Face à la crise énergétique provoquée par la sécheresse exceptionnelle et le niveau historiquement bas du Danube, le gouvernement roumain a adopté un plan national de gestion des risques destiné à préserver la stabilité du réseau électrique.


Ce dispositif prévoit, en dernier recours, la possibilité pour Transelectrica de limiter temporairement l'alimentation des grands consommateurs industriels afin d'éviter une défaillance du système. Les ménages, les hôpitaux et les infrastructures critiques ne seront toutefois pas concernés par ces mesures.
À l'issue de la réunion du gouvernement, le Premier ministre Ilie Bolojan a expliqué que ce plan fixe les procédures applicables en cas de crise majeure, qu'il s'agisse d'une sécheresse, d'une pandémie, d'un conflit ou d'une catastrophe naturelle. Un Centre national opérationnel de l'énergie sera également créé afin de coordonner les principaux producteurs et fournisseurs d'électricité et d'autoriser, si nécessaire, la mise en œuvre de mesures exceptionnelles.
Un second acte réglementaire, attendu prochainement, permettra à Transelectrica d'imposer des restrictions temporaires de consommation aux grands sites industriels raccordés au réseau national, avec un préavis d'au moins 24 heures. Le chef du gouvernement a toutefois insisté sur le fait qu'aucune coupure n'était envisagée à court terme et que les prévisions des prochains jours ne justifiaient pas, pour l'instant, le recours à ces dispositions.
Pour sécuriser l'approvisionnement durant les heures de forte consommation, l'exécutif a demandé la mobilisation de toutes les capacités de production disponibles, l'accélération des opérations de maintenance sur certaines centrales et le recours, si nécessaire, aux importations d'électricité depuis les pays voisins. Les exportations ne seront autorisées que lorsque la production nationale dépassera la consommation.
Cette mobilisation intervient alors que la baisse exceptionnelle du débit du Danube réduit la production hydroélectrique et menace le fonctionnement de la centrale nucléaire de Cernavodă. Les autorités poursuivent les travaux d'aménagement sur le fleuve afin de maintenir un niveau d'eau suffisant pour le refroidissement du réacteur n°2, désormais essentiel à l'équilibre du système électrique national.
Malgré ces difficultés, les autorités rappellent que la consommation d'électricité reste inférieure aux records observés ces dernières années. Elles privilégient donc, à ce stade, les économies volontaires d'énergie entre 19 h et 23 h plutôt que des restrictions obligatoires, tout en invitant les particuliers, les entreprises et les grands industriels à reporter leurs usages les plus énergivores en journée, lorsque la production photovoltaïque est la plus élevée.







