Édition internationale

Cristian Mungiu remporte une seconde Palme d’Or à Cannes avec son film Fjord

Le réalisateur roumain Cristian Mungiu a marqué l’histoire du cinéma européen en remportant, samedi soir, la Palme d’Or au Festival de Cannes pour son film Fjord. Il s’agit de la deuxième fois que le cinéaste décroche la plus haute distinction de la Croisette, un exploit particulièrement rare.

705503595_1382609943895514_1211085884313477176_n705503595_1382609943895514_1211085884313477176_n
Écrit par Lepetitjournal Bucarest
Publié le 24 mai 2026, mis à jour le 25 mai 2026

Avec cette nouvelle récompense, Mungiu rejoint le cercle très restreint des réalisateurs ayant obtenu deux Palmes d’Or, aux côtés de figures majeures comme Francis Ford Coppola, Emir Kusturica et Michael Haneke.

Dans Fjord, le cinéaste situe son intrigue en Norvège. Le film suit un couple évangélique roumano-norvégien, interprété par Sebastian Stan et Renate Reinsve, installé avec ses cinq enfants dans une société qui valorise la tolérance. Leur intégration apparente vole en éclats lorsque des soupçons de violences envers les enfants émergent. Les autorités remettent alors en cause leur mode d’éducation strict et leurs convictions religieuses, déclenchant une procédure de protection de l’enfance qui menace l’unité familiale.

À travers ce récit, Mungiu explore les fractures contemporaines, l’incapacité au dialogue et les tensions entre visions du monde opposées. Le film interroge ce qui divise les sociétés autant que ce qui peut encore les rassembler.

Ce nouveau sacre intervient près de vingt ans après la première Palme d’Or du réalisateur, obtenue en 2007 avec 4 mois, 3 semaines et 2 jours, seul long métrage roumain à avoir remporté cette distinction jusqu’à présent. Dès ses premières projections, Fjord s’est imposé comme l’un des favoris de cette édition, remportant en amont plusieurs prix décernés par des organisations partenaires, dont le Prix François Chalais, le Prix de la Citoyenneté, le Prix du Jury œcuménique et le Prix FIPRESCI.

Lors de la cérémonie, Mungiu a exprimé son émotion et livré un discours engagé, évoquant un monde marqué par la polarisation et la fragmentation. Il a appelé à davantage de dialogue et d’empathie, estimant que le cinéma peut contribuer à aborder les enjeux essentiels de notre époque.

La cérémonie de clôture de cette 79e édition s’est tenue au Palais des Festivals et des Congrès, sous la présidence du réalisateur sud coréen Park Chan-wook, avec un jury composé notamment de Geena Davis, Xavier Dolan, Gael García Bernal, Nadine Labaki et Zoe Saldaña.

Concernant la création du personnage principal, Mungiu a révélé avoir travaillé étroitement avec Sebastian Stan, qu’il connaissait depuis une dizaine d’années. Pour incarner Mihai Gheorghiu, père autoritaire et complexe, l’acteur a accepté une transformation physique notable, allant jusqu’à se raser la tête afin de renforcer l’authenticité et l’humilité du personnage.

Tourné en 36 jours dans le village d’Øye, dans l’ouest de la Norvège, Fjord raconte l’histoire d’une famille de migrants roumains confrontée à une bataille juridique après que les autorités placent leurs enfants sous protection. À travers ce drame, Mungiu propose une réflexion profonde sur les valeurs, la justice et les limites de l’intervention de l’État dans la sphère familiale.

lepetitjournal.com bucarest
Publié le 25 mai 2026, mis à jour le 25 mai 2026
Commentaires

Votre email ne sera jamais publié sur le site.

Flash infos