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L’économie roumaine montre ses premiers signes de stabilisation

Après plusieurs mois marqués par les déséquilibres budgétaires et extérieurs, l’économie roumaine commence à montrer des signes de rééquilibrage, selon le ministère des Finances.

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Écrit par Lepetitjournal Bucarest
Publié le 16 août 2026, mis à jour le 17 août 2026

Au deuxième trimestre 2026, le PIB s’est contracté de 0,4 % sur un an, une baisse nettement moins importante qu’auparavant. Sur une base trimestrielle, l’activité économique est par ailleurs restée globalement stable, d’après les dernières données de l’Institut national de la statistique (INS).

Le ministère des Finances estime que ces chiffres témoignent des premiers effets du processus d’ajustement engagé par la Roumanie. L’investissement et les exportations nettes jouent désormais un rôle plus important dans l’économie, tandis que la consommation des ménages ralentit.

« Les données du début de l’année 2026 fournissent les premiers signes de ce processus de rééquilibrage : la contraction économique s’est atténuée, les investissements financés par des fonds européens ont accéléré, la contribution des exportations nettes s’est améliorée, le déficit extérieur se réduit et l’inflation a renoué avec une trajectoire descendante », a déclaré le ministre des Finances, Alexandru Nazare.

Selon lui, le prochain défi consiste désormais à transformer cette stabilisation en une croissance économique durable.

L’investissement devient un moteur essentiel

Dans cette phase d’ajustement, l’investissement apparaît comme l’un des principaux soutiens à l’activité économique. Il pourrait également permettre à la Roumanie de passer progressivement de la stabilisation à une nouvelle phase de croissance.

Cette dynamique est particulièrement visible dans le secteur de la construction, qui continue de bénéficier des projets d’infrastructures, mais aussi dans les investissements financés par les fonds européens.

Au premier semestre 2026, ces investissements sont passés de 27,2 à 42,5 milliards de lei, soit une progression de 56 %.

Le ministère souligne que leurs effets dépassent leur contribution immédiate au PIB. Les projets consacrés aux infrastructures de transport et à l’énergie peuvent renforcer les capacités de production du pays à moyen et long terme, notamment en réduisant les coûts logistiques, en améliorant la connectivité et en renforçant la sécurité énergétique.

Des infrastructures plus performantes pourraient également favoriser le développement de la production nationale, attirer davantage d’investissements privés et faciliter l’intégration des entreprises roumaines dans les chaînes européennes de production et de distribution.

Les exportations commencent à soutenir la croissance

L’évolution des exportations nettes constitue un autre signe de rééquilibrage.

Leur contribution à la croissance économique est devenue positive au quatrième trimestre 2025, dans un contexte marqué par une progression plus modérée des importations et une hausse des exportations.

Cette évolution est particulièrement importante pour une économie qui reposait largement sur la consommation pour soutenir sa croissance, au prix de déficits commerciaux et courants importants.

Entre janvier et mai 2026, le déficit courant de la Roumanie s’est réduit de 5,4 % par rapport à la même période de 2025. Le déficit commercial sur les biens a diminué de 3,9 %, tandis que les exportations ont progressé de 2,3 % et que les importations n’ont enregistré qu’une hausse limitée.

Le ministère rappelle toutefois que la correction du déficit extérieur doit être analysée en tenant compte du niveau élevé des investissements. L’achat d’équipements, de technologies et de biens d’investissement peut en effet entraîner une hausse temporaire des importations.

À moyen terme, la modernisation de l’appareil productif devrait toutefois permettre d’améliorer la compétitivité, de réduire la dépendance à certaines importations et de renforcer les capacités d’exportation du pays.

L’inflation commence également à ralentir

L’évolution des prix constitue un autre signal encourageant. L’inflation annuelle est passée de 10,42 % en juin à 8,2 % en juillet, repassant ainsi sous la barre des 10 %.

Même si le niveau reste élevé, le ministère des Finances estime que ces chiffres témoignent d'une reprise du processus de désinflation. Cette tendance pourrait se renforcer à partir d’août, à mesure que les effets de base liés aux mesures fiscales adoptées l’année dernière commenceront à disparaître.

Le ralentissement de la consommation et de la progression des salaires contribue également à réduire les pressions sur les prix. Les tensions géopolitiques et la volatilité des cours internationaux de l’énergie restent toutefois des facteurs de risque.

Une baisse durable de l’inflation serait également favorable à la reprise économique. Une diminution des pressions sur les prix permettrait progressivement aux revenus réels de se redresser et créerait les conditions d’un retour progressif de la consommation.

Vers un nouveau modèle de croissance

Les dernières données dressent ainsi le portrait d’une économie engagée dans un processus de rééquilibrage progressif.

La consolidation budgétaire et le ralentissement de la consommation contribuent à corriger les déséquilibres accumulés ces dernières années, tandis que les investissements, notamment ceux financés par les fonds européens, soutiennent le développement des infrastructures et l’augmentation des capacités de production.

Le principal défi consiste désormais à faire évoluer le modèle de croissance roumain vers une économie davantage fondée sur l’investissement, la productivité et la compétitivité extérieure, plutôt que sur une consommation soutenue par l’accumulation de déficits publics et extérieurs.

Pour le ministère des Finances, la consolidation budgétaire ne doit donc pas se limiter à la réduction du déficit. Elle doit également créer les conditions nécessaires à une croissance plus saine et plus résistante aux chocs.

« Une croissance économique durable ne peut pas être construite en stimulant la consommation grâce à des déficits publics toujours plus importants, mais sur l’investissement, la productivité, la compétitivité et un cadre budgétaire stable capable de soutenir le développement sans créer de nouveaux déséquilibres », a souligné Alexandru Nazare.

L’investissement productif, le développement des infrastructures, l’utilisation des fonds européens, le renforcement de la compétitivité et l’augmentation des exportations apparaissent ainsi comme les principaux leviers permettant à la Roumanie de passer de la stabilisation à une croissance économique durable.

lepetitjournal.com bucarest
Publié le 17 août 2026, mis à jour le 17 août 2026
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