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BUCAREST CENTENAIRE - Le Palais BNR, blason de l'indépendance

Par Bucarest/Centenaire | Publié le 08/08/2018 à 00:00 | Mis à jour le 08/08/2018 à 00:00
Photo : Wikipedia / Stefan Jurca
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Conformément aux archives de la Banque Nationale de Roumanie, après la mise sur le trône du seigneur Alexandru Ioan Cuza, plus de 30 députés demandaient aux autorités des Principautés Unis la création d’une banque de prêts fonciers. On affirmait qu’en l'absence des instituts de crédit, un état ne peut pas prospérer. Le groupement libéral réitérera chaque année cette demande, en affirmant en 1867: nous allons particulièrement améliorer nos finances, dès que nous aurons organisé le crédit par des banques agricoles et commerciales qui élèvera le commerce, l’industrie, l’agriculture […]; leur ténacité et celle d’autres penseurs modernes de l’époque a porté ses fruits en 1880 durant le premier mandat de Ion C. Brătianu – il va constituer la Banque Nationale de Roumanie en utilisant un capital exclusivement roumain, ayant pleinement le droit d’émettre des billets. Créé sur un plan bureaucratique, il était question maintenant de construire un siège digne de la principale institution bancaire d’un état européen.

 

 

Par la sécularisation des patrimoines des monastères en 1863, l’état est entré en possession du terrain sur lequel le Han (auberge) Șerban Vodă est situé, érigé à la fin du XVIIème siècle par le seigneur de la Valachie, Șerban Cantacuzino ; ressemblant à une cité, l’auberge était à son époque la plus grande et la plus sécurisée de la capitale, car elle appartenait à un autre établissement du voïvode, la Monastère Cotroceni. Sa démolition et l’implicite libération des terrains occupés par l’ensemble architectural commencent en 1883, un an après l’approbation du projet de construction du Palais BNR.

 

L’ouverture du chantier est officiellement inaugurée en 1884 ; les travaux exécutés par une équipe d’architectes et d'ingénieurs roumains respectent les plans établis par deux architectes français de renom: Cassien Bernard et Albert Galleron. Le bâtiment se voulait sur la mode des institutions publiques européennes, qui marque tant l’essor économique, politique et démographique de la capitale ainsi que la récente proclamation de l’indépendance du Royaume de Roumanie. On choisit le style surnommé éclectique académique, dominé par le classicisme et  la Renaissance française ; le décor extérieur est sombre, la façade principale redéfinissant la parfaite harmonie volumétrique des pavillons carrés.

 

L’ensemble ornemental sculptural se remarque par la souplesse des colonnes corinthiennes, trahies par les chapiteaux avec des feuilles d’acanthe. Y sont ajoutés les frontons des fenêtres et les voies principales d’accès, avec préférence pour les arcs en plein cintre (romans) qui alternent au niveau du premier étage avec les arcs brisés. Sous le burin des sculpteurs Ion Georgescu, Ștefan Ionescu Valbudea et Athanasie Constantinescu naissent trois couples statuaires : les représentations allégoriques du Commerce, de la Justice, de l’Agriculture et l’Industrie appartenant aux premiers des deux artistes. Au troisième sculpteur on doit le groupe sculptural sur le frontispice, représentant la dualité de la nature humaine – un homme et une femme ; les deux personnages encadrent l’horloge de l’édifice, élément caractéristique des sièges des institutions publiques érigées durant la période respective, tels que le Palais CEC ou le Palais de la Justice.  

 

Bâtiment admiré et incessamment loué par l’architecte Ion Mincu, il assemble parfaitement les trois arts platsiques classiques – l’architecture, la sculpture et la peinture. L’intérieur du Palais nous éblouit par la nature ostentatoire des décorations et le raffinement du mobilier. Il ne manque ni les colonnes ni les voûtes, ni les escaliers monumentaux, le marbre étant tenu en grande estime, surtout dans les espaces destinés à la communication avec le public. Les éléments picturaux, signés par le muraliste George Demetrescu Mirea, par Nicolae Grigorescu et Eugeniu Voinescu se retrouvent surtout au niveau supérieur de l’édifice, dans les bureaux de la direction, dans la Salle du Conseil de l’administration et dans les salles de réception. Des bas-reliefs, des moulures, statuettes ou peintures, tout est mis en valeur par la souplesse des tendances baroques qui misent sur la technique des ombres et de l’immanence du clair-obscur, soutenue par la volumétrie disproportionnée des pièces et de la lucarne centrale.   

 

En veillant tranquillement sur la rue Lipscani, l’Ancien Palais BNR représente l’un des bijoux architecturaux de la capitale, anticipant la Grande Union de 1918 car le bœuf de la Moldavie, l’aigle de la Valachie, le lion de l’Olténie et les deux dauphins de la Dobroudja ont été réunis à l’abri de sa coupole.

 

Sources: Bnr.ro, E-architecture.ro

 

Ana-Maria Roșca

 

Article réalisé dans le cadre du Programme Culturel București - Centenar avec le soutien de Primăriei Municipiului București à travers Administrația Monumentelor și Patrimoniului Turistic 

 

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1 Commentaire (s)Réagir
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GazarPro mer 08/08/2018 - 11:37

Excdellent article comme tous les autres dediés au patrimoine arhitectonique du pays.

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