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BUCAREST CENTENAIRE - George-Valentin Bibesco, Homo Viator

Par Bucarest/Centenaire | Publié le 13/10/2018 à 00:00 | Mis à jour le 29/10/2018 à 07:02
Photo : Wikipedia
gheorghe-valentin-bibescu

La vie du prince George-Valentin Bibesco semble tout droit sortie des romans d’aventure de Jules Verne. Pendant la période de l'entre-deux-guerres, il était considéré comme un des pilotes d'élite de la Roumanie, un homme merveilleux dans sa machine volante, reconnu au niveau mondial. Étant intéressé par tous les moyens de transport à grande vitesse, il ne se contentait pas de rester en simple observateur ou comme voyageur passif : aimant l’adrénaline, le volant ou le timon des automobiles, des navires et des avions semblaient être dans le prolongement de ses mains.  Homme de défi, il se distinguait des grands voyageurs du XXe siècle de par sa soif d'entreprendre: il a préféré ne pas se conformer à la tradition livresque et aux journaux de voyage, laissant comme son héritage au peuple roumain l'Automobile Club de Roumanie (ACR), le Club Aéronautique Roumain, la Ligue aéronautique nationale roumaine et l’Aéroport de Baneasa (l’Aéroport international Aurel Vlaicu) de Bucarest.

 


Le neveu du prince valaque de 1848 - Gheorghe Bibesco, est né le 22 mars 1880, dans la capitale des Principautés Unies. Sa formation, son activité didactique et même son mariage se retrouvent sous les auspices d’un imposant arbre généalogique, dont les rameaux constituaient les piliers d’une mentalité tout à fait particulière ; mentalité dont le couple George-Valentin et Marthe Bibesco se sont dédit avec nonchalance, défiant ainsi le milieu aristocratique auquel ils appartenaient. En 1902, le cadet des Bibesco épouse Marthe, la grâce féminine de la famille Lahovary, choisissant ainsi une coéquipière de confiance, une amie cultivée, belle et fière de la noblesse de ses origines. De la part de son père, il était descendant direct des Brancoveanu ; en ce qui concerne sa mère, la comtesse Valentine de Riquet de Caraman-Chimay, les sources historiques attestent des liens de parenté de celle-ci avec le premier empereur de la France, Napoléon Bonaparte.  

 

Il s’essaye à la technique du journal, sans démontrer un penchant particulier pour la littérature. Cependant, ses écrits ont une importante valeur documentaire : au début du XXe siècle, il avait parcouru en voiture la distance entre Genève et Bucarest, conduisant sur plus de 1800km. En 1904, Bibesco crée le premier club d’automobiles de Roumanie ; deux années plus tard, il survolera Bucarest dans un ballon venu de France, nommé pour l'occasion Roumanie, puis il obtient sa licence de pilote et fonde immédiatement l’École de pilotage de Cotroceni, suivant le modèle de l’institution de l’Hexagone, patronné par le pionnier de l’aviation française, Louis Blériot.

 

L’activité du pilote roumain et ses exploits ne sont pas restés inconnus du grand public, grâce aux articles publiés dans la revue Forces Aériennes Françaises, par le général français Pierre Paquier. Pendant la Grande Guerre, Bibesco a participé activement à la bataille pour la réalisation de l’idéal multiséculaire, c'est-à-dire l’unité d’état de tous les Roumains. Sous sa commande, les deux escadrilles de reconnaissance des forces aériennes roumaines, ont effectué plusieurs raids sur les territoires ennemis et dans des conditions si difficiles que les spécialistes français de la mission Berthelot avaient baptisé ces équipages de « joyeux maniaques du suicide ». Ceux, ainsi surnommés de manière amusée mais admirative, partageaient tous le même professeur de vol.

 

George-Valentin Bibesco est considéré comme un des pionniers de taille de l'aviation, exécutant de nombreux vols dans des pays comme la France, la Belgique, la Bulgarie, la Grèce, la Turquie, la Syrie ou encore l’Union Soviétique. Au début des années 30, il devient le président de la Fédération Aéronautique Internationale, initiant un accord aérien signé par 22 États et le Groupement de 42 aéroclubs ; qui a persisté jusqu’en 1940, rassemblant des membres des trois continents (l’Europe, l’Asie et l’Afrique).

 

Malheureusement, la fin du prince George-Valentin Bibesco est plutôt sombre, car il a vécu ses derniers jours dans une modeste réserve de l’hôpital Filantropia de Bucarest, étant cloué au lit et torturé par des douleurs atroces. Cependant, le sort de la Roumanie sur le fond de la Deuxième Guerre mondiale représentait le vrai motif de son trouble intérieur. Si on en croit le général Paquier, l’idée de la patrie roumaine était profondément ancrée dans son être, le poursuivant jusqu’à l’été de l’année 1941 - plus exactement, le 2 juillet, quand le pilote s'envola pour la dernière fois, vers l’éternité.

 

 

Sources : Rri.ro Marthe Bibesco, Journal politique, janvier 1939 - janvier 1941, Editura Politica, Bucarest, 1979.

 

 

Ana Maria Rosca

 

Article réalisé dans le cadre du Programme Culturel București - Centenar avec le soutien de Primăriei Municipiului București à travers Administrația Monumentelor și Patrimoniului Turistic 

 

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