La Commission européenne a approuvé le plan d’action présenté par la Roumanie pour lever progressivement les restrictions sur les exportations de moutons et de chèvres vivants. Cette décision constitue une première étape vers la reprise des échanges d’animaux vivants, suspendus en raison de la situation sanitaire dans le pays.


Le plan roumain a été approuvé par les 27 États membres représentés au sein du comité européen compétent, a annoncé l’Autorité nationale sanitaire, vétérinaire et de sécurité alimentaire (ANSVSA).
Cette validation permet notamment de réévaluer la situation épidémiologique de la Roumanie à l’échelle nationale. Elle ne concerne toutefois pas les exportations de carcasses de moutons et de chèvres, ni celles de lait et de produits laitiers, qui peuvent continuer.
La Commission européenne doit désormais adopter une nouvelle décision officielle définissant un statut vaccinal spécifique pour les départements considérés à haut risque et reconnaissant le reste du territoire roumain comme indemne de la maladie concernée.
Une fois ce nouveau statut établi, les pays tiers souhaitant importer des animaux roumains devront à leur tour valider les nouvelles conditions sanitaires et vétérinaires et activer les accords commerciaux correspondants.
1,3 million de doses de vaccin fournies par l’UE
La Roumanie lancera ensuite une campagne nationale de vaccination, avec le soutien direct de la Commission européenne. L’UE a mis gratuitement à disposition du pays 1,3 million de doses de vaccin.
Selon l’ANSVSA, le dispositif vise notamment à préserver les exportations existantes de carcasses et de produits laitiers. La vaccination complète contre la peste des petits ruminants (PPR) et la variole ovine et caprine sera appliquée dans les deux départements considérés comme les plus exposés, Constanța et Tulcea.
Dans le reste du pays, la vaccination portera uniquement sur la variole ovine et caprine. Cette stratégie doit permettre à la majeure partie du territoire roumain de conserver son statut officiel indemne de PPR et ainsi de préserver les échanges commerciaux avec les zones qui ne sont pas touchées.
Les 1,3 million de doses fournies par l’Union européenne seront administrées gratuitement aux éleveurs. Les mécanismes d’indemnisation existants pour les exploitations directement touchées par les foyers de maladie seront également maintenus.
Six marchés déjà accessibles
La Roumanie dispose déjà de six marchés d’exportation hors UE susceptibles d’accepter des animaux provenant de zones où la vaccination est pratiquée. Des accords ont été conclus avec l’Arabie saoudite, la Jordanie, le Maroc, la Tunisie, Israël et la Libye.
Sept autres accords seraient à un stade avancé de négociation.
Dans les départements de Constanța et Tulcea, les animaux seront soumis à un schéma vaccinal complet contre la PPR et la variole ovine et caprine. Les exportations depuis ces territoires ne seront autorisées que vers les pays acceptant les animaux provenant de zones vaccinées.
Dans le reste de la Roumanie, seule la vaccination contre la variole ovine et caprine est prévue.
En attendant la publication de la nouvelle décision européenne et le lancement officiel de la campagne de vaccination, les autorités vétérinaires locales, en coordination avec le ministère de l’Intérieur, vont renforcer les contrôles sur les routes et dans les exploitations.
L’ANSVSA met également en garde contre les déplacements illégaux d’animaux et les transactions non autorisées, qui pourraient compromettre les efforts sanitaires et diplomatiques et retarder l’adoption de la nouvelle décision européenne.
Près de 19 000 moutons abattus depuis le début de l’année
Les restrictions à l’exportation interviennent alors que plusieurs foyers de peste des petits ruminants et de variole ovine et caprine ont été recensés en Roumanie.
Près de 19 000 moutons ont été abattus depuis le début de l’année dans le cadre des mesures roumaines et européennes destinées à contenir la propagation de ces maladies. Selon l’ANSVSA, ce chiffre représente environ 0,13 % du cheptel ovin national.
L’approbation du plan roumain par la Commission européenne constitue donc une étape importante, mais elle ne signifie pas encore une reprise immédiate des exportations d’animaux vivants. Celle-ci dépendra de l’adoption de la nouvelle décision européenne, de la mise en œuvre de la campagne de vaccination et de l’acceptation des nouvelles conditions sanitaires par les partenaires commerciaux de la Roumanie.
Jusqu’à 50 000 euros d’aide par exploitation
Le ministère de l’Agriculture a par ailleurs annoncé une aide pouvant atteindre 50 000 euros par exploitation pour financer des investissements destinés à prévenir les maladies épizootiques dans les élevages ovins et caprins.
Cette aide est accessible dans le cadre de l’intervention DR-21, consacrée aux investissements visant à prévenir la propagation des maladies épizootiques dans les élevages. Elle concerne les exploitations enregistrées auprès de l’ANSVSA et comptant au moins 150 animaux.
Le taux de soutien public non remboursable pourra atteindre 90 % du montant total éligible. Le budget prévu pour la prochaine session s’élève à 9 millions d’euros.
Les investissements pourront notamment porter sur des équipements de nettoyage et de désinfection, des filtres sanitaires vétérinaires, des clôtures de protection, des installations d’isolement et de quarantaine ainsi que des systèmes de contrôle des accès aux exploitations.
Le ministère de l’Agriculture présente cette aide comme l’une des premières mesures concrètes mises en place à la suite des discussions engagées avec les organisations d’éleveurs pour renforcer la biosécurité des exploitations.







