparition des éléphants au Cambodge, le Mondulkiri Project loue depuis octobre 2013 une grande partie de la vallée proche de Sen Monorom à la minorité bunong avec le projet d’en faire un sanctuaire destiné à l’accueil d’éléphants. « Quand j’étais jeune, nous avions deux éléphants dans notre village, explique M. Tree, fondateur du Mondulkiri Project. Dans les sanctuaires et villages proches de Sen Monorom, il n’y a plus que 41 éléphants, dont beaucoup sont en fin de vie. »

Les pachydermes présents dans le sanctuaire sont pour la plupart des animaux qui ont souffert de l’attraction touristique que peut constituer une promenade à dos d’éléphant. Selon l’ONG, ces animaux endurent de nombreuses souffrances durant leur dressage. Étant un animal sauvage, il doit être habitué à la présence de l’homme. Cette adaptation, appelée le phajaan, rend l’animal docile et obéissant au contrôle du dresseur. Les jeunes éléphants, soumis au dressage pendant quatre à six jours, sont encagés, affamés et battus. Une fois le phajaan terminé, l’animal autrefois sauvage devient totalement soumis à son mahout. Ces éléphants sont ensuite utilisés dans le cadre d’activités touristiques ou pour effectuer des travaux de force. En cohésion avec le projet de l’association, les touristes ne peuvent pas monter sur le dos des éléphants lors des treks organisés par l’ONG.

 

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Un trek organisé par le Mondulkiri Project.

 

La Cambodia Elephant Rescue Organization lutte contre ces pratiques en essayant de sensibiliser aux conséquences du dressage d’éléphants. Les fonds récoltés par l’ONG sont dédiés à la location de l’espace forestier, ce qui le protège de la déforestation, et à la pérennisation du sanctuaire, ce qui implique l’accueil de nouveaux éléphants. Ils sont actuellement au nombre de cinq : Princesse, Sophie, Happy, Comvine et Lucky, uniquement des femelles. Tous sont des éléphants qui étaient utilisés pour le tourisme ou par des paysans qui exploitaient leur force exceptionnelle. M. Tree a des ambitions à long terme pour son sanctuaire : « Nous aspirons à augmenter la communauté d’éléphants vivant dans la forêt. Nous comptons notamment faire venir un éléphant mâle afin d’obtenir des bébés, les premiers du centre. »

Les fonds obtenus par l’ONG permettent notamment de soutenir le projet de sauvegarde de la forêt, de développer le sanctuaire d’éléphants mais également de soutenir financièrement les populations bunongs afin de limiter leur dépendance économique à la vente de bois à l’origine de la déforestation. Pour M. Tree, le développement d’activités touristiques dans la région améliore le quotidien de la communauté. « Le tourisme a permis à la région de se développer, de créer de l’emploi. Avant, personne ne parlait anglais ici, or les bunongs qui travaillent avec nous au sanctuaire ou en tant que guides sont obligés de le pratiquer. »

Plus d’informations sur le site du Mondulkiri Project.

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