Hydrogène, emploi vert… les maires du monde à Buenos Aires pour le sommet du C40

Par Jules Bichet | Publié le 25/10/2022 à 11:32 | Mis à jour le 02/11/2022 à 02:12
C40 summit à Buenos Aires a réuni les maires du monde

Sous la devise « Unis en action » s’est tenu du 19 au 21 octobre 2022, le sommet international du C40 Cities Climate Leadership Group à Buenos Aires. Les dirigeants des grandes capitales mondiales, les chercheurs et conférenciers influents se sont succédé pour affirmer leur volonté commune de lutter contre le changement climatique. Pour les dirigeants, ce sommet est aussi l’occasion de rappeler sur la scène internationale que l’Argentine a les atouts pour devenir un leader de la transition énergétique. 

 

Au cours, des trois jours, le maire de Buenos Aires a accueilli Sadiq Khan, maire de Londres et président de l’organisation, Anne Hidalgo, Ricardo Luís Reis Nunes, Eric Adams et des dizaines d’autres maires. Tous ont successivement pris la parole pour partager leurs approches de la ville durable. Sur le plan national, une fédération réunissant 150 villes argentines a été créée pour travailler sur le long terme à la transition écologique des espaces urbains du pays. À quelques semaines seulement de la COP 27, les maires souhaitent montrer qu’une coopération en matière de lutte contre le changement climatique est possible. L’événement a permis la signature du Consensus de Buenos Aires, accordant une enveloppe d’un million d’euros pour chaque ville du C40. Ces financements sont dédiés à deux engagements : des politiques urbaines pour des « villes en 15 minutes » et 50 millions d’emplois verts à l’horizon 2030.  

 

 

L’objectif de 50 millions d’emplois verts d’ici 2030 

Les maires de C40 représentent des centaines de millions de résidents et un quart de l'économie mondiale. Dans le cadre d'une collaboration historique, des dizaines de maires ont exposé des mesures pour créer 50 millions d’emplois en lien avec la transition énergétique afin d’assurer la transformation des maisons, des écoles et des lieux de travail, mais aussi la fourniture de systèmes de transport public de pointe à base d’énergie renouvelable. 

 

Sadiq Khan, par exemple, s'est engagé à doubler la taille de l'économie verte de Londres pour atteindre à 100 milliards de livres sterling d'ici 2030, une ambition qui doit, selon lui, favoriser la croissance de l'emploi au cours de la prochaine décennie. Un peu plus tôt dans la journée, Horacio Rodríguez Larreta s’est engagé au nom de la ville de Buenos Aires à renforcer son action auprès des entreprises locales et internationales pour de créer de nouveaux emplois verts. 

 

Des politiques urbaines pour des « villes en 15 minutes » 

Les maires du monde ont aussi convenu de la nécessité de construire des espaces urbains où les services essentiels se trouvent à moins d’un quart d’heure à pied ou à vélo du domicile. Cette notion de « ville en 15 minutes » popularisée par Anne Hidalgo a été conceptualisée par le professeur de l’Université de Panthéon-Sorbonne Carlos Moreno.  « Le concept urbain implique de donner à la proximité des quartiers une transformation qui permet aux villes de sortir de 70 ans de fragmentation de la ville et de longues distances à parcourir chaque jour pour les citadins », a-t-il expliqué lors du Sommet de Buenos Aires.

 

Sadic Khan maire de Londres au C40
Sadiq Khan, maire de Londres au C40

 

 

Amérique du Sud, la fièvre de la transition énergétique. Quid de l'hydrogène ? 

Par ailleurs, cet événement a été l’occasion de drainer 1,2 milliard de dollars pour identifier et développer des investissements prioritaires pour les sociétés du Sud Global. Sur ce montant, la moitié est captée par les pays d’Amérique latine qui ne cachent pas leurs ambitions de devenir des leaders mondiaux en énergies renouvelables. En 2019, aux Nations Unies, ils s’étaient engagés à consommer 70% d’énergie renouvelable d’ici 2030, soit plus de deux fois l’objectif des pays européens.

 

L’ambition collective salutaire n’empêche pas les différents pays du sous-continent d’être en concurrence les uns avec les autres. Les dirigeants argentins n’ont pas manqué de se servir de cet événement comme une tribune pour présenter sous un jour favorable le pays. Et les allusions répétées à l’hydrogène vert lors des interventions du maire de Buenos Aires (hors des thèmes prédéfinis du sommet C40) ne sont pas anodines.

 

La plupart des pays sud-américains ont développé ces deux dernières années des stratégies hydrogènes, et l’Argentine n’est pas en reste. Le pays connaît une sorte de fièvre de l’hydrogène. Il ne se passe pas une semaine sans qu’un plan national, fédéral ou municipal ne soit annoncé. Parallèlement à la dernière journée du Sommet de Buenos Aires, le gouvernement de la province de Río Negro a présenté un plan de l’hydrogène vert. Il ne serait pas surprenant que le nouveau Forum urbain fédéral - réunissant 150 villes argentines - planche à son tour, dans les prochains mois, sur la question de l'hydrogène.

 

 

jules bichet

Jules Bichet

Actuellement en Argentine, je suis étudiant à Sciences Po Aix-en-Provence. Je m’intéresse aux relations internationales, aux enjeux de sécurité et de défense ainsi qu’à transition énergétique de nos sociétés.
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