

Bretonne de 26 ans, Cécile Panaget vit depuis plus de deux ans à Buenos Aires, juste à côté de la maison de Carlos Gardel. Des stages à l'étranger dans le cadre de son école de commerce lui ont transmis le virus des voyages, puis celui du tango, découvert à New York. Quand elle ne danse pas dans les milongas, elle se consacre à son métier: la traduction. Rencontre
A la milonga Bien Pulenta (Photo Melody Lees/LPJ)
D'où venez-vous? Depuis quand êtes-vous en Argentine?
En 2002, je suis partie à Salamanque, en Espagne, pour six mois de formation dans le cadre de mon école de commerce de Rouen. Après, j'ai fait six mois de stage à Mexico puis six mois à New York. Après tout ça, je ne pouvais plus rentrer en France ! Je suis quand même rentrée trois mois pour terminer mes études, avec l'envie trépidante de repartir. J'avais attrapé le virus de vivre à l'étranger. Mais je ne voulais pas travailler en entreprise. En 2004, je suis repartie à New York et je me suis lancée dans la traduction. C'est là aussi que je me suis prise de passion pour le tango. J'ai fréquenté le cercle argentin et ce qui devait arriver est arrivé: je suis partie pour trois mois en janvier 2005 pour Buenos Aires, et j'y suis toujours.
Que faites-vous?
La passion pour le tango a grandi, je ne pouvais plus aller contre. Je suis rentrée deux mois en France pour m'installer officiellement comme traductrice et je suis revenue. Je traduis essentiellement de l'anglais au français pour des entreprises ou des agences de traduction, mais je n'exclus pas de commencer à travailler avec des entreprises argentines.
A Buenos Aires, ce que vous aimez?
Le tango ! Pouvoir me promener dans la rue et entendre du tango, c'est fantastique. J'ai vécu un an à San Telmo, ça me fascinait. Et où j'habite maintenant, à l'Abasto, les paroles sont écrites sur les murs. Mais j'ai une relation un peu plus équilibrée avec le tango maintenant, le plus fort de la passion est passé ! Pendant un an, je l'ai vécue de façon irraisonnée, je sortais énormément danser, je me suis même demandé comment on pouvait survivre sans danser ! Ce que j'aime aussi ici, c'est la chaleur humaine, la sympathie des gens. Quand je vais faire des courses, j'aime bien qu'on me dise "gracias mi amor" ou "hasta luego linda". C'est agréable tous ces petits mots gentils, de plus en plus absents en France.
Ce que vous n'aimez pas?
Le revers de la médaille. L'absence de stress, c'est bien, mais dans bien des situations, il ne faut pas être exigeant sur les horaires ou la qualité. La décontraction, la douceur de vivre, ça me va, mais le côté négatif, c'est la désinvolture.
Qu'est-ce qui vous surprend?
J'ai vécu à Mexico et à Paris, et il y a des quartiers où je me crois à Paris et d'autres où je retrouve les sensations de Mexico, surtout la vie dans la rue, et la pauvreté aussi. A Buenos Aires, il y a à la fois une atmosphère européenne, et juste après on se retrouve au fin fond de l'Amérique latine. C'est un mélange parfait.
Votre restau, adresse, préférée?
Mes endroits préférés, c'est les milongas. J'ai à peu près écumé toutes celles de la ville et j'ai celles où j'ai mes habitudes de "vieille Portègne"! Le Canning, où je connais beaucoup de monde, et El Beso, plus traditionnel, où on va vraiment pour danser.
Vos sorties?
J'aime bien aller faire du vélo dans la réserve écologique, surtout en semaine, c'est fantastique. Depuis peu, j'essaie de visiter un peu plus le pays, depuis que je suis moins dépendante du tango. Je pars bientôt dans le Nord, à Salta, Jujuy, Tucumán.
L'Argentine c'est...?
?le tango !
Vous allez rester?
Je me sens biculturelle, un pied en France, un pied en Argentine. Je suis à mi-chemin et je peux décider de rentrer en France quand je veux.
Propos recueillis par Laurence RIZET. (www.lepetitjournal.com-Buenos Aires) - jeudi 15 mars 2007
Les adresses de Cécile Panaget
- Le Canning, Scalabrini Ortiz 1331
- El Beso, Riobamba 416




































