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EXPATRIATION - Corinne Levet (FIAFE): accueillir et créer du lien

Par Grégory Rateau | Publié le 11/12/2017 à 00:00 | Mis à jour le 27/12/2017 à 13:30
Photo : Conseil d'administration de la FIAFE
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Comment vivre dans un nouveau pays et se refaire des amis? Comment affronter le blues du retour après de longues années passées à l’étranger et se réadapter à son ancien mode de vie? Toutes ces questions que vous vous êtes peut-être déjà posé, nous les avons abordé avec la Présidente de la Fédération internationale des Accueils français et francophones d'expatriés, Corinne Levet. Actuellement en visite à l’accueil français de Bucarest et passionnée par sa mission, Corinne encourage les expatriés et les bénévoles de l'AFB à créer du lien et à promouvoir la francophonie.

 

équipe de Bucarest Accueil
l'équipe de Bucarest Accueil AFB

 


 

LePetitJournal.com de Bucarest: Vous êtes présidente de la Fédération internationale des Accueils français et francophones d'expatriés, un réseau qui offre notamment aux entreprises françaises, aux collaborateurs et à leurs familles des atouts pour mieux réussir leurs expatriations. Pouvez-vous nous préciser le rôle exact de la FIAFE?

 

Corinne Levet: La mission principale de la FIAFE c’est l’accueil, accueillir les Français, les francophones dans les pays étrangers où ils ont décidé de vivre. C’est un réseau rassemblant 150 associations que l’on appelle donc des accueils et qui sont présents dans 90 pays. Notre rôle n’est pas d’aider les entreprises directement, on cherche avant toute chose à créer du lien et à faire émerger des talents. Mettre les gens en relation pour qu’ils puissent se rencontrer et partager. Quand on arrive dans un nouveau pays, souvent, on ne connait personne, les enfants sont à l’école, le conjoint travail et on se sent vite isolé, cela est valable pour une femme mais aussi pour un homme. On crée donc les conditions nécessaires pour créer du lien, on organise des activités, dans les cafés, les musées... Les activités sont en réalité des prétextes pour mettre les gens en relation, qu’ils ne soient pas dépaysés. Quand on a des amis, on travaille plus sereinement. Je parlais aussi du fait de valoriser les talents car nous avons des bénévoles qui travaillent sur place pour organiser toutes les activités proposées, je tenais donc à saluer leur travail car ils sont très créatifs. Ma mission est de les encourager.

 

 

Vous venez aujourd’hui à la rencontre de l'AFB, Accueil des Francophones de Bucarest. Est-ce votre première fois en Roumanie? Si oui, aviez-vous des a priori sur ce pays?


Oui c’est ma première fois, et non, je n’avais pas le moindre a priori sur la Roumanie. Je suis séduite pour tout vous dire, c’est une ville très agréable, on sent la relation entre la France et la Roumanie dès que l’on arrive. J’étais avant dans d’autres villes pour ma tournée des différents accueils en Europe, telles que Sofia par exemple, et il y a ici quelque chose de tout à fait spécial. J’étais très curieuse de venir ici car on dit souvent que les Roumains sont les amis des Français car il y en a beaucoup qui vivent en France et cela s’est très vite vérifié. J’ai constaté qu’il y a encore pas mal de Roumains qui parlent le français, l’attachement à la culture française est bien réel. J’ai fait aussi un tour de la ville, dans le quartier ancien les petites rues étaient très animées, les gens sortent, discutent dans les cafés, les rues sont pavées, c’est très mignon, on se sent très bien ici.

 

 
Comment se situe l'AFB au sein de la FIAFE, en terme de nombre de membres, d'activités proposées, de taille ?


