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URBANISME - La cathédrale Saint Joseph enfin au bout de sa peine ?

Écrit par Lepetitjournal Bucarest
Publié le 1 janvier 1970, mis à jour le 10 février 2013

Une décision irrévocable de la Cour d'appel de Ploieşti oblige les autorités locales à prendre en charge la démolition de la tour de 75 mètres de haut construite à moins de dix mètres de la cathédrale catholique Saint Joseph au centre de Bucarest.

C'est sans doute la fin d'un marathon judiciaire qui aura tenu en haleine les catholiques de Roumanie pendant plus de six ans. Le 23 janvier dernier, la Cour d'appel de Ploieşti a rendu une décision irrévocable qui oblige les autorités locales à démonter l'immense tour de 75 mètres de haut construite à moins de dix mètres de la cathédrale Saint Joseph de Bucarest. "La mairie avait l'obligation de détruite le bâtiment depuis que la construction de celui-ci avait été déclarée illégale par une décision de la Cour d'appel de Suceava en 2010, mais comme rien n'a été fait, nous avons entamé ce nouveau procès, explique l'avocat de l'archevêché, Ofelia Barsan. Désormais, le maire de Bucarest a trente jours pour mettre en application cette décision de justice." La nouvelle a été reçue avec joie par l'archevêché. "L'impact juridique (de cette décision, ndlr) est extrêmement important car à partir de maintenant, il devient impossible de rendre le bâtiment légal", a affirmé au lendemain de cette décision Mgr Ioan Robu dans un communiqué. La compagnie Millennium Building Development, promoteur du projet immobilier, ne s'avoue pas vaincu pour autant. "Cette décision ne produira aucun effet puisque le propriétaire du bâtiment, Cathedral Plaza, n'a pas pris part au procès (…) et n'a pas pu se défendre", indique de son côté l'avocat du promoteur, Robert Roşu, dans un communiqué.

Une démolition encore lointaine
"Techniquement parlant, la démolition est tout à fait possible. Il s'agit d'une structure métallique avec des planchers de béton qui peut être démontée par une société spécialisée, assure l'architecte Dan Marin, qui connaît bien le dossier. Mais le problème du coût est plus délicat car il est question de plusieurs millions d'euros." Une question se pose donc : qui va payer ? Le maire de Bucarest, Sorin Oprescu, a promis qu'il respecterait la loi. Dans une émission de télévision fin janvier, il a toutefois dit vouloir attendre la motivation de la Cour."Ce qui m'intéresse maintenant est de savoir où je récupérerai l'argent pour cette démolition, car il s'agira de fonds publics", a-t-il précisé. Le chemin reste donc long jusqu'à la disparition définitive de la tour. Mais cette nouvelle victoire de l'archevêché est un soulagement pour les dirigeants de l'Eglise catholique de Roumanie. "Après plus d'une quinzaine de procès depuis 2006, cette décision prouve que les choses commencent à fonctionner normalement en Roumanie, note le porte-parole de l'archevêché, Francisc Dobos. Durant toutes ces années, la justice a été très influençable et nous avons failli perdre à plusieurs reprises."
Jonas Mercier (www.lepetitjournal.com/Bucarest) lundi 11 février 2013

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Publié le 11 février 2013, mis à jour le 10 février 2013
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