Édition internationale

SOCIETE - Une nouvelle étude sur la migration et l'éducation des Roms

Écrit par Lepetitjournal Bucarest
Publié le 1 janvier 1970, mis à jour le 23 avril 2013

Présentée lundi lors d'une conférence internationale organisée à Bucarest, une nouvelle étude sur les Roms nuance un certain nombre d'idées reçues sur cette communauté en Roumanie. László Andor, commissaire européen de l'emploi, des affaires sociales et de l'inclusion, était présent, accompagné de Mariana Câmpeanu, ministre roumaine du travail, de la famille, de la protection sociale et des personnes âgées.

Photo : D.R.

Cette étude, menée en 2012 par l'association Impreuna et intitulée "les Roms de Roumanie, entre bouc-émissaires et moteur de croissance", constate par exemple que la communauté rom ne serait pas plus encline à la mobilité et à l'émigration que les autres. Le rapport montre notamment une part égale dans l'émigration roumaine entre les familles roms et non-roms (19% des familles interrogées déclarent qu'au moins un de leurs membres est parti à l'étranger). Il établit même qu'à l'intérieur des frontières roumaines, les flux migratoires sont moins importants chez les Roms que chez les autres Roumains (5% contre 7,7%). Les destinations étrangères les plus courantes parmi les migrants roumains sont l'Italie et l'Espagne (Roms et non-Roms à égale mesure), tandis que la France semble toutefois être une destination plus ciblée par les Roms. Autre différence, ces derniers disent plus souvent émigrer pour échapper à la pauvreté (à hauteur de 40%) que les non-Roms (12%). Dans son intervention, la ministre roumaine Marianna Câmpeanu a préconisé une stratégie par l'éducation plutôt qu'une stratégie de l'exclusion. A ce titre, elle a jugé que la solution française, qui consistait à donner de l'argent aux gens pour les renvoyer dans leur pays, n'était pas la bonne. Le commissaire européen László Andor a quant à lui conclu que "l'insertion des Roms doit être perçue comme un investissement et non comme un coût".

Trois fois plus de Roms diplômés qu'il y a quinze ans
L'étude d'Impreuna fait également état de ?tendances positives? malgré les disparités persistantes en termes de logement, d'emploi, d'accès à l'éducation et à la santé : l'occupation illégale de logements par des Roms a par exemple baissé de 37% - selon une autre étude publiée en 1998 - à 12,5% aujourd'hui. Du point de vue de l'éducation, l'étude montre que seuls 17,1% des jeunes Roms sont diplômés du lycée et de l'enseignement supérieur en Roumanie, contre 60% des autres jeunes Roumains. Toutefois, comme l'a souligné l'agence Mediafax lundi, elle révèle par ailleurs que le nombre de jeunes Roms diplômés a triplé depuis 1998.

François Gaillard (www.lepetitjournal.com/Bucarest) mercredi 24 avril 2013

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Publié le 23 avril 2013, mis à jour le 23 avril 2013
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