Une artiste virtuelle, conçue à l’aide de l’intelligence artificielle, s’est hissée en tête des tendances roumaines sur TikTok et les plateformes de streaming. Baptisée Lolita Cercel, elle a cumulé en quelques semaines des millions de vues, provoquant une onde de choc dans le milieu artistique.


Derrière ce projet se trouve un jeune créateur qui se fait appeler Tom. À ce jour, sept morceaux ont été publiés sous l’identité de cette chanteuse générée par algorithmes, déjà reconnue comme « artiste vérifiée » sur une grande plateforme de streaming. Ce succès fulgurant a rapidement suscité des réactions contrastées. Sur TikTok, de nombreux utilisateurs citent Lolita Cercel ou tentent d’en reproduire l’esthétique musicale, y compris des artistes émergents. Mais cette popularité ne fait pas l’unanimité.
Une partie des musiciens dénonce une concurrence jugée déloyale. Ils rappellent que la reconnaissance artistique exige souvent des années de travail et estiment que la musique produite par l’intelligence artificielle pose de sérieuses questions éthiques.
La polémique prend également une dimension sociale. L’activiste Alexandra Fin alerte sur l’utilisation de l’identité culturelle rom dans ce projet. Selon elle, il est profondément problématique qu’une culture historiquement marginalisée soit exploitée à des fins commerciales à travers un personnage virtuel. Elle souligne que, tandis que de véritables artistes roms peinent à être reconnus, une identité rom fictive devient soudainement valorisée et rentable.
Dans ce contexte tendu, certains internautes appellent au blocage du compte TikTok de Lolita Cercel, voyant dans ce geste une forme de protestation contre la banalisation des contenus musicaux générés par l’intelligence artificielle au sein de l’industrie musicale.







