RISE Project lance une enquête sur le harcèlement sexuel dans le système éducatif

Par Lepetitjournal Bucarest | Publié le 14/06/2022 à 00:00 | Mis à jour le 14/06/2022 à 14:41
Photo : Mihai Surdu / Pixabay
MeToo

RISE Project, a lancé une enquête sur les cas de harcèlement sexuel qui se sont déroulés et se déroulent encore dans le système éducatif roumain. L'association RISE Project est une organisation roumaine de journalisme à but non lucratif, fondée par un groupe de journalistes d'investigation, d'activistes et de programmeurs qui visent à exposer toutes sortes de problèmes sociaux dont souffre la Roumanie.

 

Aux côtés de l'association ANAIS, RISE Project a lancé le projet "Catedra de abuz". Le projet est soutenu financièrement par le Fonds des citoyens actifs de Roumanie, sur la base d'une subvention reçue de la Norvège, du Liechtenstein et de l'Islande.

Son objectif est d'étudier la question en profondeur afin de fournir de nouvelles données qui montreraient à quel point le harcèlement sexuel est répandu et courant dans les établissements d'enseignement roumains et de mettre en évidence son caractère systémique. Les associations partenaires souhaitent rendre les données collectées visibles et facilement lisibles pour tous, elles ont donc conceptualisé une carte interactive, basée sur des décisions de justice et des cas documentés par la presse qui montrent où ces cas d'abus se sont produits.

Le groupe de journalistes et l'ONG ont une approche à deux volets pour leur enquête, qui doit se dérouler entre décembre 2022 et janvier 2024. Premièrement, RISE Project a mis en place un formulaire sur leur site internet que les victimes, ainsi que les témoins de harcèlement sexuel et/ou d'abus sexuels, peuvent remplir afin de raconter leur histoire en toute confidentialité. Deuxièmement, l'Association ANAIS coordonne une étude exploratoire dans trois universités roumaines et cinq lycées afin de recueillir des données. Selon RISE Project, il s'agit de l'étude la plus complète de ce type jamais réalisée en Roumanie.

Une autre composante importante du projet est le soutien offert aux victimes. L'association ANAIS soutiendra directement 15 victimes d'abus sexuels, en leur offrant des conseils psychologiques et juridiques afin de les aider à gérer leurs expériences traumatisantes.

Selon RISE Project et ANAIS, bien que le harcèlement et les abus sexuels soient inclus dans le Code pénal, et donc punissables par la loi, le phénomène est la plupart du temps ignoré par les autorités.

Les initiateurs du projet disent qu'il n'y a pas de méthodes de prévention mises en place, pas de programmes de sensibilisation ou de soutien aux victimes, et qu'il n'y a pas de statistiques appropriées sur les niveaux de harcèlement sexuel qui se produisent dans le système éducatif. La plupart des cas ne sont pas signalés aux autorités et les enseignants responsables d'abus restent en poste pendant des années, continuant de nuire aux nouvelles générations.

Des données recueillies par l'association ANAIS montrent que 30 % des étudiantes déclarent avoir été victimes de harcèlement sexuel au cours de leurs études. Et ce nombre passe à 1 femme sur 2 à l'université. « Nous avons interrogé les universités sur des cas d'abus et de harcèlement sexuels. La plupart ont dit qu'ils n'avaient pas de telles situations. Des études menées par des ONG disent le contraire. Si tant d'histoires d'abus sexuels et de harcèlement dans les universités parviennent aux oreilles des militants, comment se fait-il que la plupart des universités roumaines aient répondu qu'elles n'avaient pas enregistré de telles situations au cours des 5 dernières années ? » a déclaré le journaliste RISE Projetc, Matei Barbulescu, pour Libertatea.

 

 

 

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Grégory Rateau

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