Édition internationale

ENTRETIEN - David Bongard : "La francophonie va au-delà des structures institutionnelles"

Écrit par Lepetitjournal Bucarest
Publié le 1 janvier 1970, mis à jour le 19 mars 2009
Arrivé en décembre 2008, David Bongard, originaire de Suisse, est le nouveau coordonnateur des programmes de l'Organisation internationale de la francophonie (OIF) à l'antenne régionale de Bucarest. En cette journée de la francophonie, il répond aux questions du Petitjournal{mxc}

Lepetitjournal.com - Quels sont les principaux objectifs de votre mission à Bucarest ?
David Bongard - L'OIF est dans une logique de programmations quadriennales et la prochaine programmation couvrira la période 2010-2013. Actuellement, hormis son antenne à Bucarest, l'OIF dispose d'une autre structure pérenne, le Centre régional francophone pour l'enseignement du français en Europe centrale et orientale, ou Crepeco, basé à Sofia. Nous sommes également en train de développer un nouveau projet pilote à Chisinau, une "Maison francophone du savoir", qui devrait être opérationnelle dans l'année. En matière de grands programmes, nous comptons notamment renforcer les capacités en français des fonctionnaires nationaux par des formations. C'est un programme doté d'une enveloppe de plusieurs millions d'euros il s'agit de notre projet phare dans la région. Nous avons également un plan de volontariat francophone. Actuellement 10 volontaires sont présents dans la région, dont 4 en Roumanie. Et nous avons appuyé la mise en oeuvre de filières bilingues dans le tourisme et l'hôtellerie depuis l'année dernière.

LPJ - Qu'allez-vous défendre à Paris pour cette prochaine programmation quadriennale ?
D. B. - L'un de mes rôles est de faire en sorte que cette région du monde ne soit pas oubliée dans la programmation. Ce que nous souhaiterions, c'est que la Roumanie et la Bulgarie puissent jouer leur rôle au sein de l'organisation et travailler de concert avec l'OIF pour développer des axes de coopération avec les pays les plus "nécessiteux". Il s'agit de passer du statut de récipiendaire à celui de bailleur de fonds. A moyen terme, nous aimerions aussi changer le statut de l'antenne et que l'on devienne un bureau régional.

LPJ - Quel est votre parcours ?
D. B. - J'ai été formé à l'université de Lausanne en Suisse, en sciences politiques. J'ai poursuivi mes études à Londres, à la "London School of Economics". J'ai continué par un doctorat en sciences politiques à la Sorbonne, mais je ne l'ai pas terminé. J'ai ensuite travaillé au ministère des Affaires étrangères suisse dans l'aide au développement et plus particulièrement dans l'aide humanitaire. J'ai également été consultant et conseiller auprès de la Chambre des députés de Bolivie avant d'être journaliste en Suisse. Et enfin je suis entré dans l'OIF. Ça s'est fait par un concours de circonstances. C'est un ami français qui m'avait indiqué que la délégation des Droits de l'homme cherchait une quinzaine de personnes et j'ai postulé. De février 2004 à décembre 2008, j'ai fait partie de cette délégation. Je m'occupais du dossier "pluralisme des médias et liberté de la presse". J'ai postulé ensuite pour l'antenne régionale de Bucarest.

LPJ - Quelle est votre vision de la francophonie ?
D. B. - La francophonie va au-delà des structures institutionnelles. Selon moi, elle intègre l'ensemble des locuteurs francophones ou francophiles. J'utilise souvent l'image de l'acuponcteur. Il y a la masse sociétale francophone, constituée de 56 Etats et gouvernements membres et de 14 observateurs, et nous essayons d'agir là où l'on peut espérer un véritable effet de levier. C'est là qu'on plante notre petite aiguille francophone. L'OIF a cet avantage d'être une petite entité, très flexible. Souvent on me demande pourquoi je défends une langue qui, me dit-on, est en "perdition". Je réponds que dans certains pays le français a certainement tendance à régresser, mais dans d'autres, c'est l'inverse. Par ailleurs, les Droits de l'homme sont malmenés dans un certain nombre de pays, ce n'est pas pour autant qu'on arrête de les défendre. En Roumanie, nous sommes là pour accompagner la francophonie, qui n'est pas repliée sur elle-même. Chaque pays développe sa francophonie, c'est à lui d'impulser sa dynamique propre.
Propos recueillis par Jonas Mercier. Photo : J.M. (www.lepetitjournal.com ? Bucarest) vendredi 20 mars 2009{mxc}
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Publié le 20 mars 2009, mis à jour le 19 mars 2009
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