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THIERRY LANDRY - "Le coaching étape par étape et sans pression"

Par Grégory Rateau | Publié le 10/05/2019 à 00:00 | Mis à jour le 10/05/2019 à 12:30
Thierry Landry français en roumanie coaching
Notre rédaction est allée aujourd'hui à la rencontre d'un coach français, Thierry Landry, pour aborder le rôle du coaching dans un pays où cette activité commence à peine à se développer. Loin des préjugés qui entourent cette profession, Thierry nous parle des enjeux auxquels il est confronté au quotidien et de son action au sein des entreprises.

 

 

Grégory Rateau: Dans quel domaine fait-on appel à vos services ici en Roumanie?

Thierry Landry: Pour la partie coaching c'est surtout les entrepreneurs qui viennent me voir et ils viennent chercher des solutions sur des difficultés qu'ils ont actuellement ou qu'ils risquent d'avoir dans un futur plus ou moins proche. Des difficultés d'ordre personnel, de l'ordre du développement d'entreprise, ils cherchent des solutions et cela enchaîne souvent sur d'autres perspectives.


 

Comment se porte le secteur du coaching en Roumanie?

Ce secteur frémit pour le moment, il y a plein de solutions mais ça part encore dans tous les sens.


 

Tout reste à faire donc?

Absolument, c'est nouveau. Il en va de même pour le secteur de la psychologie, les Roumains étaient assez frileux et cela commence à bouger.


 

Quelles seraient les limites à partie desquelles une psychothérapie serait nécessaire ou tout du moins complémentaire?

On essaye surtout de s'orienter vers le futur, d'aller vers un objectif déjà défini. Une personne vient me voir avec un problème et au lieu de rester bloquée, d'être passive, je vais lui proposer de regarder son problème sous un angle inédit, prendre un peu de hauteur et de recul pour aborder la chose plus sereinement, et donc plus efficacement, pour essayer de résoudre ce problème. Observer les évènements dans leur globalité et ainsi être capable de saisir les opportunités éventuelles. A partir de là, des changements, des transformations sont possibles. La psychothérapie, elle, se concentre aussi et surtout sur le passé du patient, d'où viennent les problématiques personnelles et familiales et j'en parle souvent avec ma femme qui pratique ce métier, ces deux activités étant assez complémentaires.


 

La part du déterminisme est importante, on reproduit souvent les comportements de nos parents. Comment aborder cet aspect dans le coaching?


J'aime justement l'idée que la famille fonctionne comme un système, il sera le même si un élément ne change pas. On reproduit les mêmes schémas, il est vrai, ou l'on fait tout ce qui est en notre pouvoir pour ne surtout pas ressembler à ses parents mais là encore cela ne règle pas toujours le problème. Il est donc important d'observer la constellation familiale car cela permet d'avoir une vue d'ensemble: les rapports entre les êtres, les hiérarchies visibles et moins visibles, les sentiments et ressentiments, pour essayer de régler les problèmes ensuite. 


 
Un coach impose-t-il ses propres grilles de lecture à ses clients?
 
Comme pour la psychologie, on attire un certain type de client en fonction des différentes étapes de notre vie. Par exemple, quand ma femme était enceinte, elle a reçu une grosse majorité de femmes qui voulaient avoir des enfants. Avec les réseaux sociaux aussi, les textes que l'on poste influencent également les gens partageant les mêmes centres d'intérêt que nous, c'est indéniable. Les mots résonnent et cela attire les gens ou pas d'ailleurs. Pour revenir sur votre question, on partage souvent les mêmes problématiques que nos clients, il faut donc mettre un cadre dès le départ. Si la problématique abordée nous touche directement car nous n'avons nous-mêmes pas encore fait le travail nécessaire pour la régler, il est plutôt recommandé de le dire à notre client pour ne pas venir court-circuiter le travail en cours. La franchise est la clé, on doit se faire mutuellement confiance pour avancer ensemble.


 
Vous ne vous impliquez donc pas personnellement?
 
Non, l'approche est différente. Le coach ne s'implique pas émotionnellement sinon il pourrait perdre le fil et ne plus travailler avec l'autre mais lui imposer ses vues, le priver de toute autonomie éventuelle. Cela ne nous empêche pas de développer de la sympathie pour lui, de compatir avec ses problèmes mais notre travail consiste à l'aider à s'en sortir et non pas à le conforter dans la complainte.
 
