Le niveau du Danube est tombé à 182 centimètres mercredi matin à Cernavodă, passant sous le seuil de 185 centimètres considéré comme nécessaire au fonctionnement normal de la centrale nucléaire. Face à cette situation, la procédure d’arrêt contrôlé du réacteur n° 2 est programmée pour jeudi 13 août à 7 heures.


Le ministre de la Défense par intérim, Radu Miruță, a indiqué que les différentes interventions menées ces derniers jours avaient permis de prolonger d’environ une semaine le fonctionnement du réacteur, dont l’arrêt était initialement envisagé dès la semaine dernière.
Selon le ministre, les opérations réalisées par les autorités chargées de la gestion des eaux, avec l’appui du ministère de la Défense, ont permis de maintenir temporairement le niveau nécessaire au refroidissement du réacteur.
Plusieurs interventions ont été menées dans le secteur, notamment sur une formation rocheuse située à proximité du bras de Bala, ainsi que des opérations de dragage et la mise en place de barges. L’objectif était de modifier localement l’écoulement du Danube afin de maintenir un volume d’eau suffisant à proximité de la centrale.
Ces opérations ont été réalisées sur la base d’une évaluation technique de l’Administration nationale des eaux, qui avait demandé au ministère de la Défense de participer notamment à la destruction contrôlée de la formation rocheuse.
Les premières estimations tablaient sur un prolongement du fonctionnement de l’unité 2 d’environ neuf jours. Dans les faits, les interventions ont permis de gagner directement deux à trois jours. Comme l’arrêt avait initialement été programmé plus tôt, leur effet cumulé a toutefois permis de maintenir le réacteur en fonctionnement pendant près d’une semaine supplémentaire.
Radu Miruță a également souligné l’intérêt économique de ces interventions. Selon les calculs de Nuclearelectrica, les dépenses engagées auraient été compensées même si elles n’avaient permis de prolonger le fonctionnement de la centrale que d’une seule journée.
Mercredi matin, le niveau du fleuve atteignait donc 182 centimètres à Cernavodă, soit trois centimètres de moins que le seuil de 185 centimètres.
La décision d’arrêter le réacteur n° 2 est par conséquent maintenue. Le processus commencera jeudi à 7 heures et ne consistera pas en une coupure immédiate : la puissance du réacteur sera progressivement réduite selon une procédure précisément établie.
« Il s’agit d’un processus très précis et toutes les étapes sont connues », a expliqué Radu Miruță, estimant par ailleurs qu’une remontée suffisamment importante du Danube dans un délai aussi court était peu probable.
L’arrêt complet du réacteur devrait intervenir vers midi.
Le directeur de la centrale nucléaire de Cernavodă, Romeo Urjan, a confirmé que l’unité 2 commencerait sa procédure d’arrêt contrôlé jeudi matin.
L’opération doit durer plusieurs heures. Le réacteur devrait être complètement arrêté et déconnecté du réseau électrique national aux alentours de midi.
Nuclearelectrica avait annoncé mardi que l’unité pourrait être mise à l’arrêt le 13 août en raison du débit exceptionnellement faible du Danube. Le ministère de l’Énergie avait alors précisé que les préparatifs techniques avaient déjà commencé et qu’il s’agissait d’une procédure standard destinée à garantir la sûreté de l’installation.
La situation intervient alors que l’unité 1 de Cernavodă est déjà à l’arrêt depuis la fin du mois de juillet. Cette interruption a réduit d’environ 10 % la production électrique nationale, au moment où les fortes chaleurs continuent de stimuler la demande d’électricité.
En temps normal, la centrale de Cernavodă représente environ 20 % de la production totale d’électricité de la Roumanie.
L’arrêt temporaire du deuxième réacteur va donc priver le réseau national d’une capacité de production supplémentaire importante et accentuer la pression sur le système électrique, alors que le pays fait face simultanément à une forte consommation liée à la vague de chaleur et à une situation hydrologique exceptionnellement défavorable.







