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DIICOT : Călin Georgescu placé en garde à vue dans une affaire de fraude

L’ancien candidat à l’élection présidentielle Călin Georgescu a été placé lundi soir en garde à vue pour 24 heures par la DIICOT, dans le cadre d’une enquête pour fraude aggravée, selon Antena 3 et Digi24.

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capture écran Youtube Digi 24
Écrit par Lepetitjournal Bucarest
Publié le 21 septembre 2026, mis à jour le 22 septembre 2026

 

 

Plus tôt dans la journée, la police roumaine et la Direction d’investigation du crime organisé et du terrorisme (DIICOT) s’étaient rendues à son domicile de Mogoșoaia, dans le județ d’Ilfov, où une perquisition avait été menée.

Georgescu fait l’objet d’une enquête pour fraude aggravée commise de manière continue, ainsi que pour des faits présumés de constitution d’un groupe criminel organisé. La DIICOT a annoncé cinq perquisitions à Bucarest et dans les localités de Mogoșoaia, Ciolpani et Buftea. L’une d’elles a été menée au domicile de Georgescu. Les enquêteurs ont également perquisitionné les locaux de l’homme d’affaires Ionel Rusen, lui aussi visé par l’enquête.

100 000 euros auraient servi à financer la campagne

Selon les procureurs de la DIICOT, une partie des fonds qui auraient été utilisés pour financer la campagne électorale de Călin Georgescu proviendrait de la fraude présumée au cœur de l’enquête.

L’affaire porte sur un transfert de 1,1 million d’euros effectué par un homme d’affaires vers un compte bancaire en Suisse détenu par une société enregistrée au Commonwealth de la Dominique. D’après les procureurs, un million d’euros devait être investi dans une activité liée aux métaux précieux, tandis que 100 000 euros étaient destinés au financement de la campagne électorale du « chef du groupe ».

L’homme d’affaires avait reçu, selon la DIICOT, un plan d’utilisation des fonds et la promesse d’obtenir un financement. Après avoir transféré plus d’un million d’euros, il aurait été invité à verser 100 000 euros supplémentaires. Le financement promis n’aurait finalement jamais été obtenu et les sommes versées à titre de garantie n’auraient pas été restituées.

Une plainte déposée en janvier 2024

L’homme d’affaires Răzvan Leu affirme être la victime de cette opération. Il indique avoir déposé une plainte pénale auprès de la DIICOT en janvier 2024, après avoir perdu plus d’un million d’euros dans le cadre d’une promesse de financement qui ne s’est jamais concrétisée.

Selon son récit, il avait versé 1,1 million d’euros en garantie pour obtenir un prêt de 6 millions d’euros destiné à financer des investissements. Le financement devait être accordé par une société financière qui lui avait été recommandée par Călin Georgescu et ses partenaires.

Après plusieurs tentatives pour récupérer son argent à l’amiable, Răzvan Leu affirme avoir saisi les autorités. Selon les sources citées dans l’article, les enquêteurs roumains ont également demandé des informations financières à des institutions en Italie, en Suisse et au Royaume-Uni.

Un groupe criminel présumé créé en 2021

Selon la DIICOT, l’enquête porte sur un groupe qui aurait été constitué en septembre 2021 par trois personnes, deux ressortissants roumains âgés de 64 et 47 ans et un ressortissant italien de 56 ans.

Les procureurs affirment que le groupe opérait principalement en Roumanie et au Royaume-Uni et cherchait à obtenir des avantages financiers illégaux.

Le membre roumain âgé de 64 ans, présenté par les enquêteurs comme le chef du groupe, aurait attribué des rôles précis aux deux autres membres et les aurait présentés comme des hommes d’affaires et dirigeants de sociétés étrangères disposant d’importantes ressources financières.

Le mécanisme présumé consistait à convaincre des entrepreneurs roumains qu’ils pouvaient obtenir des financements auprès de banques étrangères à condition de verser au préalable d’importantes garanties.

Dans le cas de Răzvan Leu, les enquêteurs affirment qu’un prêt de 6 millions d’euros lui aurait été proposé en échange du versement d’une garantie. Il aurait transféré plus d’un million d’euros avant qu’une nouvelle proposition ne lui soit faite, portant le financement potentiel à 15 millions d’euros contre une garantie supplémentaire de 100 000 euros.

Selon la DIICOT, le préjudice total dépasserait ainsi 1,1 million d’euros.

Le rôle d’une société suisse au cœur des accusations

L’enquête fait également apparaître le nom de Mercando Green Technology AG, une société suisse que Răzvan Leu affirme avoir découverte sur recommandation de Călin Georgescu et de l’ancien responsable du ministère de l’Intérieur Ion Negoescu.

Selon une enquête publiée en 2025 par le média d’investigation Captura, cette société aurait été utilisée dans le cadre du montage financier dénoncé par Leu. Le journaliste Mihai Munteanu affirme notamment que le lien entre Georgescu et un réseau russe présumé passerait par cette entreprise.

Ces éléments relèvent toutefois des investigations et des accusations rapportées par les sources citées. Călin Georgescu a été sollicité pour répondre aux informations concernant ses liens avec Mercando et son fondateur Mihail Cebotari, mais n’a pas répondu.

Răzvan Leu affirme avoir versé 1,1 million d’euros en 2021 dans l’espoir d’obtenir le prêt promis. En 2023, Georgescu lui aurait ensuite présenté un nouvel accord de prêt avec Mercando Green Technology AG, censé permettre de récupérer les sommes perdues. Selon Leu, les fonds n’ont jamais été versés.

Il affirme également avoir reçu de la part de Georgescu trois ordres de paiement qui n’étaient pas provisionnés.

Georgescu déjà poursuivi dans une autre affaire

Cette nouvelle enquête intervient alors que Călin Georgescu est déjà poursuivi dans une autre procédure concernant des actions présumées contre l’ordre constitutionnel roumain.

Dans cette affaire distincte, il a été inculpé aux côtés de l’ancien mercenaire Horațiu Potra et d’autres personnes. Une audience devant la Cour d’appel de Bucarest a été reportée au 28 septembre.

Dans le dossier de fraude actuellement instruit par la DIICOT, les accusations restent à ce stade au stade de l’enquête pénale. Les personnes mises en cause bénéficient de la présomption d’innocence jusqu’à une décision judiciaire définitive.

Un brouilleur retrouvé dans sa voiture

Les perquisitions ont également permis aux enquêteurs de découvrir, selon des sources judiciaires citées par Agerpres, un dispositif de brouillage dans la voiture de Călin Georgescu. Celui-ci aurait notamment permis d’empêcher l’enregistrement de conversations.

Après environ sept heures de perquisition à son domicile de Mogoșoaia, des policiers cagoulés ont été vus quittant la propriété avec plusieurs sacs contenant des documents.

Les enquêteurs auraient également découvert un document présenté comme une pièce d’identité de l’« Ordre de Malte », désignant Georgescu comme « sénateur » de cet ordre. Selon Digi24, le document serait faux.

L’ambassade de l’Ordre souverain militaire de Malte en Roumanie a confirmé que Călin Georgescu n’en était pas membre et qu’aucun document de ce type ne lui avait été délivré. Elle a également rappelé l’existence en Roumanie de plusieurs « faux ordres » ayant utilisé abusivement les symboles de l’organisation.

lepetitjournal.com bucarest
Publié le 22 septembre 2026, mis à jour le 22 septembre 2026
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