

Un mardi soir, dans une vieille usine de Bucarest, une dizaine de couples s'évertue à apprendre le pas du jour, la "saccade". Sur le parquet, les pieds glissent en rythme, au son d'un tango enivrant et des instructions de Lucia Mirzan, leur professeur. Cette jolie brune, qui organise une session spéciale de cours pour débutants avec un professeur argentin, évoque sa passion et l'engouement croissant pour la plus sensuelle des danses de salon
Photo : D.R.
Lepetitjournal.com - Comment est née la "Fabrica de tango" ?
Lucia Mirzan - Il y a cinq ans, je me suis prise de passion pour cette danse, j'avais alors 30 ans, je travaillais dans une grande compagnie, j'ai tout quitté pour partir apprendre le tango en Argentine, avec un professeur. Ce qui m'a séduit ? La musique autant que la danse. Je suis rentrée, et il y a un an et demi j'ai ouvert ma propre école pour partager ma passion. Nous proposons des cours, quatre soirs par semaine, pour les débutants et les danseurs plus confirmés.
A partir du 16 mai, vous organisez une session dédiée aux débutants, avec un professeur venu de Buenos Aires?
Oui, Cesar Agazzi, professeur et danseur argentin, depuis 15 ans, va proposer des cours pour les débutants pendant cinq semaines, du 16 mai au 20 juin, les lundi, mardi, mercredi et vendredi, à 19h. Et chaque dimanche, nous organiserons une grande fête. C'est la première fois que nous faisons venir un professeur argentin aussi longtemps et c'est une véritable opportunité pour ceux qui veulent se mettre au tango. Car il ne va pas seulement enseigner les pas, il apporte avec lui toute la culture de la danse, les attitudes, l'esprit du tango.
Justement, comment définiriez-vous le tango ? Et quelles sont les qualités pour devenir un bon danseur ?
Le tango a la réputation d'être une danse sensuelle, car les deux partenaires sont plus proches que dans beaucoup d'autres danses de salon. Surtout, le tango est une danse très improvisée, ça ne s'apprend pas véritablement et contrairement aux idées reçues, ce n'est pas compliqué. Il y a quatre éléments de base (pas latéral, devant, derrière, pivot) à partir desquels le couple va improviser et créer des combinaisons. C'est l'homme qui créé le mouvement, la dynamique, et la femme doit être ferme et le suivre. Pour être un bon danseur, je crois qu'il faut simplement aimer la musique, être patient et ne pas avoir peur de se tromper, c'est comme cela qu'on apprend. En trois mois, on peut déjà acquérir de bonnes bases.
Ces dernières années, il semble y avoir un engouement croissant pour le tango à Bucarest. Comment expliquez-vous ce phénomène ?
Il y a cinq écoles de tango aujourd'hui à Bucarest, c'est devenu une danse sociale, il est désormais possible de danser le tango chaque soir, dans un bar ou une salle en ville, ce qui n'est pas le cas pour la valse par exemple. Je pense aussi que le tango a un petit côté "snob", chic, qui évoque Al Pacino, Parfum de Femme? Mais je crois aussi que cette tendance s'explique par le besoin croissant qu'ont les gens de se reconnecter avec les autres, de retisser de vraies relations "physiques". Les personnes qui viennent à nos cours sont en général des gens de plus de 25 ans qui ont fait des études, ont un bon emploi, sont curieux et veulent s'ouvrir à d'autres cultures. Parmi eux, certains sont presque devenus dépendants, comme ce monsieur, amené "de force" par sa femme et qui maintenant vient tous les soirs !
Propos recueillis par Marion Guyonvarch (www.lepetitjournal.com/Bucarest) lundi 9 mai 2011
Fabrica de Tango
Strada Vulturilor nr. 31, près d'Hala Traian
http://www.fabricadetango.ro
Du 16 mai au 20 juin, cours avec Cesar Agazzi.
Tarif : 30 lei le cours d'une heure, réduction de 15% pour les abonnements de 10 leçons.







