Mardi 21 septembre 2021
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CLAUDINE LE TOURNEUR D’ISON - De l’Egypte au Cambodge en passant par Fondamentus

Par Lepetitjournal Cambodge | Publié le 11/12/2013 à 07:26 | Mis à jour le 08/02/2018 à 13:03

Claudine le Tourneur d'Ison est écrivaine, égyptologue, journaliste, passionnée de voyages et sillonne le monde depuis de nombreuses années. Elle ne quitte jamais son carnet de bord dans lequel elle note précieusement chacun de ses moments passés sur les routes, à observer les gens, partager des expériences et découvrir de nouvelles cultures. Entre voyage et écriture, Claudine a choisit la vie dont elle rêvait. Elle nous a accordé un entretien pour la sortie de son dernier livre,Temples Perdus. Une rencontre en toute sérénité.

Lepetitjournal.com/Cambodge: Pourquoi vous êtes-vous passionnée pour l'Egypte en premier lieu ?


Claudine Le Tourneur d'Ison:
C'est une fascination qui a commencé à l'école. Au collège, alors que j'étudiais les civilisations grecques et égyptiennes, je me suis focalisée sur la civilisation égyptienne qui me paraissait être un univers étrange et mystérieux. Durant toute mon adolescence je rêvais de faire des études d'égyptologie. Une fois mon bac en poche, je suis partie à Paris pour m'inscrire à l'Ecole du Louvre d'une part et rejoindre le département de Lettres de la Sorbonne d'autre part car j'adorais écrire et adorais la littérature.

En quelques mots, pouvez-vous nous parler de votre dernier livre,Temples perdus publié aux CNRS éditions ?


J'ai dévié de ma trajectoire en m'intéressant aux temples d'Angkor. Tout a commencé en 2005 lorsque j'écrivais un livre pour les éditions Robert Laffont sur vingt villes du monde dont deux villes mortes, Carthage et Angkor. Lorsque je suis arrivée au Cambodge, j'ai eu un coup de foudre pour les temples khmers. J'ai eu la chance de rencontrer une conférencière française vivant au Cambodge qui m'a un jour parlé d'Henri Mouhot en m'expliquant qu'aucune biographie n'avait été encore faite de lui. Ayant moi-même rédigé des biographies de grands égyptologues, l'idée a germé et en 2009 j'ai obtenu une bourse du Ministère des Affaires Etrangères pour écrire un récit des trois dernières années d'Henri Mouhot en Indochine. Je me suis basée sur les carnets de bords qu'il a laissé derrière lui.

Vous êtes passée de la civilisation égyptienne dont vous êtes une spécialiste à la civilisation khmère. Cela à du être un défi pour vous ?


Je n'ai pas eu besoin de devenir une spécialiste de la civilisation, de l'architecture ou de l'écriture khmère pour écrire le livre. Je me suis surtout focalisée sur le personnage qu'il était et sur le rôle qu'il a eu malgré lui ? car il est mort sans savoir qu'il avait joué un rôle si prépondérant dans la découverte et la description des temples khmers. Mouhot est parti du Siam et est allé jusqu'à Luang Prabang - où il est mort ? mais, sur trois ans, n'a finalement passé que trois semaines à Angkor. Ses carnets ont été rapatriés à son frère, Charles Mouhot, qui les a fait publier en 1863 dans une très belle revue de l'époque, « La Revue du Tour du Monde ». C'est comme ça que les Français et plus particulièrement les historiens ont découvert l'existence de la civilisation khmère - qui ne se résumait qu'à Angkor Vat jusqu'alors. C'est le seul qui, par ses écrits et ses descriptions extrêmement précises des temples, en faisant un travail d'archéologue ? alors qu'il ne l'était pas ? a révélé l'importance de cette civilisation. Néanmoins tout ce dont je parle dans le livre est vrai avec un style d'écriture plutôt romanesque qui entraîne le lecteur dans un vrai récit de voyage.

Avez-vous remarqué des points communs entre les civilisations khmères et égyptiennes?

Il y a en effet des similitudes basées sur la symbolique et sur la religion. Au Cambodge comme en Egypte, les rois et les pharaons utilisaient le peuple pour construire des monuments d'éternité. Contrairement à ce que tout le monde dit, il n'y avait pas d'esclaves en Egypte. C'était une civilisation pacifiste qui ne guerroyait pas donc n'avait pas de prisonniers. C'est le peuple qui, pendant la saison de la crue du Nil, était sollicité pour construire les pyramides.

D'autre part, on retrouve l'idée d'élévation dans l'architecture. A 200 km de Siem Reap il y a également un temple de forme pyramidale mais c'est le seul. Tout comme en Egypte, ce sont les Prasat surmontés de leur chapeau en forme de pine de pin qui véhiculent cette idée de lien entre les hommes et les dieux. L'emplacement des vestiges des deux civilisations ont aussi été construits en accord avec les constellations et la date de début de la construction dépendait des esprits d'une part mais aussi d'un calendrier et d'un lieu précis. Autre similitude, les temples sont toujours érigés à la gloire d'un monarque.

Vos futurs projets ?


Pour l'instant j'ai trois livres à écrire. Le premier sur l'Azerbaïdjan où je viens de passer deux mois, un second livre qui doit sortir en 2014 qui est une biographie d'un grand patron d'entreprise et un troisième livre racontant  l'épopée Fondamentus qu'Odile Perceau m'a demandé d'écrire. Je rêve également de retourner au Japon car c'est un pays qui me fascine. 

Propos recueillis par Anne Tandonnet (lepetitjournal.com) jeudi 12 décembre 2013

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