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POLITIQUE - Crin Antonescu met le Parti national libéral (PNL) au pas

Écrit par Lepetitjournal Bucarest
Publié le 1 janvier 1970, mis à jour le 24 février 2013

 Le leader libéral a profité du congrès du PNL de ce week-end, où il a été réélu président sans difficulté, pour faire passer plusieurs modifications dans le fonctionnement du parti lui permettant d'avoir plus de contrôle. Il compte ainsi faire taire les critiques à son égard qui se font de plus en plus virulentes tout en confortant ses aspirations à (re)devenir président

Photo : http://crinantonescu.pnl.ro

Le torse bombé, le menton relevé et un sourire satisfait, Crin Antonescu paraissait intouchable ce week-end lors du congrès extraordinaire du PNL. L'ancien professeur d'histoire devenu l'un des hommes forts du pays a savouré avec suffisance le score stalinien (1.434 votes pour, 44 contre) qui l'a reconduit à la tête du parti. Il faut dire qu'il n'avait pas de "contre candidat". Mais cette réélection sans appel cache une série de modifications capitales dans le fonctionnement de la formation politique. Le président du PNL a en effet, sans trop d'opposition, fait adopter un changement de statut qui lui permet d'asseoir son pouvoir. "Il s'agit d'un statut parfaitement démocratique, a-t-il insisté. Plus démocratique que tous les autres statuts qu'a eu le parti depuis 1990." L'une des principales modifications est l'augmentation du nombre de vice-présidents, qui seront 31 au lieu de quinze. Mais ceux-ci ne se réuniront au sein du bureau politique national qu'une fois par mois, contre une fois par semaine jusqu'à maintenant. Durant cet intervalle, le président du parti aura en quelque sorte les pleins pouvoirs. Pour la majorité des analystes politiques, le petit jeu de Crin Antonescu est clair comme de l'eau de source : le leader libéral souhaite mieux contrôler le parti pour assouvir son ambition présidentielle. "Il cherche une modalité pour faire taire les critiques au sein du parti sur l'alliance avec les sociaux-démocrates", assure l'éditorialiste d'Evenimentul zilei, Sergiu Silviu.

Dissidence au sein du parti
Si Crin Antonescu peut se vanter d'avoir mené le PNL vers son meilleur score électoral depuis la chute du communisme lors des dernières législatives, il soulève à l'intérieur de sa formation politique une vague de critiques de plus en plus marquées, notamment par un groupe de dissidents mené par Andrei Chiliman, le maire du secteur 1 de Bucarest et l'un des libéraux les plus respectés, et l'ancien Premier ministre C?lin Popescu T?riceanu. "Faites attention à ne pas remplacer Traian B?sescu par un autre individu moins bien préparé et plus méchant que lui, sans caractère ni honnêteté", déclarait sans ambages Andrei Chiliman en parlant de Crin Antonescu début novembre lors du lancement des candidatures du PNL pour les élections législatives. Une petite phrase qu'Antonescu a difficilement avalé. Pour ce dernier, Andrei Chiliman est désormais un "traitre" du parti, et C?lin Popescu T?riceanu "son second". Et pour répondre aux critiques qui l'accusent de manquer d'ouverture, Crin Antonescu a facilité l'élection de Klaus Iohannis au poste de premier vice-président du parti. Avec cette nouvelle venue, le leader libéral espère profiter de la réputation d'intégrité et de professionnalisme du maire de Sibiu (d'origine allemande) pour attirer une nouvelle vague de sympathie au PNL et à sa direction. "Cette option choisie par Crin Antonescu pourrait toutefois se retourner contre lui plus rapidement qu'il ne le croit, car Klaus Iohannis pourrait à terme devenir un potentiel concurrent", estime Sergiu Silviu. Jonas Mercier (www.lepetitjournal.com/Bucarest) lundi 25 février 2013

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Publié le 25 février 2013, mis à jour le 24 février 2013
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