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FÊTE DES EAUX – L’histoire de Preah Tineang, la pirogue royale

Par Lepetitjournal Cambodge | Publié le 08/11/2014 à 23:00 | Mis à jour le 11/08/2021 à 12:31
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C'est une tradition qui date des années 50, la pirogue du village de Prèk Ampil représente la famille royale.

 

L'histoire de la pirogue royale reprend son cours en 1993. Les piroguiers de Prèk Ampil rendent visite au prince Norodom Sirivudh pour que perdure la tradition et que leur pirogue demeure la pirogue royale pour la reprise de la Fête des Eaux après des décennies de guerre. Leur voeu fut exhaussé.

La pirogue royale n'a gagné que sa course de jeudi. La veille et le lendemain, elle a perdu les deux régates. « Je ne suis pas déçue, affirme cependant la princesse Norodom Veasna Diva Sirivudh, les 70 rameurs n'ont eu qu'un mois pour s'habituer à cette nouvelle pirogue. Ils feront mieux l'année prochaine ». La pirogue précédente datait de 1993, trop usée par le temps pour être compétitive et comptait 50 rameurs. « Les 20 nouveaux rameurs n'ont pas eu beaucoup de temps pour s'intégrer à l'équipage » ajoute la princesse.

 Pour un baptême, la pirogue n'avait jamais été mise à l'eau, les piroguiers s'en tirent avec les honneurs. D'autant qu'ils sont tombés dès le premier jour contre l'équipage réputé de Kompong Thom.

Cette nouvelle pirogue est une donation de la pagode du village de Prèk Ampil d'où viennent les rameurs. « Traditionnellement, explique la princesse, la pirogue appartient à la pagode. Idéalement, elle doit être construite à partir d'un arbre qui est sur le terrain de la pagode ».

Diaporama

 

Pour le retour de la Fête des Eaux, la Princesse avait demandé à Huot Huon, l'homme qui organise depuis 20 ans la préparation de la pirogue royale à la compétition, que les rameurs dorment au village le mercredi et jeudi soir pour éviter qu'ils n'abusent des festivités.

Ce ne fut donc pas suffisant pour que la pirogue royale renoue avec la victoire qu'elle tutoyait à une époque.  Au début des années 50, le roi Norodom Suramarit repère une pirogue du village de Prèk Ampil, face à l'île de la soie. Elégante, elle sortait du lot et accumulait les victoires. Le roi Norodom Suramarit proposa alors de la prendre sous sa coupe pour la Fête des Eaux et fut baptisée « Preah Tineang », qui signifie tout simplement « la pirogue royale ».

Depuis, Preah Tineang, du village de Prèk Ampil,  représente la royauté à chaque Fête des Eaux. Un honneur d'autant plus grand, que la pirogue royale clôture chaque fête. A sa proue le chef des Bakous* du Palais Royal, coupe la corde symbolisant la fin de la course avec l'épée du palais remise par le roi. Derrière la pirogue royale suivent toutes les autres pirogues ayant participé.  Un beau spectacle coloré.

Autre tradition, le chef des piroguiers, guidant ses rameurs, est une fonction qui se transmet de père en fils. Le grand-père de Von Bon fut le chef piroguier de la première pirogue royale. Son beau-père lui succéda et Von Bon est depuis maintenant dix ans l'homme à la proue de la pirogue royale. « C'est pour nous un honneur de représenter la famille royale et je suis fier d'être le chef de la pirogue » glisse-t-il, timide. Huot Huon, l'organisateur, n'est lui non plus pas trop déçu de l'unique victoire : « Nous serons meilleurs l'année prochaine ».

Arrimée sur la rive  de Chroy Chan Var, la pirogue attend les 70 rameurs qui reçoivent les instructions de la cérémonie de clôture avec le chef des Bakous à la proue. Disposés comme une armée de soldats, bien alignés, ils écoutent. Les rameurs se dirigent ensuite vers la pirogue dans une bonne humeur générale.  Une fois ses hommes installés, Von Bon, microphone à la main et lui toujours sur la berge,  parle à ses troupes d'une voix éraillée. Dernières consignes, puis ils s'en vont remonter le Tonlé Sap pour disputer leur dernière course et clôturer le retour de la Fête des Eaux avec un immense sourire aux lèvres.  

 

Emmanuel SCHEFFER ? www.lepetitjournal.com/cambodge - Lundi 10 novembre

* Le Bakou est un brahmane qui joue un rôle essentiel dans les cérémonies au Palais Royal.

Un grand merci à Cécile Malterre qui a permis cette rencontre.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Raphael Ferry

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