Édition internationale

CALCIO - Fermeté après le drame de Catane

Quelques jours après la mort d'un policier lors du derby Catane Palerme, le gouvernement ne cède pas aux pressions de l'industrie du football. Giuliano Amato, ministre de l'Intérieur, a annoncé une série de mesures destinées à renforcer la sécurité dans les stades

(Photo Marie Liagre - Le stade Giuseppe Meazza, plus communément appelé San Siro, à Milan)

Dans les cafés, dans la presse ou à la télévision, il n'est plus question des frasques de Silvio Berlusconi ni des revendications de son épouse. Toute l'Italie reste sous le choc des violences de vendredi soir.
A Catane, des affrontements entre tifosi et forces de l'ordre ont fait un mort et 70 blessés. Des milliers de personnes ont assisté lundi aux funérailles de l'inspecteur Filippo Raciti, également retransmises en direct à la télévision.
Le championnat interrompu devrait reprendre ce week-end, mais seuls les stades aux normes pourront accueillir des spectateurs (voir encadré). L'industrie du football a réagi dès dimanche soir. "Le football ne doit jamais s'arrêter", a affirmé à la radio Antonio Matarrese, président de la Ligue professionnelle du calcio. Avant de déclarer à La Repubblica : "Les morts dans le système footballistique font malheureusement partie de ce gigantesque mouvement que la police n'est toujours pas en mesure de contrôler."
Privatisation des stades
Malgré les pressions, Giuliano Amato, le ministre de l'Intérieur, a maintenu une position ferme, s'empressant d'annoncer de nouvelles mesures pour la sécurité dans les stades, renforçant le décret Pisanu voté en 2005. Les policiers pourront ainsi arrêter un supporter sans mandat 48 heures après un délit. L'interdiction de stade, le Daspo (Divieto di accesso alle manifestazioni sportive), sera étendue aux mineurs et pourra s'exercer de manière préventive.
Les supporters concernés ne devront plus seulement passer à la mairie le dimanche matin mais effectuer des travaux d'intérêts généraux pendant les matchs. On ne pourra plus acheter des billets groupés, limitant ainsi les voyages de supporters. Le gouvernement compte aussi interdire les rapports entre entreprises et groupes de tifosi ultras. Surtout, les stades seront privatisés, pour mettre fin aux conflits entre mairies et sociétés utilisatrices sur la prise en charge des dépenses d'entretien et de rénovation, conflits qui ont retardé la mise aux normes des stades. Ces mesures doivent être approuvées aujourd'hui lors d'un Conseil des ministres extraordinaire.
Les incidents de Catane ont eu lieu une semaine après la mort d'un dirigeant d'une équipe amateur qui avait tenté de s'interposer lors d'une bagarre entre joueurs et supporters, et seulement quelques mois après le scandale des matchs truqués.
Corentine GASQUET (www.lepetitjournal.com) Milan - 7 février 2007

Le cas de San Siro reste à trancher
La reprise du championnat devrait avoir lieu ce week-end, avec la troisième ou la quatrième journée. Seuls les stades aux normes (ou presque aux normes) pourront accueillir un public.
- Avec le public
Aux normes : Rome, Palerme, Turin, Sienne
Presque aux normes : Cagliari, Messine, Reggio de Calabre, Parme, Gênes, Empoli
- A huis clos
Ascoli, Vérone, Bergame, Udine, Catane
- Reste à décider
Milan, Florence, Livourne
(Source : La Repubblica)


A lire en italien
Amato: "I club aggirano le norme"sur
Gazzetta.it
Calcio violento, linea dura del governo sur Repubblica.it
"Niente pubblico negli stadi fuori norma"sur Corriere.it

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