BUCAREST CENTENAIRE - L'institut Babes, une révolution paisible

Par Bucarest/Centenaire | Publié le 25/09/2018 à 00:00 | Mis à jour le 25/09/2018 à 00:00
Photo : Wikipedia / Cristian-Mihail Miehs
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Le médecin et professeur d'université, Victor Babes, a prouvé que la lutte pour le bien-être du peuple roumain, peut être menée dans les laboratoires d’un institut de recherche, dans les salons bondés de malades et dans les salles de cours de la Faculté de Médecine, formant les prochaines générations de chercheurs et de pharmaciens. Profitant de l’essor économique des Principautés Unies, et ensuite, de celui de la Grande Roumanie, il a mis en place de nombreuses techniques modernes, étudiées à Budapest, à Vienne ou à Paris, attirant ainsi l’attention des communautés scientifiques européennes sur le potentiel de l’école médicale roumaine.

 

Le chercheur était le fils unique de l’homme politique Vincentiu Babes, membre fondateur de l’Académie roumaine, dans les ranges de laquelle Victor Babes fut accepté en 1893. Les débuts de sa carrière médicale ont eu des résonances plutôt sombres, suite à la mort prématurée de sa sœur, Alma. Cette dernière souffrait de tuberculeuse, maladie que son frère étudiera en profondeur ; il s'intéressera également à la rage, la lèpre, la pellagre ou la diphtérie.

 

L’année 1887 représente un véritable tournant, puisque l’État roumain fonde l’Institut de Pathologie et Bactériologie de Bucarest, essayant de contrecarrer les effets funestes des maladies déjà mentionnées ; quelques mois plus tard, c'est ici que le professeur Victor Babes commence ses travaux de recherche qui s'étendront sur presque quatre décennies. En effet, il fallait examiner attentivement et dans un milieu stérile, les différentes étapes de manifestation du virus, avant et après son exposition aux antibiotiques. De plus, il était nécessaire d'avoir des cabinets et des laboratoires de recherche, équipés du point de vue technique, pour faciliter l’élaboration de produits pharmaceutiques de grande qualité. Confrontés au problème de trouver un espace convenable, les membres de l’institution ont eu recours à une solution temporaire, développant leurs activités dans l’ancien Palais Cantacuzino-Brancoveanu, qui avait été mis à leur disposition par le prince George Valentin Bibesco pour une période indéterminée.

 

Dans les dernières années du XIXe siècle, les travaux au siège de l’Institut Bactériologique démarrent sous la coordination de l’architecte Louis Pierre Blanc, l’immeuble faisant partie de la série des bâtiments publics commandées par le Ministère de l’Instruction Publique. Sa première pierre fut posée en 1897 et deux années plus tard, les derniers arrangements y furent apportés. L’ami suisse de l’architecte Ion Mincu, confirmait encore une fois son affinité pour l’académisme français, dont ses commanditaires publics ou privés étaient déjà habitués.

 

Les influences néo-classiques sont mises en valeur par la perfection de l'harmonie volumétrique, grâce aux formes rectangulaires des corps du bâtiment et à la technique du ressaut, qui marque l’entrée principale. La sobriété du décor extérieur semble atténuée par la perspective des fenêtres, au rez-de-chaussée on mise sur le jeu interne des châssis alors que l’étage supérieur étale ses socles, composés de petits pilastres qui semblent soutenir les fenêtres rectangulaires ou allongées, décrivant des arcs en plein cintre. Une petite coupole couronne l’ensemble, mais au lieu du frontispice classique, on retrouve, sous une voute romane classique, le nom officiel du centre de recherche, rebaptisé en mars 1925 L'Institut "Dr. Victor Babes".

 

On dit que le professeur Babes a prolongé son activité encore une année dans ce bâtiment qui portait son nom, et, quelques jours après sa retraite, le 19 octobre 1926, il rejoint pour l’éternité son prédécesseur, le médecin Carol Davila.     

 

Sources: E-architecture.ro, Ivb.ro

 

Ana-Maria Roșca

 

Article réalisé dans le cadre du Programme Culturel București - Centenar avec le soutien de Primăriei Municipiului București à travers Administrația Monumentelor și Patrimoniului Turistic 

 

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