COUPLE FRANCO-ROUMAIN - Ioana et Julien

Par Grégory Rateau | Publié le 07/02/2022 à 00:00 | Mis à jour le 07/02/2022 à 10:53
couple franco-roumain ioana julien
Notre rédaction vous présente un nouveau couple franco-roumain, Ioana et Julien. Elle est roumaine, et lui est français, originaire de la Réunion. En famille, avec leurs deux enfants, ils ont décidé de revenir en Roumanie pour y démarrer une nouvelle vie.
 
 
Pouvez-vous nous présenter brièvement votre parcours ?
 
Ioana: J'ai 35 ans, je suis née dans une petite ville dans le nord-est de la Roumanie, à Dorohoi, près du village d'enfance de George Enescu. J'ai fait mes études en Finances et Banques à Iasi et à Grenoble. Aujourd'hui je travaille dans une entreprise dans le secteur informatique à Bucarest. 
 

Julien: Je suis originaire de la Réunion, et j’ai eu très tôt envie de découvrir le monde au-delà de mon petit caillou perdu au milieu de l’Océan Indien. Après le grand départ en métropole pour rejoindre mon école d’ingénieur, je me suis dit que je n’allais pas en rester là et j’ai voulu orienter ma carrière vers l’international. J'ai découvert la Roumanie en 2009.

 
Parlez-nous de votre première rencontre ?
 
Ioana: C'était un jour d'été, en juillet 2009. Je travaillais dans une des filiales d'une multinationale française à Suceava. Comme tous les matins, je passais dire bonjour à tout le monde et dans le bureau de l'équipe de qualité il y avait un nouveau collègue, un jeune brun, bien bronzé, avec un magnifique sourire. C'était Julien qui venait d'arriver à Suceava. 
 

Julien: J’étais en 3e année d’école d’ingénieur et j'effectuais mon PFE à Suceava. Nous organisions régulièrement des sorties entre collègues et je croisais de temps à autre cette belle jeune femme dans les couloirs qui travaillait dans un autre service de l’entreprise. Nos collègues respectifs ont facilité notre première rencontre autour d’un verre et nous ne nous sommes plus quittés depuis ! 

 
Qu’est-ce qui vous a plu chez l’autre ?
 
Ioana: Son physique. Au premier coup d'oeil, il ressemblait à un acteur de film, mate de peau, avec un côté très exotique. Après j'ai été impressionné par son intelligence, sa curiosité, sa culture générale "encyclopédique". Je l'ai trouvé très mûr pour son âge, totalement différent des jeunes Roumains de l'époque.
 

Julien: Sa bienveillance, sa beauté et son sourire ! Mais aussi son ouverture d’esprit dans un environnement social et professionnel qui ne cultivait pas vraiment cette valeur en 2010. J’ai compris très rapidement qu’elle serait la mère de mes enfants.

 

En pleine crise COVID, nous hésitions entre la Réunion, la métropole et la Roumanie et c’est la Roumanie qui rassemblait le plus de suffrages pour organiser notre nouvelle vie : rester en Europe pour accéder facilement à la culture, retrouver des racines et un cadre familial pour nos enfants, bénéficier d’une fiscalité intéressante pour les entreprises.

Julien, vous avez vécu dans différents pays pour le travail (Maroc, Slovaquie, Côte d'Ivoire, Maurice). Pourquoi revenir ici, en Roumanie ?

 

Nous étions expatriés depuis 10 ans avec un bon confort de vie, mais des éléments essentiels manquaient à la stabilité de notre couple et de notre famille (nous sommes parents de deux garçons) : mes longues absences du fait du travail, Ioana qui rongeait son frein à la maison en attendant de retrouver un emploi stable, les enfants qui grandissaient sans leur père et des racines qu’ils n’arrivaient pas à ancrer quelque part. J’avais également envie de créer ma société pour plus d’indépendance et d’autonomie. En pleine crise COVID, nous hésitions entre la Réunion, la métropole et la Roumanie et c’est la Roumanie qui rassemblait le plus de suffrages pour organiser notre nouvelle vie : rester en Europe pour accéder facilement à la culture, retrouver des racines et un cadre familial pour nos enfants, bénéficier d’une fiscalité intéressante pour les entreprises.

 

Julien, aviez-vous des a priori sur la Roumanie avant d'y venir pour la première fois?

 

L’idée de n’y trouver que des grandes blondes aux yeux bleus (rires).

 
Ioana, après 10 ans passés à l'étranger, trouvez-vous que le pays à changé?
 
Oui, je trouve que le pays a changé, mais malheureusement pas à la vitesse que la plupart des Roumains souhaiteraient... La population de 25 à 50 ans participe activement à la modernisation de l'économie et des mentalités, ils sont plus exigeants en termes de services et  moins tolérants avec la corruption. De plus, il y a davantage d'opportunités professionnelles qu'en 2010, et il me semble que les employeurs ont enfin de la considération pour les jeunes embauchés.
 
Comment vos enfants se sont-ils appropriés leurs deux cultures et comment se passe leur intégration?
 
Julien: Depuis leur naissance, ils entendent les deux langues à la maison. Malgré notre expatriation, nous n’avons jamais coupé les ponts avec les cultures française et roumaine, et nous organisions chaque année un retour aux sources.
 

Ioana: Notre installation s’est déroulée sans souci, si ce n’est pour le plus grand de nos fils qui a dû apprendre à évoluer dans un climat et des esprits plus rudes, lui qui n’avait vécu jusqu'alors que dans une ambiance plus légère et un environnement exotique plus chaleureux.

 

De manière un peu plus légère, y-a-t-il chez l'autre un trait de caractère proprement français, et proprement roumain que vous aimez ou que vous détestez ?

 
Ioana: La diplomatie française. Julien va toujours éviter les sujets sensibles, les discussions sur l'argent, la politique,...
 
Julien: Comme une très grande partie des Roumains, Ioana cultive abondamment l’esprit d’entraide, valeur qui se perd dans nos sociétés plus occidentales. Peu importe la situation et la difficulté dans laquelle vous vous trouverez, il y aura toujours quelqu’un qui connaît quelqu’un qui connaît quelqu’un pour tenter de vous aider. C’est très appréciable et cela crée des liens bien au-delà de son cercle de connaissances !

Un cliché lié à vos deux cultures respectives que vous avez su dépasser chez l'autre?
 
Ioana: Les Français peuvent être perçus comme arrogants, du fait sans doute de leur histoire et leur puissance passée dans le monde, et j'ai pu entendre ce même reproche ailleurs qu'en Roumanie. Cela dit, je ne tiens pas à généraliser et je ne m'arrête pas aux clichés !
 
Julien: J'ai pu simplement constater que de nombreux clichés sur la Roumanie étaient infondés et alimentés par des personnes qui n'y avaient sans doute jamais mis un pied ! 

 

Une expression, un dicton que vous avez appris dans les deux cultures ?
 
Ioana: "Chaque chose en son temps" pour dire qu'il faut avoir de la patience.

 

Julien: "Imediat !" qui veut aussi dire en roumain qu'il faut faire preuve de patience (rires).

 

 

Chronique réalisée avec le soutien de Bucarest Accueil

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Grégory Rateau

Rédacteur en chef et directeur du média LePetitJournal.com/Bucarest, ancien chroniqueur à RRI et écrivain
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