La Roumanie entre en récession technique, le gouvernement évoque une phase de correction économique.


Selon les données publiées par l’Institut national de la statistique (INS), le produit intérieur brut de la Roumanie a reculé de 1,9 % au quatrième trimestre 2025 par rapport au trimestre précédent, confirmant l’entrée du pays en récession technique après deux périodes consécutives de contraction économique.
En comparaison annuelle, le PIB a diminué de 1,6 % au quatrième trimestre, tandis que sur l’ensemble de l’année 2025, la croissance économique s’est limitée à 0,6 %. Les statistiques ont également fait l’objet de révisions après l’intégration des dernières estimations trimestrielles, conformément aux pratiques européennes.
Le Premier ministre Ilie Bolojan a estimé que cette situation constitue « un coût anticipé et inévitable » lié au changement de modèle économique. Selon lui, la Roumanie passe d’une économie fondée sur la consommation et les déficits budgétaires à une structure reposant davantage sur l’investissement, la productivité, les exportations et la discipline budgétaire. Il affirme que le pays ne traverse pas une crise, mais une période de correction nécessaire destinée à rétablir des bases économiques plus solides.
Le chef du gouvernement souligne que l’année 2024 avait été marquée par des déficits élevés — proches de 8 à 9 % du PIB — sans véritable accélération de la croissance, une grande partie des dépenses ayant soutenu la consommation et les importations plutôt que le développement économique durable. Les mesures de consolidation budgétaire engagées en 2025 auraient entraîné des coûts sociaux, mais viseraient à rééquilibrer l’économie à moyen terme.
Selon ses prévisions, la stabilisation devrait intervenir dans la seconde moitié de 2026, portée par le maintien des investissements et une progression attendue des exportations. Il reconnaît toutefois que l’ordre d’application des mesures de réduction du déficit n’a pas été optimal.
L’opposition sociale-démocrate critique vivement la politique économique du gouvernement. Son dirigeant, Sorin Grindeanu, estime que l’austérité, la hausse des taxes et l’augmentation du coût de la vie ont confirmé le malaise ressenti par la population. Tout en assumant une part de responsabilité, il accuse le Premier ministre d’avoir imposé des décisions économiques contestées et mal orientées.







