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Dancila invoque la «présomption de culpabilité» dans le cas Kovesi

Par Grégory Rateau | Publié le 25/09/2019 à 00:00 | Mis à jour le 25/09/2019 à 00:00
Photo : Inquam Photos / Ilona Andrei
viorica dancila s'explique sur pourquoi elle ne soutient pas Kovesi roumanie politique
Le Premier ministre roumain, Viorica Dancila, a tenté d’expliquer une nouvelle fois, vendredi 20 septembre, pourquoi elle n’appuyait pas la candidature de la candidate roumaine Laura Codruta Kovesi au poste de procureur en chef européen, invoquant la «présomption de culpabilité» dans le cas présent.
 
 


Jeudi, le comité des représentants permanents du Conseil de l’UE (COREPER) a élu Kovesi, ancien chef de la direction de lutte contre la corruption en Roumanie (DNA), candidate du Conseil de l’UE au poste de procureur européen. La veille, mercredi, le Premier ministre Dancila avait annoncé qu'elle donnerait l'ordre à l'ambassadrice de la Roumanie auprès de l'UE, Luminita Odobescu, de voter contre Kovesi. Cependant, après le vote, Dancila a admis qu’elle ne savait pas comment l’ambassadeur de Roumanie avait voté dans ce dossier, car elle ne lui avait pas transmis ses instructions. Des sources officielles ont déclaré que les ambassadeurs de Roumanie avaient voté pour la nomination de Kovesi et que le président Klaus Iohannis avait eu un entretien avec elle et lui avait dit qu’en tant que chef de l’Etat, il soutenait la candidature de Kovesi, selon Mediafax.


"Comme vous le savez, je n'ai pas soutenu Laura Codruta Kovesi et je vais répéter ce que j'ai déjà dit: j'ai estimé que la loi devait être la même pour nous tous", a déclaré Dancila dans un discours prononcé à Resita, selon Hotnews.ro. Elle a ajouté qu'elle ne connaissait pas personnellement Kovesi, qu'elle la respectait et qu'elle n'avait rien de personnel contre elle. Elle a poursuivi en disant que Kovesi devait d'abord s'expliquer concernant les charges retenues contre elle et ainsi clarifier sa situation en Roumanie avant de prendre ses fonctions à de très hautes responsabilités. Sinon, l’image de la Roumanie devra souffrir si l’une des accusations portées contre Kovesi se révèle bien réelle.


Le Premier ministre faisait allusion aux accusations d'abus de pouvoir portées à l'encontre de Laura Codruta Kovesi dans une affaire liée à l'extradition de l'homme d'affaires en fuite Nicolae Popa actuellement réfugié en Indonésie. L'affaire a débuté après une dénonciation contre Kovesi par un autre homme d'affaires en fuite, Sebastian Ghita, qui avait fui le pays alors qu'il menait une enquête sur la DNA. La section spéciale pour les magistrats d’instruction est en train de mener l’enquête contre Kovesi.


«Il y a la présomption de culpabilité, et je ne veux pas paraître comme une personne portant des accusations graves à l'encontre de Mme Kovesi de quelque manière que ce soit. Je pense que la justice doit être indépendante, mais si l’une des accusations s’avère réelle, il est clair que l’image de la Roumanie va en pâtir», a déclaré Dancila.


Le Parti social-démocrate (PSD), le parti au pouvoir en Roumanie, dirigé à présent par Viorica Dancila, est en guerre contre Laura Codruta Kovesi depuis son arrivée au pouvoir, à la fin de 2016. Kovesi a été démise de ses fonctions en tant chef de la DNA en juillet 2018, à la demande de l'ancien ministre de la Justice, Tudorel Toader. Le gouvernement dirigé par le PSD a sapé la candidature de Kovesi au poste de procureur général et a exercé des pressions à son encontre pendant la présidence roumaine du Conseil de l’UE, au premier semestre de cette année. Par conséquent, le Conseil de l'UE a initialement voté en faveur du procureur français Jean-François Bohnert. Pendant ce temps, le Parlement européen a voté en faveur de Kovesi. Le Conseil de l’UE et le Parlement européen n’ont pas réussi à trouver un compromis sur le choix des personnes à nommer à la tête du Parquet européen au printemps et ont reporté la question au lendemain des élections européennes.


Les deux parties ont repris les négociations début septembre et le Parlement européen ayant fermement maintenu sa position, la présidence finlandaise du Conseil de l'UE a décidé de tenir un nouveau vote et de tester le soutien à Kovesi. Jeudi, 17 des 22 ambassadeurs qui ont voté se sont prononcés en faveur de la nomination de Kovesi.
 
 
 
 
 
 
 
 
 
grégory rateau

Grégory Rateau

Rédacteur en chef et directeur du média LePetitJournal.com/Bucarest, ancien chroniqueur à RRI, poète et écrivain
2 Commentaire (s) Réagir
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Nonoscu mer 25/09/2019 - 10:24

Il est quand même surprenant que la première ministre ne soutienne pas Mme Koveci sur la base de témoignages de deux personnes soupçonnées corrompues qui, pour prouver qu'ils ont la conscience tranquille, on fuit le pays et sa justice. De plus, l'ancien président de son parti politique a tout fait pour écarter Mme Koveci et il se trouve maintenant derrière les barreaux. Dans ce cas, qui salit l'image de la Roumanie?

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alain jeu 26/09/2019 - 10:40

Après un voyage de 15 jours en Roumanie le constat est terrible : les néo staliniens au pouvoir qui protègent les "fuyards" qui craignent la justice de leur pays ne servent pas la démocratie, mais il est rassurant que l'Europe ait nommé une Roumaine Procureure générale de l'UE.

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