 
 
Vous accompagnez les gens mais vous ne décidez donc pas à leur place?
 
On se doit de rester en dehors de leur zone de décision, toujours. On représente un support, en aucun cas, nous exerçons la moindre pression sur l'individu, nous motivons les personnes mais toujours en leur demandant de regarder avec nous les résultats en cours pour les amener à aller vers leur autonomie. Il est avant tout question de confiance en soi, on a tous besoin d'être aidés mais on doit à un moment donné avancer tous seuls pour gagner son indépendance et se sentir plus épanouis. Je crois que personne n'est véritablement heureux en vivant sous des dépendances d'aucune sorte.
 
 
En ce qui concerne la confidentialité, êtes-vous soumis au "secret professionnel" comme les médecins par exemple?
 
Oui surtout qu'il nous arrive de travailler avec des sociétés concurrentes ou avec plusieurs personnes de la même entreprise, et il existe parfois des rancœurs pour ses collègues ou pour son supérieur hiérarchique, notre mission est donc de garder la transparence et parfois même de refuser d'aborder certains sujets où nos informations pourraient engendrer un conflit d'intérêt évident.


 
Vous parliez d’autonomie, sentez-vous précisément le moment où votre travail s'achève?
 
La coaching est souvent très court, les gens définissent avec nous un objectif, un plan d'action, une durée et l'idée est donc de l'atteindre dans le court terme. Il ne s'agit pas de mettre la pression mais d'avancer étape par étape mais en intégrant l'action à notre mode opérationnel.
 

 
J'imagine que les gens qui viennent vous voir sont souvent pressés et sous pression dans leur vie personnelle et professionnelle.
 
La première fois oui mais quand ils reviennent je vois déjà une évolution, ils prennent le temps, ils ne sont pas là par hasard, ils comprennent très rapidement que ce temps qu'ils vont prendre pour observer, réfléchir et agir est indispensable, qu'ils ne doivent pas le négliger au risque de se retrouver à nouveau dans une situation conflictuelle stérilisante pour eux.


 

Vous travaillez individuellement avec vos clients mais également avec plusieurs personnes dans le cadre d'une entreprise?

 

 

 

Oui et c'est pour cette raison que j'ai également fait une formation qui aborde la constellation systémique que j'ai un peu abordé tout à l'heure. En entreprise, le système fonctionne comme pour celui de la famille, les liens entre les gens en disent long sur la situation de l'entreprise, voilà pourquoi nous travaillons en groupe ou individuellement pour dénouer des nœuds relationnels.


 
Quel serait, selon vous, le frein principal dans les relations entre les employés et leur patron?
 
Il faut avoir une vision claire, savoir où va l'entreprise.


 
Vous parlez de valeurs collectives et préalablement définies?
 
Oui, car pour qu'une entreprise fonctionne, l'employé ou le manager doit s'identifier à l'entreprise, comprendre son rôle et l'intégrer au mieux pour tenir dans la durée. Un employé qui n'est pas en accord avec les valeurs de l'entreprise, développera du ressentiment, de la frustration. Même si ce n'est que professionnel, l'implication émotionnelle ne peut pas être totalement niée. On passe un maximum de temps sur son lieu de travail, avec ses collègues, si l'on est pas épanoui cela se ressentira sur la qualité de notre travail et nos relations avec nos proches et nos collègues, c'est inévitable.


 
Le monde de l'entreprise a pourtant tendance à nier cette portée émotionnelle...
 
Ceux qui font appel à nous, ne la nient pas, bien au contraire, ils essayent justement de lui accorder l'importance que vous semblez lui accorder. Nous essayons de faire en sorte que ces valeurs ne soient pas un simple slogan mais bien une réalité tangible dans la vie quotidienne de chacun au sein de l'entreprise. Tout est une question de communication et si elle ne passe plus, il fait essayer de la rétablir car là, je suis d'accord, l'entreprise court à sa perte ou risque de perdre des éléments importants pour son bon fonctionnement.
 
grégory rateau

Grégory Rateau

Rédacteur en chef du site lepetitjournal.com/Bucarest, chroniqueur à Radio Roumanie Internationale et écrivain
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