

Lepetitjournal.com : Comment se présentent les vendanges cette année ?
Guy Tyrel de Poix : Très bien. Il a fait chaud en juillet et août, et depuis septembre il fait frais la nuit et assez chaud dans la journée. Cela donne un bel équilibre aux raisins.
Mais ce sont souvent les quatre derniers jours qui font basculer les vendanges vers un grand millésime ou un très grand millésime. De toute façon, la cave est bien équipée, nous avons un outil de travail très performant.
LPJ : Comment votre aventure en Roumanie a-t-elle commencé?
Guy Tyrel de Poix : En 1986 j'ai laissétomber mon cabinet dentaire et je me suis occupédu vignoble que mon père avait achetéen Corse. Vu les faibles possibilités de développement, j'ai penséàinvestir àl'étranger. Je me suis alors orientévers l'Europe de l'Est, c'était en novembre 1992. J'ai étudiél'encyclopédie mondiale des vins et je suis tombésur la Roumanie, qui m'a sembléêtre la meilleure option. Après avoir visitéles domaines de Jidvei et de Mufatlar, entre autres, je me suis rendu compte qu'il fallait faire quelque chose. La proximitéculturelle et les terroirs m'ont convaincu.
LPJ : Les débuts ont-ils étédifficiles ?
Guy Tyrel de Poix : Le seul problème était d'ordre juridique, en particulier sur la propriétédes terrains. Nous avons commencétout petit, dans un garage, àBucarest. Notre idée était d'acheter des vins et de les exporter. Mais on s'est vite rendu compte que les embouteillages étaient inégaux, le mieux était de tout faire nous-mêmes. Ça n'a pas étéfacile. En 1998, pour louer 20 hectares, il nous a fallu 123 contrats de location?Puis nous avons commencéàacheter des vignobles, parfois dans un état lamentable.
C'est la concurrence qui nous a sauvéfinalement car jusqu'en 2000 il n'y avait que des entreprises d'Etat qui vendaient leur bouteille à1,20 dollar maximum. Aujourd'hui nous misons d'abord sur la qualité, nous fournissons surtout les restaurants et nous exportons un peu partout dans le monde. Nous avons deux unités de production, une dans la région de Dobrogea et une autre dans le Dealu mare. A terme nous comptons développer une troisième zone de production du côtéde Arad.
LPJ : Vous avez véritablement misésur ce pays?
Guy Tyrel de Poix : J'ai senti que la Roumanie était une grande terre viticole. Aujourd'hui, il reste beaucoup de choses àfaire, mais je continue àpenser que les vins de ce pays ont un très bel avenir devant eux.
Propos recueillis par Laurent Couderc ? (www.lepetitjournal.com) 15 septembre 2006
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