

Conférence la semaine dernière du Conseil national des Sicules. (Photo: antena3.ro)
Depuis le week-end dernier et jusqu'à début mars, les Magyars d'une vingtaine de localités de Transylvanie (centre du pays) sont appelés à se prononcer sur une éventuelle autonomie territoriale. Le Président Traian Basescu a déclaré lundi, lors d'une conférence de presse avec son homologue hongrois Laszlo Solyom en visite officielle à Bucarest, qu'il jugeait ce référendum "illégal". Traian Basescu a critiqué cet "acte non constitutionnel sur le territoire d'un État indivisible et souverain." De son côté, le Président hongrois a affirmé que "l'autonomie culturelle (était) quelque chose de naturel au sein de l'UE (?) tandis que l'autonomie territoriale n'est possible que si elle est en accord avec la constitution nationale."
Un référendum jugé "inutile"
La Constitution roumaine reconnaît les droits de 18 minorités garantissant ainsi la préservation des traditions, et prévoit leur représentation au Parlement. Interrogé par lepetitjournal.com, Varujan Pambuccian, leader du groupe parlementaire des minorités nationales à la Chambre des députés, estime que "ce référendum n'a pas de sens puisque les Magyars ne pourraient pas supporter financièrement le fonctionnement d'institutions propres. Sans budget viable pour assurer l'indépendance territoriale, les minorités doivent se contenter de l'indépendance culturelle et rester rattachées à une entité plus importante."De son côté, le président de l'Union démocratique des Magyars de Roumanie (UDMR) Marko Bela a jugé mardi dernier cette consultation informelle "inutile" car elle ne rentre pas "dans le cadre de la légalité."
En faveur de l'autonomie?
Les Magyars sont le principal groupe ethnique constitutif de la Hongrie: neuf millions y habitaient en 2004. Après le démembrement de l'empire austro-hongrois en 1920, ils ont constitué une minorité nationale en Roumanie. Celle-ci compte 1,4 million d'individus, dont 500.000 Sicules magyarophones qui se concentrent dans trois départements concernés par le "référendum": Mures, Covasna et Harghita. Même si les résultats ne seront connus que début mars, le Conseil national des Sicules assure que "100% des habitants des zones consultées jusqu'à présent se sont déclarés d'accord avec l'autonomie."
Marianne RIGAUX. (www.lepetitjournal.com - Bucarest) lundi 19 février 2007