C’est un bel accueil, il commence à faire partie des plus gros accueils que l’on ait. Il y a dans nos accueils un nombre d’adhérents variant de 50 familles jusqu’à 800 familles adhérentes. Ici à Bucarest il y a à peu près 200 familles, c’est donc pas mal (rires). Ce qui m’impressionne à l’accueil de Bucarest c’est le nombre d’activités proposées et elles sont extrêmement variées, beaucoup sont ciblées autour de la culture, et de nombreuses rencontres sont mises en place à cet effet. L’équipe est également très soudée et très engagée. Les bénévoles ont plein d’idées, on sent qu’ils veulent développer encore plus de choses et qu’ils sont passionnés. Je suis très fière personnellement de l’énergie qu’ils ont déployé ici.

 


Pensez-vous que la francophonie rayonne encore ici en Roumanie?


Je pense que l’accueil de Bucarest peut jouer un rôle déterminant pour cela et que la nouvelle Ambassadrice de France en Roumanie à l’intention de profiter de la saison France-Roumanie en 2019 pour faire rayonner la francophonie. Les jeunes générations pensent que l’anglais est plus utile, l’apprentissage de la langue française a donc baissé mais cela peut changer. Dans tous les cas, les officiels ici ont très à coeur de promouvoir la langue française et ils ont déjà fait un beau travail dans cette direction. Il faut essayer de préserver cela, en Roumanie encore plus qu’ailleurs pour les points que nous avons énoncé. Les autres régions du pays sont beaucoup moins francophones mais Bucarest l’est énormément. C’est la langue française qui fait le lien, ce n’est pas le fait d’être Français, toutes les visites que l’on organise sont en français, nos débats, rencontres, échanges, on veut ne pas perdre cela.

 


Vous aidez également les familles qui souhaitent rentrer en France. En quoi exactement pouvez-vous leur venir en aide?

 

On a créé il y a deux ans de ça, un accueil à Paris qui prend en charge les gens qui reviennent des pays du monde entier. On a en tout 100 000 membres répartis dans 90 pays. On leur propose le traditionnel "café français", les cours de langue, les visites, les conférences, des espace pour que les francophones puissent se retrouver. On fait de plus en plus de choses en France parce que le gouvernement se rend compte qu’il y a une vraie difficulté pour ceux qui rentrent et surtout pour ceux qui ont vécu longtemps à l’étranger. Ils doivent se réadapter dans l’autre sens, c’est parfois aussi difficile qu’un départ. Des colloques sont organisés sur le sujet pour essayer de mettre en place des solutions car il y a encore beaucoup de choses à faire selon moi.  

 


Quelles genres de difficultés, le retour implique-t-il?

 

C’est parfois un vrai choc culturel, les gens ayant quitté la France il y a 20 ans de ça par exemple, et qui ne la retrouvent pas comme ils l'ont connu. Ils revenaient bien sûr pour les vacances, mais c’est très différent d'y vivre à plein temps. Souvent, leurs amis sont partis ou ils les ont tout simplement perdu de vue. Il y a aussi toutes les difficultés pratiques à surmonter, comme par exemple le fait d'inscrire ses enfants dans une école publique. Pour faire aboutir leurs demandes d'inscription, ces familles doivent impérativement avoir une adresse, la plupart des expatriés n'ont donc plus d'autre choix que de les inscrire dans des écoles privées et de payer. Le manque de temps joue un rôle important, il est vrai, mais aussi toutes les démarches administratives à faire avant de pouvoir retrouver ses marques. Il y aussi le côté émotionnel qui n'est pas négligeable, sentir que le pays a avancé sans eux, qu’il ne les a pas attendu, cela peut être très perturbant. Partager ce type de sentiments avec d’autres personnes, d’autres membres ayant vécu sensiblement la même chose, représente une aide précieuse et de belles amitiés peuvent naître à partir de ce lien, les adhérents me le disent régulièrement. Voilà pourquoi nous travaillons à les y aider avec toute nos équipes.

 

 

 

grégory rateau

Grégory Rateau

Rédacteur en chef du site lepetitjournal.com/Bucarest, chroniqueur à Radio Roumanie Internationale et écrivain
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