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Réforme salariale : réunion décisive entre partis à Cotroceni

Les dirigeants de l’ancienne coalition gouvernementale — le président du PSD Sorin Grindeanu, le chef du PNL Ilie Bolojan, le leader de l’USR Dominic Fritz et celui de l’UDMR Kelemen Hunor — se réunissent mardi au palais de Cotroceni avec le président Nicușor Dan pour une nouvelle série de discussions consacrées à la loi sur la rémunération unifiée du secteur public, un jalon du PNRR d’un montant de 770 millions d’euros, déjà reporté par quatre gouvernements successifs.

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Presidency.ro
Écrit par Lepetitjournal Bucarest
Publié le 10 août 2026, mis à jour le 11 août 2026

Ces échanges, initiés par le chef de l’État, interviennent au 98e jour de la crise politique que traverse la Roumanie. Le PSD, d’un côté, et le PNL, l’USR et l’UDMR, de l’autre, ne sont toujours pas parvenus à s’entendre sur la formation d’un nouveau gouvernement.

Ces dernières semaines, plusieurs réunions techniques ont déjà eu lieu à Cotroceni entre le conseiller présidentiel Radu Burnete et des représentants des partis, dont Raluca Turcan pour le PNL et Florin Manole pour le PSD.

Selon des sources proches des discussions, aucun accord n’a encore été trouvé, bien que les divergences de fond restent limitées. Les mêmes sources évoquent également l’absence de consensus entre le ministre du Travail par intérim, Dragoș Pîslaru, et le ministre de la Santé par intérim, Cseke Attila, notamment sur la refonte des grilles salariales.

Dans un message publié lundi sur Facebook, Dragoș Pîslaru a estimé qu’il s’agissait « très probablement de la dernière semaine » pour parvenir à un accord politique avant l’échéance du 31 août fixée par le PNRR, au-delà de laquelle la Roumanie risque de perdre les financements associés.

Des sources au sein du PSD jugent toutefois peu probable que le projet de loi soit déposé et adopté par le Parlement d’ici la fin du mois.

Vendredi, le Premier ministre par intérim Ilie Bolojan déclarait sur RFI qu’aucune « forme d’accord » n’était encore prête à être soumise au Parlement, tout en estimant qu’un texte pourrait être adopté dans les prochaines semaines.

Les dirigeants politiques espèrent désormais parvenir à une version finale du projet susceptible de limiter les mécontentements des différentes catégories professionnelles et d’être adoptée sans modifications majeures par les commissions parlementaires.

La loi salariale attise la colère dans la santé

Le premier projet de loi, rendu public en juillet par le ministère du Travail, a suscité une vive opposition. Les syndicats de la Fédération Sanitas, représentant les travailleurs de la santé, ont organisé des manifestations et lancé une grève générale fin juin.

Au-delà du mécontentement des fonctionnaires, le texte a également ravivé les tensions politiques. Le PSD a ainsi adressé une lettre à la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, demandant un soutien pour « protéger l’éducation et la santé » dans le cadre de la réforme.

Dans son message, Dragoș Pîslaru affirme avoir amélioré le projet et assure qu’aucune baisse de salaire n’est prévue.

Concernant la santé, il indique avoir clarifié les modalités liées aux primes ainsi que les critères de différenciation des coefficients selon les établissements et les spécialités médicales.

Il souligne également que les salaires dans le secteur ont déjà augmenté de plus de 75 % ces dernières années, estimant qu’un rejet du projet serait difficilement justifiable.

Dans l’éducation, le texte prévoit une revalorisation significative des heures supplémentaires ainsi qu’une amélioration des indemnités pour les enseignants responsables de classe.

Une réforme attendue depuis trois ans

Initialement, la réforme salariale devait être finalisée en juin 2023. Depuis l’adoption du PNRR, quatre ministres du Travail se sont succédé sur ce dossier : Raluca Turcan (PNL), Marius Budăi (PSD), Simona Bucura-Oprescu (PSD) et Florin Manole (PSD).

Après la démission de ce dernier, Dragoș Pîslaru a repris le portefeuille par intérim et se retrouve chargé de mener à bien cette réforme clé.

Fin 2023, le gouvernement Ciolacu I a renégocié le PNRR avec la Commission européenne, repoussant l’échéance de la réforme à 2025 et la transférant dans la quatrième demande de paiement.

Cette décision était intervenue à l’approche de l’année électorale 2024, alors que sociaux-démocrates et libéraux gouvernaient encore ensemble et avaient choisi de privilégier la réforme des retraites, elle aussi inscrite dans le PNRR.

Depuis, la réforme salariale est restée bloquée pendant plus d’un an et demi. En avril 2025, le ministre des Fonds européens de l’époque, Marcel Boloș, avait annoncé un nouveau report.

Il expliquait alors que le gouvernement envisageait de repousser la loi salariale à la dernière tranche de financement du PNRR, tout en maintenant les autres jalons du quatrième paiement.

Dans ce contexte, les discussions en cours à Cotroceni apparaissent comme une tentative décisive pour parvenir à un compromis politique, alors que la Roumanie risque de perdre 770 millions d’euros liés à cette réforme longtemps différée.

lepetitjournal.com bucarest
Publié le 11 août 2026, mis à jour le 11 août 2026
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