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“Juste la fin du monde” à Phnom Penh

Par Marion Joubert | Publié le 19/02/2019 à 20:00 | Mis à jour le 20/02/2019 à 09:54
Photo : Affiche de la pièce Crédit : Miguel Jeronimo
Affiche de la pièce Crédit : Vicky Lemaire

La  pièce de théâtre Juste la fin du monde de Jean-Luc Lagarce sera présentée au département de Performing Arts le 8, 9 et 10 mars par la troupe de théâtre francophone de Phnom Penh (TTFPP). La metteuse en scène Vicky Lemaire a découvert cette pièce au cours de ses études au cours Florent. Elle l’a proposée à la TTFPP en septembre dernier. Ils ont immédiatement accepté.

Lepetitjournal.com Cambodge : Que raconte la pièce de Jean-Luc Lagarce que vous mettez en scène ?

Vicky Lemaire : Ce qui est incroyable avec Lagarce, c’est la multitude de sujets traités en une seule oeuvre bouleversante. C’est tout sauf superficiel. La pièce se passe en huis-clos, dans une famille ou l’un des fils revient après une longue absence. Atteint d’une maladie incurable, il cherche à leur annoncer mais son arrivée a fait surgir des souvenirs et les reproches fusent. De cette visite qu’il voulait définitive, le fils repartira sans avoir rien dit. L’histoire parle de relations humaines, d’amour dans tous les sens du terme, de violence… Juste la fin du monde aborde le thème de la communication ou plutôt, quand on n’arrive pas à communiquer. La pièce traite de classes sociales aussi.

Dans quel type d’ambiance voulez-vous immerger les spectateurs ?

Ce qui m’importe c’est que quand ils ressortent, ils se posent des questions. Le type de pensées m’importe peu, je veux juste qu’ils ne soient pas indifférents. Il y a un vrai rapport aux mots dans cette pièce. Les protagonistes se reprennent tout le temps et cela crée un rythme très particulier. Le rapport à la temporalité est complètement bouleversé. J’ai donc décidé, avec la scénographe Alice d'Arcangues de créer un décor et des costumes intemporels. Le style est onirique, dérangeant visuellement, un peu années 80. Je voudrais que le public soit plongé n'importe où et n'importe quand. Comme a écrit Lagarce au début de la pièce, « cela aurait pu être un dimanche comme tous les dimanches d’une année ».  Alors je bloque le temps exprès, pour que les spectateurs soient déroutés. La mère ramène tout le temps le café qu’ils vont boire en permanence.

Comment décririez-vous votre style?

Rassembler diverses formes d’expression sur la scène théâtrale comme Antonin Artaud, c’est ce qui m’inspire. Le rapport au corps est primordial pour rendre le jeu plus puissant, il faut que ce soit physique. Comme Pina Bausch avec la danse-théâtre, je veux réussir à communiquer sans faire complètement du théâtre et sans une chorégraphie de danse totalement millimétrée... Pour entraîner les comédiens qui vont jouer la pièce, je leur demande d’effectuer de multiples exercices afin qu’ils sachent comment extraire leur mémoire corporelle et définir quelles sont les sensations vécues. Je parle des sensations et non pas d’émotions car selon moi, pour jouer, il faut que ça passe par le corps, donc par les sensations. Et il n’y a jamais qu’une émotion, c’est beaucoup plus complexe.

Avez-vous rencontré des difficultés particulières lors de la mise en scène ? Je pense notamment à l’absence d’indications - les didascalies - données par Jean-Luc Lagarce.

Cela ne me dérange pas, au contraire je me sens plus libre dans la mise en scène même si je reste quand même fidèle au texte. Ma plus grosse difficulté fut le travail d’acteur car ils ont tous d’autres activités professionnelles qui passent au premier plan. Même si ce n'est pas évident, j’adore travailler avec des amateurs, il y a quelque chose de brut et ils sont donc moins formatés aux règles du théâtre. Je voulais un résultat professionnel alors j'ai essayé de les faire progresser en terme de jeu. 

Est-ce que vous avez d’autres projets en cours ou à venir ?

Je suis sur plusieurs projets en même temps, dont un long-métrage qui s’intitule Les bleus à l'âme et une autre pièce de théâtre. Je donne des cours de théâtre tous les mercredi soirs à l’Ocarina et j’écris. Mon problème c’est le manque de temps et il en faut pour laisser de la place à l’imaginaire. Lorsque j’écris, je m’inspire des pays, des lieux dans lesquels je vis. J’ai besoin de raconter mes histoires, ce qui est proche de moi et les partager avec le public. Et aux comédiens, aux artistes en collaboration avec moi, de faire pareil. Partager nos histoires à travers l’art. Ce que j’aime dans l’art c’est la manière dont l’artiste montre, crée. C’est ça qui importe et pas l’histoire en elle-même.

Avant de quitter le pays et me rendre peut être au Japon, je souhaiterais mener un projet avec des Cambodgiens. Cela ferait beaucoup plus sens si je pouvais travailler avec eux car je vis dans leur pays, leur culture. Mais créer des liens avec eux prend plus de temps.

Les billets coûtent 10 dollars pour les adultes et 6 dollars pour les enfants et les étudiants. Ils sont en vente au Cloud, à Eleven One Kitchen et au K west restaurant. La pièce sera en français, sous-titrée en anglais. Pour voir le teaser, cliquez-ici.  

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